‹ Astronomie populaire (volume 2)Chapitre 207 sur 362 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

célèbres à soutenir que Taxe de la Terre n'a pas toujours percé sa surface dans les mêmes points, et que, depuis l'origine, il s'est déplacé d'une quantité sensible. 11 y a une cinquantaine d'années, ces considérations n'auraient pas été sans quelque force. Aujourd'hui que les mesures des degrés du méridien se sont tant multipliées , il ne sera pas difficile de les réfuter.

Si un léger écartement entre le petit axe de l'ellipse méridienne et la ligne des pôles, était la principale cause du désaccord qu'on trouve en comparant les valeurs des degrés déduites de l'observation avec celles qui résultent d'une certaine hypothèse d'aplatissement, ce désaccord aurait lieu toujours dans le même sens ; il augmenterait d'une manière graduelle, à mesure qu'on emploierait dans le calcul des arcs géodésiques séparés par de plus vastes intervalles. Mais ce n'est pas ainsi que les irrégularités se manifestent. Sur la même section méridienne, les longueurs de deux degrés contigus diffèrent quelquefois beaucoup. Il arrive même, dans certaines localités, que les degrés grandissent quand on marche vers l'équateur, comme si la Terre était allongée aux pôles. L'Italie a présenté récemment, sous ce rapport, dans une étendue très-bornée de terrain , d'énormes anomalies. Cette confusion, en apparence inextricable, est le simple effet d'attractions locales. Anciennement, on n'aurait voulu croire à ces attractions que près des montagnes ; mais l'expérience a parlé : au milieu d'une vaste plaine, des accidents géologiques dont l'observateur ne peut pas même soupçonner l'existence, dévient quelquefois le fil à plomb sept à huit fois plus que le Ghimborazo ne le fit a. — m. 24

dans les expériences de Bouguer. C'est là qu'il faut chercher la cause des discordances que présentent les résultats des mesures géodésiques, et non dans la direction du petit axe des ellipses méridiennes relativement à la ligne des pôles.

Yenons à des considérations d'une autre espèce, et qui peuvent également conduire à découvrir si la Terre a été choquée par une comète.

Lorsqu'un corps isolé dans l'espace, quelles que soient d'ailleurs sa forme et sa nature, éprouve sur place un mouvement de rotation , chacun de ses points décrit une circonférence de cercle. Les centres de toutes ces circonférences se trouvent situés sur une seule et même ligne droite, qui perce la surface du corps en deux points qu'on nomme, comme tout le monde sait, les pôles. Les deux pôles sont les seules parties de la surface qui soient immobiles, pendant que tout le reste tourne.

La ligne qui joint les pôles s'appelle l'axe de rotation.

Si le corps qui tourne est sphérique et homogène, son axe idéal de rotation reste invariable; il passe par le centre et aboutit constamment aux mêmes points matériels de la surface. Si la figure du corps est tout autre , son mouvement de rotation pourra, à chaque instant, s'opérer autour d'un axe différent. Les pôles, en conséquence, changeront perpétuellement de place.

Cette multitude d'axes, autour de chacun desquels un corps n'effectue qu'une partie de sa révolution, s'appellent les axes instantanés de rotation. En résolvant dans toute sa généralité l'important problème de mécanique

Page 1