‹ Astronomie populaire (volume 3)Chapitre 344 sur 588 · LIVRE XXXI. — NEPTUNE. SU · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI. — NEPTUNE. SU

à rinexactitude des observations anciennes, ou si elle dépend de quelque action étrangère et inaperçue qui aurait influencé la marche de la planète, t

L'avenir ne tarda pas à montrer que cette dernière hypothèse, avancée timidement par Bouvard, était la vraie. Quelques années s'étaient à peine écoulées que déjà il était prouvé que les tables de Bouvard ne pourraient satisfaire aux observations nouvelles d'Uranus. L'idée de l'existence d'une force perturbatrice inconnue vint à l'idée de tous les astronomes. Quelle était cette force ? En juin 1829, M. Hansen écrivait à Bouvard que pour expliquer les différences qui existaient entre les observations de chaque jour et les tables d'Uranus, il fallait recourir aux perturbations de deux planètes inconnues. Bouvard admit dès cette époque que l'on devait reconstruire les tables de la planète d'Herschel afin de les perfectionner et de pouvoir connaître exactement la valeur des perturbations, et il confia ce soin en 1834 à son neveu, M. Eugène Bouvard. 11 avait Tespérance que, retournant le problème ordinaire des perturbations qui consiste à déterminer leur grandeur d'après la connaissance des mouvements des astres troublants, on pourrait conclure les éléments de l'orbite du principal de ces astres d'après les valeurs observées desdifférences existant entre les positions réelles d'Uranus et les positions assignées par les calculs qui ne tenaient compte que de l'action de Saturne et de Jupiter. Cette espérance était partagée par Bessel qui , à la date du 8 mai 1840, écrivait à mon illustre ami, Alexandre de Humboldt :

« Vous me demandez des nouvelles de la planète située

au delà d'Uranus. Je pourrais vous adresser à quelques- .uns de mes amis de Kœnigsberg qui croient en savoir plus que moi-même sur ce point. J'avais choisi pour texte d'une leçon publique, le 28 février 18&0, Texposé des rapports qui existent entre les observations astronomiques et l'astronomie elle-même. Le public ne fait pas de différence entre ces deux objets; il y avait donc lieu de redresser son opinion. La part de l'observation dans le développement des connaissances astronomiques me conduisait naturellement à remarquer que nous ne pouvions être certains d'expliquer par notre théorie tous les mouvements des planètes. Je citai comme preuve Uranus ; les anciennes observations dont cette planète a été l'objet ne s^accordent nullement avec les éléments déduits des observations plus récentes faites de 1783 à 1820. Je crois vous avoir déjà dit que j'ai beaucoup étudié cette question ; mais tout ce que j'ai retiré de mes efforts, c'est la certitude que la théorie actuelle , ou plutôt l'application que l'on en fait au système solaire tel que nous le connaissons aujourd'hui , ne suffit point à résoudre le mystère d'Uranus. Ce n'est pas, à mon sens, une raison pour désespérer du succès. Il nous faut d'abord connaître exactement et d'une manière complète tout ce qui a été observé sur Uranus. J'ai chargé un de mes jeunes auditeurs, Flemming, de réduire et comparer toutes les observations, et maintenant j'ai là réunis sous la main tous les faits constatés. Si les anciennes déterminations ne conviennent déjà point à la théorie, celles d'aujourd'hui s'en écartent plus encore ; car actuellement l'erreur est d'une minute entière, et elle s'accroît de 7 à 8 secondes par an,

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