‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 299 sur 588 · LIVRE XXIX. — SATURNE. U · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX. — SATURNE. U

affaiblissement graduel , il ne conserve plus guère vers sa limite circulaire intérieure que Tintensité et la teinte des bandes obscures du disque, i

Nous consignerons ici l'extrait d'un Mémoire de M. de Vico, présenté à l'Académie des sciences, en 1842 : « Un soir que la lunette de Cauchoix était braquée sur Saturne, l'anneau se montra dans sa plus éclatante splendeur, pendant que le corps de la planète avait non-seulement perdu de sa lumière habituelle, mais s'était revêtu d'une couleur cendrée si foncée, qu'elle avait quelque chose de sinistre. Le ciel était très-pur et le phénomène dura tout le temps que Saturne resta au-dessus de l'horizon. A partir de cette époque, les astronomes romains n'ont pas perdu Saturne de vue et ils ont pu constater que l'éclat et la^ couleur du corps de la planète sont trèsvariables relativement à l'éclat lumineux de l'anneau. »

Dans la Vie de Clarke^ Whiston dit que celui-ci vit un jour une étoile dans l'intervalle noir compris entre le bord intérieur de l'anneau et le bord le plus voisin de la planète. Si cette observation était certaine, elle prouverait mathématiquement que cet intervalle obscur est dépourvu de toute matière opaque. (Voyez Optique de Smith , édition française du père Pezenas , p. tikO. )

Comment peut-on démontrer que les bandes noires qui divisent l'anneau sont des vides et non des bandes semblables à celles de Jupiter, mais plus noires?

Il ne faut évidemment pas attendre, pour résoudre cette question, le cas où les bandes se projetteraient sur des étoiles, car cette rencontre très-rare durerait trèspeu de temps ; mais le passage de Saturne dans la Voie

lactée fournira des indications suffisantes à ce sujet. On verra alors si» lorsque les bandes se dessinent sur les taches blanches dont cette région du ciel abonde, leurs lueurs ont un peu éclairci la teinte d'un noir absolu que ces bandes présentent ordinairement. L'observation déjà faite par Gassini et surtout par Maraldi , que la bande existe sur les deux faces de Tanneau à la mênne distance du bord extérieur, n'est évidemment pas démonstrative, car la cause physique inconnue de laquelle les bandes dépendent doit agir de la même manière dans les deux cas.

11 n'est peut-être pas superflu de rappeler à cette occasion que la découverte de cette bande noire extérieure partageant Panneau en deux parties est attribuée par erreur à Herschel ; les deux membres de l'Académie des sciences que je viens de citer, l'avaient précédé de près d'un siècle. C'est donc à tort que quelques astronomes ont pris l'habitude d'appeler bande fierschelienne la bande qui sépare les deux anneaux de Saturne. En 4789, Herschel ne semblait pas encore parfaitement certain que la bande noire qui règne tout autour de l'anneau fût une séparation entre deux anneaux concentriques; suivant lui on pouvait douter que cette bande accusât un vide. Les observations de 1792 firent reconnaître que la bande se voit sur les deux faces de l'anneau et à égale distance de l'anneau extérieur; qu'elle conserve constamment la même largeur ; que son contour est parfaitement tranché ; que dans une atmosphère favorable elle parait tout aussi noire que l'espace obscur compris entre l'anneau et la planète. D'après l'ensemble de ces circonstances, Herschel ne

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