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le passage suivant d’une lettre qu'il lui adressa quelque temps après.
« Je me rappelle bien que je vous ai engagé ' à faire des propositions à ce sujet, et que je vous ai encouragé par l'assurance de toutes les facilités et de toute la protection que le Gouvernement pouvait convenablement accorder. Je regardais comme un grand avantage public qu’un établissement fût formé sur cette partie des côtes occidentales d'Amérique : je me plaisais à penser qu'un jour nos descendants, répandus sur tous ces rivages, les couvriraient d’Américains libres, indépendants , n'ayant d’autres liens avec nous que ceux du sang et de l'intérêt, et jouissant, ainsi que nous, du droit de se gouverner eux-mêmes. »
Le Cabinet joignit son approbation la plus vive à celle de M. Jefferson, et promit d'accorder à l'entreprise toute la protection qui pourrait s’allier avec la politique générale. M. Astor se prépara alors à exécuter promptement son projet. Il avait cependant à craindre quelque concurrence. La Compagnie du Nord-ouest, agissant
" La mémoire de M. Jefferson le trompait sur ce point. La proposition qu’il avait inspirée était celle dont nous avons déjà parlé, et qui était relative à l’établissement d’une Compagnie américaine pour les fourrures, dans les États de l'Atlantique, La grande entreprise qui devait embrasser les rivages de l'Océan Pacifique naquit dans l'esprit de M. Astor, et fut proposée par lui au (Gouvernement.
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faiblement et partiellement d'apres les suggestions de son ancien agent, sir Alex. Mackenzie, avait poussé deux ou trois postes avancés au delà des Montagnes Rocheuses, dans une portion de pays visitée par cet entreprenant voyageur, et nommée depuis nouvelle Calédonie. Cette région située environ deux degrés plus au nord que la Colombia, s'étend entre le territoire des États- Unis et celui de la Russie. Elle a environ 180 licues de longueur, et, depuis les Montagnes jusqu’à l'Océan, 100 à 150 lieues de largeur.
Si la Compagnie du Nord-ouest persistait à étendre son trafic dans cette contrée, la concurrence pouvait nuire sérieusement aux projets de M. Astor. Il est vrai qu’elle n'aurait pu lutter contre lui qu'avec beaucoup de désavantage, à cause des restrictions dont elle était embarrassée. Elle était resserrée par la rivalité de la Compagnie de la baie d'Hudson; elle n’avait pas d’établissement sur l’Océan Pacifique, où elle pût recevoir par mer les marchandises nécessaires; et quand même elle en aurait eu, elle n’aurait pas pu envoyer de là ses fourrures à la Chine, ce grand marché des pelleteries; car le commerce chinois était compris dans le monopole de la Compagnie des Indes orientales. Il fallait donc, pour ravitailler ses postes au delà des Montagnes, qu’elle envoyât, de Montréal, des expéditions annuelles
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