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de sorte qu'elle sera bientôt plus considérable. J'ai eu ridée, d'après cela, qu'un moment viendra où la solution du problème serait peut-être bien fournie par une nouvelle planète dont les éléments seraient reconnus d'après son action sur Uranus et vérifiés .d'après celle qu'elle exercerait sur Saturne. »
Le problème de la détermination de la planète qui pouvait causer les perturbations mystérieuses d' Uranus était donc posé publiquement, lorsque, en 1845, je conseillai vivement à M. Le Verrier de s'en occuper. 11 était temps, puisque, en Angleterre, un jeune astronome de l'Université de Cambridge, M. Adams, traitait la question dès cette même année et parvenait de son côté à la résoudre. Mais, je me hâte de le dire, M. Adams ne publia rien , et son travail, trè&-bien fait d'ailleurs, ne servit en aucune façon à faire découvrir l'astre inconnu.
M. Le Verrier dut avant tout chercher à obtenir les valeurs véritables des parties des perturbations d'Uranus que ne pouvaient pas expliquer les planètes jusqu'alors connues. Il dut d'abord corriger les éléments adoptés pour Uranus, puis construire des éphémérides exactes qui pussent être comparées avec les observations, de manière à mettre en évidence les perturbations dues à l'astre cherché. L'habile géomètre fit ses comparaisons nonseulement avec les anciennes observations de Flamsteed, de Lemonnier, de Bradley,^de Mayer, de l'Observatoire de Greenwich et de l'Observatoire de Paris qui avaient été publiées ; il put en outre profiter, comme il le dit luimême,* des excellentes observations inédites faites à Paris
de 1835 à 1845, et que je lui confiai. » Après une réduc- A. — IV. 33
m ASTRONOMIE POPULAIRE.
tion attentive des observations, il obtint des valeurs certaines des perturbations dont la théorie ne pouvait rendre compte, et les introduisant dans les formules qui les expliquaient par l'existence d'une nouvelle planète , il obtint les éléments approximatifs de celle-ci. Le 31 août 18&6, M. Le Verrier publia les résultats définitifs de ses recherches : il indiqua que la planète devait se trouver alors dans la constellation du Capricorne, à une petite distance à l'est de l'étoile ^ de cette constellation. M. Le Verrier communiqua ces résultats aux divers astronomes des observatoires de l'Europe. M. Galle, de Berlin, lui répondit le 25 septembre : • La planète dont vous avez signalé la position existe réellement. Le jour même où j'ai reçu votre lettre , je trouvai une étoile, de huitième grandeur, qui n'était pas inscrite dans l'excellente carte Hara xxi (dessinée par M. le docteur Bremiker), de la collection de cartes célestes publiée par l'Académie royale de Berlin. L'observation du jour suivant décida que c'était la planète cherchée. » La position dans laquelle M. Galle avait vu la planète ne différait que d'un degré environ de celle que lui avait assignée M. Le Verrier. Le calcul avait dit que la longitude héliocentrique de la planète cherchée était de 327* 24' au 1" janvier 1847 ; l'observation de l'astre découvert donna 326* 32^.
Une telle découverte doit occuper une place importante dans l'histoire de l'astronomie. La méthode suivie par M. Le Verrier diffère complètement, de tout ce qui a été tenté auparavant par les géomètres et les astronoftes. Ceux-ci ont quelquefois trouvé accidentellement un point mobile , une planète , dans le champ de leur télescope ;