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Carver et Whitworth. Ils remonterent le Missouri, traversèrent les défilés effrayants des Montagnes Rocheuses, inconnus jusqu'alors à la race blanche, découvrirent et explorérent les eaux supérieures de la Colombia, et suivirent cette rivière jusqu’à son embouchure, ou leur compatriote Gray avait mouillé douze années auparavant. Là ils passèrent l'hiver; puisils revinrent à travers les Montagnes au printemps suivant. Le récit qu'ils publièrent de leur expédition démontra la possibilité d'établir une ligne de communication à travers le Continent, depuis l’Atlantique jusqu’à l'Océan Pacifique.
C’est alors que M. Astor conçut la pensée de réaliser, avec ses ressources particulières, cette grande entreprise, inutilement désirée depuis des années par de puissantes associations et par deux Gouvernements.
‘ Pendant quelque temps il digéra cette idée dans son esprit, étendant graduellement ses plans à mesure que ses moyens d'exécution augmentaient. Son dessein était d'établir une ligne de comptoirs le long du Missouri et de la Colombia jusqu’à l'embouchure de cette dernière rivière , où serait fondé l’étanlissement principal. Des postes subordonnés devaient être jetés dans l’intérieur et sur tous les courants d’eau tributaires de la Colombia, pour trafiquer avec les Indiens.
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Ces postes devaient tirer leurs approvisionnements du grand établissement, et y porter les pelleteries qu’ils auraient recueillies. Des navires côtiers construits et équipés à l'embouchure de la Colombia devaient trafiquer, dans la saison favorable, le long de la côte Nord-ouest, et revenir avec leur récolte à cette place de dépôt. Ainsi tout le commerce indien, tant dans l’intérieur que sur la côte, devait converger en un seul point.
Un vaisseau devait partir annuellement de New-York, chargé de ravitailler l'établissement principal, et d’y porter des marchandises appropriées au commerce indien. Il devait embarquer les pelleteries recueillies pendant l’année précédente , les porter à Canton, acheter de leur produit les riches marchandises de la Chine, et revenir, ainsi frété, à New-York.
Comme le commerce américain en s'étendant le long de la côte vers le nord pouvait amener des rivalités avec la Compagnie russe, M. Astor comptait se concilier sa bonne volonté, en lui faisant les propositions les plus amicales et les plus avantageuses. L'établissement russe dépendait en grande partie, pour son ravitaillement, des vaisseaux marchands des États-Unis. Cependant ces vaisseaux lui étaient souvent plus nuisibles qu’utiles. Les particuliers à qui ils appar-