LIVRE XIV. -- LE SOLEIL
mètres, permet d'éloigner, de rapprocher entre eux , et de placer dans toutes les inclinaisons possibles relativement à l'horizon.
Armé de cet appareil , quand Herschel voulait observer une étoile double, il regardait l'astre avec l'œil droit par l'intermédiaire de son télescope newtonien ; en même temps Tœil gauche lui montrait à nu, c'est-à-dire en dehors de l'instrument, c'est-à-dire sans grossissement aucun , et sur le prolongement de la ligne apparente de visée de l'autre œil , les deux points lumineux du micromètre. Ces deux systèmes d'objets se projetaient l'un sur l'autre. Après quelques tâtonnements, après quelques mouvements des manivelles, il était possible de faire coïncider respectivement les deux points brillants artificiels avec les images télescopiques des deux parties de rétoile double. Cela établi , il ne restait plus qu'à mesurer avec une règle divisée, la distance rectiligne des deux trous d'aiguille. Cette distance était évidemment, sur un rayon de trois mètres, la tangente de la distance angulaire amplifiée des deux étoiles. Divisant la valeur de cette distance angulaire amplifiée, tirée des tables trigonométriques, par le grossissement du télescope, on avait la distance angulaire réelle des deux parties de l'étoile double. L'instrument donnait également, pour l'heure de l'observation, l'angle que la ligne menée d'une étoile à l'autre fonnait avec la verticale ou avec l'horizon.
Chacun concevra que l'usage du micromètre à lampe n'est pas borné à l'observation des étoiles doubles : il peut être étendu avec la même facilité à la mesure des diamètres apparents, réels ou factices, des planètes, des
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satellites et des étoiles. Chacun aussi aura remarqué combien les opérations que l'emploi de cet instrument exige, ont d'analogie avec la manière de déterminer les grossissements des lunettes , dont les anciens observateurs, Galilée, par exemple, faisaient usage.
J'ai déjà eu plusieurs fois l'occasion de faire remarquer, dans ce chapitre, combien il y a loin, généralement, de l'exactitude qu'un instrument semble promettre à première vue, à l'exactitude qu'on obtient effectivement lorsqu'on le dirige vers le ciel. Je pourrais, d'après cette considération, me dispenser de parler de cette multitude de micromètres que M. Brewster a décrits d'une manière si minutieuse dans son traité sur de nouveaux instruments, publié en 1813, puisque aucun d'eux ne paraît avoir été soumis à l'épreuve de l'expérience. Ces instruments n'étant cependant pour la plupart que des modifications évidentes des micromètres dont j'ai déjà eu l'occasion de parler, pourront être appréciés par analogie ; je me livrée rai d'autant plus volontiers à cet examen qu'il ne prendra que peu de lignes, et que j'aurai alors parcouru la série entière des micromètres exécutés ou même seulement décrits.
Le premier des instruments de M. Brewster, celui qu'il appela nouveau micromètre à fils, et auquel il attacha • u^e grande importance puisqu'il a cherché à s'en assurer la propriété exclusive par un brevet d'invention, est formé comme le micromètre d'Auzout, de deux fils entre lesquels l'astre doit être compris; mais dans ce dernier instrument, après avoir placé l'un des bords de la mire, qu'on mesure sur le fil fixe, on transporte, comme nous l'avons