LIVRE XXV. — PETITES PLANÈTES
dimensions sensiblement plus petites. En faisant touruorv de quantités convenables, les plans très -différents qui contiennent les quatre orbites, sans toutefois changer leurs inclinaisons respectives au plan de Técliptique ; en d'autres termes , en changeant seulement les directions des lignes des nœuds , on trouve des positions dans lesquelles ces quatre courbes sont pour ainsi dire entrelacées. Tout portait donc Olbers à supposer que les quatre petites planètes, à chacune de leurs révolutions, pasaient anciennement par un même point de Tespace.
Cette circonstance serait sans contredit très - extraordinaire, si Cérès, Pallas, Junon, Vesta et les autres petites planètes qui satisferont à la même condition, avaient toujours été des corps indépendants les uns des autres. Elle deviendra au contraire toute simple , elle découlera de la nature même des choses, si Ton regarde les petites planètes comme des fragments d'une planète beaucoup plus grosse qui, d'un seul coup, a été réduite en un certain nombre d'éclats.
En effet , une planète proprement dite , sauf les dérangements connus sous le nom de perturbations, suit constamment la même route. A chacune de ses révolutions, elle repasse par la même série de points. Or, à l'instant imême où, d'après l'hypothèse que nous venons de faire, la grosse planète se brisa, chacun de ses fragments devint, dans toute l'acception du terme, une véritable planète , et il commença à décrire la courbe le long de laquelle son mouvement propre devait éternellement s'effectuer. Quelques différences d'intensité et de direction entre les forces qui projetèrent les divers éclats
formé autour de chacun d'eux une immense atmosphère. Cette théorie est ingénieuse; malheureusement un fait capital est venu la confondre : Yesta n'a pas offert jusqu'ici de traces certaines d'atmosphère. Or, quelle est la cause qui aurait pu la déshériter entièrement de la part qui lui serait revenue dans le partage de l'atmosphère cométaire?