‹ Astronomie populaireChapitre 37 sur 260 · LIVRE XIV. — LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — LE SOLEIL

die des inconvénients auxquels elle est sujette, on peut remarquer qu'elle nécessite dans la monture de l'instrument des dispositions particulières. Lorsque la pièce à laquelle l'oculaire s'adapte a, comme dans les télescopes grégoriens (liv. m, chap. xxiv, t. i, p. 150) , une largeur beaucoup plus grande que la distance des deux prunelles , il est à peu près impossible de trouver une place convenable pour le diaphragme et le réflecteur ; car, à moins qu'ils ne soient assez éloignés, l'évaluation trigonométrique de l'image artificielle est sujette à erreur. D'autre part, si le diaphragme est trop loin, la vision à l'œil nu devient confuse, la comparaison des deux images se fait d'une manière imparfaite, et la longueur excessive des manivelles adaptées au disque mobile entraîne de telles difiicultés, qu'à peine il est possible d'observer.

La rareté du micromètre à projection, ne m'a laissé qu'un seul moyen d'apprécier, abstraction faite des enibarras dont je viens de parler, l'exactitude qu'on peut s'en promettre ; ce moyen a été de comparer des mesures de planètes faites par Herschel lui-même avec son instrument, à des déterminations du même genre que j'avais obtenues par d'autres méthodes très-précises. S'il était prouvé que les erreurs très-grandes que j'ai découvertes ainsi, et que personne ne sera sûrement tenté d'attribuer à l'habile observateur que je viens de nommer, n'ont pals tenu en partie à la grande aberration de sphéricité dont il semble bien difficile que les grands miroirs soient exempts, je n'hésiterais pas à regarder le micromètre en question comme un instrument très-défectueux et dont l'usage doit être entièrement proscrit.

Ci ASTRONOMIE POPULAIRE.

Je dois parler ici de deux modifications qu'Herschel a imagiPiées dans la construction des micromètres, et qui ont donné naissance au micromètre de position et au micromètre à lampe.

Supposons qu'une étoile soit arrivée au méridien, c'està-dire au point le plus élevé de sa course diurne. Par son centre concevons une horizontale. Cette ligne se confondra , dans une étendue bornée, avec le petit cercle parallèle à réquateur que l'étoile décrit. La ligne droite menée du centre de l'étoile culminante à un astre voisin , forme avec l'horizontale un angle qu'on a appelé Y angle de posilion de cet astre. L'angle de position pourrait se déduire par le calcul, des différences d'ascension droite et de déclinaison des deux astres. Il est souvent plus exact et plus commode de le mesurer directement. Cette mesure est devenue facile à l'aide d'une modification essentielle qu'Herschel a fait subir au micromètre à fils ordinaire.

Le nouveau micromètre , comme l'ancien , se compose de deux fils, l'un fixe, l'autre mobile. Seulement le fil mobile, dans ses déplacements, ne reste plus parallèle à lui-même et au fil fixe : il ne peut recevoir qu'un mouvement de rotation. A l'aide de ce mouvement, l'observateur place à volonté le fil mobile sous toutes les inclinaisons possibles, relativement au fil fixe, depuis zéro jusqu'à 180**. La quantité dont le fil mobile a tourné, se lit sur un cercle extérieur gradué.

Veut-on avoir, au méridien, un angle de position? Rien de plus simple : il faut, à l'aide des manivelles du télescope, maintenir la principale étoile, celle qui doit occuper le sommet de l'angle, à la croisée apparente des

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