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ASTORIA. 531 phe et de fête; les bannières, les trophées, les scalps et les boucliers peints étaient élevés sur des perches, auprès des loges ; tous les habitants s’étaient parés de leurs habits de gala; ils dansaient la danse du scalp, au son d’une musique sauvage ; ils répétaient des chansons guerrières ; tandis que les vieux hérauts allaient de loge en loge, proclamant à voix haute les événements du combat et les exploits des différents guerriers.
Telles étaient les bruyantes réjouissances du village. Mais des sons d’une autre espèce retentissaient sur les coteaux voisins. C’étaient les Jlamentables gémissements des femmes qui s’y étaient retirées pour pleurer, dans le silence et dans l’obscurité, les guerriers tombés au champ d'honneur. Parmi elles se trouvait la pauvre mère du jeune Indien qui n’était revenu triomphant dans sa loge que pour y mourir. Elle donnait alors un libre cours aux angoisses de son cœur. Cette coutume des femmes indiennes, de se retirer pendant la nuit sur le sommet des collines, et d’y répandre leurs lamentations pour les morts, ne rappelle-telle pasà l'esprit ce touchant passage de l'Écriture : « Dans Rama s’est fait entendre une voix, et des « lamentatious et des pleurs ; c'était Rachel pleu- «rant sur ses enfants : elle ne voulait pas de « consolation, car ils n'étaient plus. »