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semblables à des caravanes, et qu'elle fit rappor-ter les pelleteries de la mème manière; ce qui exigeait des voyages longs, incertains et dispendieux à travers le Continent. M. Astor, au contraire, pouvait ravitailler par mer son établissement projeté à l'embouchure de la Colombia, embarquer de là les pelleteries pour la Chine, et enfin les y vendre moins cher que la Compagnie du Nord-ouest.
Pourtant la concurrence de deux Compagnies rivales à l’ouest des Montagnes Rocheuses, ne pouvait manquer d’être nuisible à toutes les deux , et de produire pour les Indiens et pour les Blancs les mêmes inconvénients qui étaient nés de semblables rivalités dans le Canada. Pour tàcher de les prévenir, M. Astor fit connaître son plan aux agents de la Compagnie du Nord-ouest, et leur proposa de les intéresser pour un tiers dans son entreprise. Quelques négociations furent suivies; la Compagnie ne se dissimulait pas les avantages qu’aurait sur elle M. Astor s’il parvenait à réaliser ses projets. Mais par ses établissements dans la Nouvelle-Calédonie, elle avait espéré le monopole du commerce au dela des Montagnes, et elle répugnait à le partager avec un individu qui avait déjà été pour elle un compétiteur redoutable dans le commerce de l’Atlantique. D'ailleurs elle comptait s'emparer de l’em-
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bouchure de la Colombia avant que M. Astor eùt pu mettre son plan à exécution : une fois maitresse de cette clef du commerce intérieur, elle l'aurait été de tout le pays. Après quelques correspondances et quelques délais, elle refusa douc les offres qui lui étaient faites, et fit partir en toute hâte une expédition pour devancer M. Astor dans l'établissement d’un poste à l'embouchure de la Colombia.
Cependant M. Astor ayant vu rejeter ses propositions par la Compagnie, n’en poursuivit pas moins courageusement son entreprise. Son principal établissement une fois assis à l'embouchure de la Colombia, il ne doutait pas du succès. A yant la faculté d’y envoyer par mer des renforts et des marchandises, il comptait pousser de là des postes intérieurs dans toutes les directions, sur toutes les rivières, et le long de la côte; servir les Naturels à meilleur marché que la Compagnie du Nord-ouest, et l’obliger ainsi graduellement à renoncer à la concurrence, à abandonner la Nouvelle-Calédonie, et à se retirer à l’orient des Montagnes. Alors il devait se trouver en possession du commerce entier, non seulement de la Colombia et de ses affluents, mais encore de toutes les régions septentrionales, jusqu'aux possessions russes. Telle était une partie du vaste et brillant projet qu’il avait concu.
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1 s’occupa donc avec diligence de se procurer des agents habitués à trafiquer avec les Sauvages et à vivre dans les déserts. Parmi les clercs de la Compagnie du Nord-ouest, il s'en trouvait plusieurs qu' avaient beaucoup de capacite et d’expérience, et qui avaient accompli leur temps d'épreuve, mais qui , faute de protections ou de places vacantes, n'avaient pas été promus. Ils étaient en conséquence fort mécontents, et disposés à accepter tout emploi où leurs connaissances pourraient leur être plus profitables.
M. Astor fit des propositions à plusieurs individus qui se trouvaient dans cette position. Trois d'entre eux les acceptèrent. L'un était M. Alexander Mac Kay, qui avait accompagné sir Alexander Mackenzie en 1789 et en 1793, dans ses deux expéditions à la côte Nord-ouest de l'Amérique. Les deux autres étaient Duncan Mac Dougal et Donald Mac Kenzie. À ceux-ci se joignit ensuite M. Wilson Price Hunt, du New-Jersey.
Citoyen des États-Unis, et d’ailleurs plein de probité et de mérite, il fut choisi, par M. Astor, pour sou principal agent et pour son représentant dans l’établissement futur.
Le 23 juin 1810, une convention fut signée par M. Astor et par ces quatre messieurs, agissant en leur propre nom, et en celui des autres personnes qui avaieut déjà consenti, ou qui con-
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sentiraient par la suite à s'associer sous la raison : Compagnie de fourrures de l'Océan Pacifique.
En vertu de cette convention, M. Astor devait être à la tête de la Compagnie et en diriger les affaires à New-York. Il devait fournir des vaisseaux, des marchandises , des provisions, des armes, des munitions, et toutes les autres choses uécessaires pour l’entreprise, au prix de revient, pourvu que cela n’exigeât, en aucun temps, une avance de plus de deux millions de francs.
Le capital de la Compagnie devait être divisé en cent parts égales, ainsi que les profits qui en dérivaient. Cinquante parts restaient à la disposition de M. Astor. Cinquante autres devaient être divisées entre les Partners et leurs associés.
M. Astor avait le privilége d'introduire dans la Compagnie de nouveaux Partners : deux de ceux-ci, au moins, devaient être habitués au comnerce indien, et aucun ne pouvait avoir plus de trois parts.
Une réunion générale de la Compagnie devait se tenir annuellement à l'embouchure de la Colombia, afin d'en régler et d'en examiner les affaires. Les membres absents pouvaient y être représentés, et voter par procuration, moyennant certaines conditions spécifiées.
Si l’association faisait de bonnes affaires, elle devait durer pendant vingt ans; mais les parties
contractantes avaient pleins pouvoirs de la dissoudre dans les cinq premières années, si elle n’était point profitable. Pendant ce temps, M. As: tor cousentait à supporter toutes les pertes. Mais ensuite elles devaient être subies par tous les Partners, en proportion de leurs parts respectives.
De leur côté, les autres Partners devaient exécuter fidèlement les devoirs qui leur seraient assignés par la majorité de la Compagnie, dans l’assemblée tenue sur la côte du Nord-ouest, et se rendre aux eudroits qui leur seraient désignés par cette majorité.
Un agent, nommé- pour cinq années, devait résider au principal établissement sur la côte du Nord-ouest. M. Wilson Price Hunt fut choisi pour cet office. Si les intérêts de la Compagnie exigeaient qu'il s’absentât , l'assemblée générale devait nommer une nouvelle personne pour le remplacer.
Telles étaient les conditions principales de l'association. Nous allons maintenant raconter les hasardeuses expéditions de terre et de mer auxquelles elle donna lieu.
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