‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 274 sur 347 · LIVRE .XXI. — LA LUNE · texte numérisé non relu

LIVRE .XXI. — LA LUNE

arriva ce jour-là ; lorsque le judicieux Petit nous apprend en outre que les ecclésiastiques, tant la consternation était grande, ne pouvaient suffire à confesser tous les effrayés ; ce qui par parenthèse, contraignit le curé d'un village près de Paris, à dire au prône que Téclipse avait été remise à la quinzaine et qu'on pouvait en toute assurance ne pas tant se presser? Je ne dissimulerai pas, toutefois, que le savant Vallisneri assure qu'étant à Padoue, convalescent d'une longue maladie, il éprouva lui-même, le 12 mai 1706, pendant une éclipse de Soleil, des faiblesses et des tremblements inusités; que l'illustre Bacon s'évanouissait pendant toutes les éclipses de Lune et ne recouvrait ses sens qu'à mesure que l'astre revenait à la lumière? Au reste, pour que ces deux exemples prouvassent sans réplique l'existence des influences lunaires, il faudrait établir que la faiblesse de caractère, que la pusillanimité ne se sont jamais alliées à d'éminentes qualités de l'intelligence; or c'est une thèse dans laquelle je ne prétends pas m'engager.

Menuret considère les maladies cutanées comme celles dont les reprises se lient le plus incontestablement aux phases lunaires. Il assure avoir observé lui-même, en 1760, une teigne qui pendant la période du décours s'aggravait de plus en plus, parvenait à son maximum d'intensité vers la nouvelle Lune, envahissait alors tout le visiige, la poitrine, et causait des démangeaisons insoutenables. Après cette époque tous les symptômes disparaissaient peu à peu, le visage se nettoyait ; tandis qu'on voyait les mêmes accidents recommencer dès que la pleine Lune était passée.

Voilà assurément une coïncidence bien remarquable, mais combien de temps dura-t-elie? Trois mois, pas davantage !

Menuret dit avoir fait des observations analogues sur la gale. Ici, ce serait à la pleine Lune que la maladie atteindrait son maximum.

Je n'entends nullement nier ces observations. Je ne soupçonne, en aucune manière, la bonne foi du médecin à qui On les doit; mais n'est-il pas évident que si les coïncidences sur lesquelles il insiste n'avaient pas été fortuites, que si elles avaient tenu à une action réelle de la Lune, on ne serait pas réduit à rapporter trois ou quatre cas plus ou moins saillants, qu'on en citerait par milliers?

Maurice Hoffmann dit avoir vu la fille d'une mère épileptique, à qui le ventre enflait tous les mois pendant que la Lune croissait, tandis qu'il diminuait, au contraire, dans la période du décours. L'idée d'une coïncidence accidentelle entre les deux phénomènes ne serait pas admissible, si la maladie avait duré très-longtemps avec les mêmes symptômes. La supposition contraire la rendrait très-naturelle. Les termes vagues dans lesquels l'observation d'Hoffmann a été rédigée, lui ôtent presque toute valeur. En pareille matière le public a droit à la confidence des plus minutieux détails, car les savants, ainsi que le dit Bayle, sont quelquefois eux-mêmes de fort méchantes cautions.

Les maladies nerveuses sont celles qui devaient offrir et qui ont offert, en effet, le plus d'indices vrais ou faux de leur liaison avec les positions de la Lune. Ainsi, Mead

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