CHAPITRE XXIV
Nouvelle répartition des chevaux. — Révélation d’un complot. Caractère perfide de Rose, l'interprète. -— Ses menées. — Anecdotes concernant les Indiens Corneilles. — Voleurs de chevaux. — Histoire de Rose.
Le 5 août nos voyageurs dirent adieu à la bande amie des Cheyennes et recommencèrent leur voyage. À yant remonté sa cavalerie de trentesix chevaux, M. Hunt fit de nouveaux arrangements. Le bagage fut réparti en plus petits paquets; un cheval fut alloué à chacun des six meilleurs chasseurs, et d’autres furent distribués parmi les Voyageurs, une monture pour deux, de sorte qu’ils pouvaient aller à cheval et à pied alternativement. M. Crooks se trouvant encore trop faible pour se tenir en selle, était porté en litière.
Nos aventuriers arrivèrent ce jour-là parmi de singuliers mamelons d’une terre durcie, ressemblant à de la brique. Autour de leurs bases étaient répandues des pierres ponces et des cendres. Le tout portait des traces évidentes de l’action du feu. Dans la soirée on campa sur le bord d’une branche de la Grosse-Rivière.
La caravane se trouvait alors hors de la région infestée par les Sioux , et s'était avancée à une si
ho flag un par Un levé che giel qu'i con guel deve pou Indi vau) rend E M. ] Igno parn plusi
\ complot.
nenées. — ‘oleurs de
eu à la ncérent e trenterange its paix meilués pareux, de pied alore trop à litière.
parmi de ressems étaient res. Le tion du d d’une
| région à une si
grande distance dans l’intérieur que M. Hunt ne craignait plus de désertions. Il devait éprouver cependant de nouvelles anxiétés, Comme il était assis dans sa tente, après la chute du jour, un des Engagés vint secrètement l’informer qu Edward Rose, l'interprète dont nousavons déjà mentionné l'air sinistre, s’efforçait de corrompre certains hommes et de les entrainer dans une trahison flagrante. On allait arriver sous peu de jours dans uu district montagneux, infesté par les Corneilles, parmi lesquels Rose devait servir d’interprète. Une fois dans leur voisinage il se proposait d’enlever , à l’aide de ses complices, une partie des chevaux chargés de marchandises , et de se réfugier parmi les Sauvages. Il assurait les hoinmes qu'il cherchait à tenter que les Corneilles, dont il connaissait les principaux chefs et les meilleurs guerriers, les traiteraient à merveille. Ils devaient devenir parmi eux de grands personnages; ils pourraient prendre pour femmes les plus belles Indiennes et les filles mêmes des chefs. Les chevaux, les marchandises qu’ils emmèneraient les rendraient riches pour la vie.
Eu apprenant la trahison méditée par Rose, M. Hunt ressentit beaucoup d'inquiétude, car il ignorait jusqu'à quel point elle pouvait réussir parmi ses hommes. Il avait déjà eu des preuves que plusieurs étaient mécontents de l'entreprise, et re-
doutaient de traverser les Montagnes. Il savait, d’ailleurs, ce que la vie sauvage avait de charmes pour beaucoup d’entre eux, principalement pour les Canadiens, toujours disposés à se marier et à s'établir chez les Indiens.
Les Corneilles devant figurer souvent danslereste de notrenarration, il sera sansdoute agréable aulectcur de trouver ici quelques détailssur leur compte.
Cette tribu, composée de quatre bandes, habite ordinairement les vallées fertiles et bien boisées qui se trouvent au pied des Montagnes Rocheuses, et qui sont arrosées par la Grosse-Rivière et par: ses affluents. Mais quoique ce soit là proprement le domicile de la tribu et le lieu de retraite des vieillards, des femmes et des enfants, les guerriers sont sans cesse occupés à marauder au dehors. Ce sont en effet d’infatigables voleurs de chevaux. Traversant et retraversant les Montagnes, ils pillent d’un côté et transportent leur butin de l’autre. C’est à cause de ces habitudes vagabondes et pillardes qu’ils ont reçu leur nom, car, comme des volées de corneilles, ils s’abattent sur tout ce qu'ils rencontrent. Les chevaux sont cependant l’objet spécial de leurs déprédations, et leur habileté, leur audace à les dérober, sont, à ce qu’on dit, étonnantes. C’est là leur gloire et leurs délices. Un bon voleur de chevaux est pour eux un héros accompli. [ls se procurent, d'ailleurs, beaucoup
LL savait, charmes ent pour arier et à
nslereste bleauleccompte.
es, habite n boisées ocheuses, ère et par oprement traite des guerriers lehors. Ce
chevaux.
es, ils pilin de l’autbondes et omme des r tout ce :ependant leur habi-
ce qu'on rs délices.
un héros beaucoup
de chevaux par des échanges avec les tribus qui habitent des deux côtés des Montagnes. Ils ont une véritable passion pour ce noble animal , qui est, en outre, pour eux un objet important de trafic. Une fois l’an ils font une visite aux Mandans , aux Minatarees , et aux autres tribus du Missouri, emmenant avec eux des troupeaux de chevaux qu’ils échangent contre des fusils, des munitions, des colifichets, du vermillon, des étoffes de brillantes couleurs , et contre divers autres articles de fabrique européenne. Avec ces objets ils satisfont leurs propres besoins, leurs caprices , et achètent d’autres chevaux.
Le complot de Rose pour piller et abandonner ses compatriotes au milieu du désert, et pour se
jeter entre les mains d’une horde de Sauvages,
peut sembler étrange et improbable à ceux qui ne sont point familiersavecles caractères singuliers et anormaux que l’on trouve sur les bords du désert. Rose , à ce qu'il paraît, était un de ces bandits des frontières, rejetés du sein de la société a cause de leurs crimes, et qui, combinant les vices de la vie civilisée avec ceux de la vie sauvage, sont dix fois plus barbares que les Indiens avec lesquels ils s'associent. Il avait autrefois appartenu à une des bandes de pirates qui infestaient les îles du Mississipi, et qui pillaient les bateaux marchands au passage. Quelquefois ces brigands,
transportaient sur le rivage la scène de leurs déprédations, arrétaient les voyageurs qui revenaient par terre de la Nouvelle-Orléans avec les produits de leur voyage, les dépouillaient de leurs eftets, de leur argent , et les assassinaient souvent de la manière la plus atroce.
Ces hordes de bandits ayant été détruites ou dispersées, Rose s'était réfugié dans le désert et s'était associé avec les Corneilles, dont les habitudes pillardes étaient en rapport avec les siennes. Il avait épousé une femme de leur tribu, et en peu de temps il s'était identifié avec ces Sauvages vagabonds.
Tel était le digne guide et interprète Edward Rose. Nous venons de raconter son histoire, non pas telle qu’elle était connue alors de M. Hunt et de ses compagnons , mais telle qu’on l’a apprise depuis. M. Hunt en savait assez, toutefois, sur le caractère sombre et perfide de cet individu, pour se tenir sur ses gardes. Comme on ignorait jusqu'à quel point il pouvait avoir réussi dans ses menées, et comme des mesures imprudentes auraient pu exciter, au lieu d’éteindre, le feu cachë de la trahison, M. Hunt et ceux qu’il consulta jugèrent convenable de dissimuler toute connaissance du complot, mais de surveiller avec vigilance les mouvements de Rose, et de faire garder soigneusement les chevaux durant la nuit.
rs déprévenaient produits rs eflets, ent de la
ruites ou désert et les habis siennes.
u, et en Sauvages
e Edward oire, non Hunt et a apprise pis, sur: le idu, pour it jusqu à s menées, aient pu
e la tra- Jjugérent sance du ance les soigneu-