‹ Astronomie des damesChapitre 17 sur 42 · B. — JUPITER, SATURNE, URANUS, NEPTUNE · texte numérisé non relu

B. — JUPITER, SATURNE, URANUS, NEPTUNE

Avant d'atteindre le géant des mondes de notre système, nous devons faire une halte de quelques instants sur les petites planètes qui circulent entre l'orbite de Mars et celle de Jupiter. Ces astres minuscules, ces hameaux célestes, dont les plus gros ne mesurent guère plus de cent kilomètres de diamètre, sont des fragments dematière cosmique ayant appartenu à un vaste anneau, qui se sera formé au temps où le système solaire n'était qu'une immense nébuleuse, et qui, au lieu de se condenser en un seul globe voyageant entre Mars et Jupiter, s'est divisé en une quantité considérable de particules qui constituent, aujourd'hui, la république très curieuse et fort intéressante des astéroïdes.

Ces mondes lilliputiens ont reçu d'abord les noms des petites divinités mythologiques les plus célèbres : Cérès, Pallas, Junon, Vesta, etc.; mais, leur nombre s'accroissant rapidement, on a dû les baptiser de noms terrestres et modernes, •et plus d'une fille d'Eve, Egérie d'un astronome, a, aujourd'hui, son nom inscrit dans les cieux. La première petite planète a été découverte le premier jour du dix-neuvième siècle, le 1er janvier 1801, par Piazzi, astronome à Palerme. Tandis qu'il observait, sous le beau ciel de Sicile, les petites étoiles de la constellation du Taureau, ce célèbre astronome en remarqua une qu'il n'avait jamais vue. Le lendemain, en dirigeant sa lunette vers le même point du ciel, il s'aperçut que la belle inconnue s'était déplacée, et les •observations faites les jours — ou plutôt les soirs — suivants ne lui laissèrent plus aucun doute sur la qualité de cette voyageuse : c'était une planète, un astre errant parmi les constellations, et tournant autour du Soleil. Cette nouvelle venue fut enregistrée sous le nom de Cérès. Depuis cette époque, on en a découvert plusieurs centaines occupant une zone qui s'étend sur une largeur de plus de 400 millions de kilomètres. Ces globules célestes sont invisibles à l'œil nu, mais il ne se passe pas d'année sans que les patients observateurs du ciel n'ajoutent de iiiouvelles et nombreuses recrues au catalogue,

déjà très important, de ces astres minuscules. On les découvre, le plus souvent aujourd'hui, par la photographie, en cherchant, sur les clichés, les petits points qui se déplacent.

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