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LIVRE XIV. — LE SOLEIL

déjà dit, le fil mobile parallèlement à lui-même, à Taide d'une vis, jusqu'à ce qu'il atteigne le bord opposé; dans Tâutre construction , les fils sont à une distance fixe, mais en augmentant ou en diminuant le grossissement de la lunette, les dimensions de l'image éprouvent des variations correspondantes qui permettent également de placer les deux bords tangentiellement aux deux fils. La variation de grossissement s'obtient par le mouvement d'un objectif mobile entre l'objectif principal et son foyer; mais doit-on se flatter que par là l'image ne perdra rien de sa netteté ; qu'on ne se jettera pas dans des erreurs plus grandes que celles qu'on voulait éviter ? Ce micromètre exigeant deux excellents objectifs, ne sera-t-il pas toujours d'un prix trop élevé pour qu'on puisse espérer qu'il se répande? Quoi qu'il en soit, au demeurant, de ces difficultés, il ne sera pas hors de propos de remarquer que l'invention n'est rien moins que nouvelle, et que 106 ans avant la publication de l'ouvrage du D' Brewster, c'est-à-dire en 1707, La Hire avait inséré dans le Rficueil de r Académie des sciences^ la description d'un micromètre qui de tout point est identique avec celui que le savant anglais a reproduit. C'est donc à La Hire, ou si l'on veut même à Rœmer, qui déjà auparavant s'était occupé du même objet , qu'on doit la première idée des micromètres à grossissements variables.

Dans une lunette, le grossissement est une fonction déterminée de la distance focale de l'objectif et de celle des oculaires ; il ne sera donc possible de le faire varier qu'à l'aide d'une lentille additionnelle et mobile qui doit nécessairement nuire à la netteté des images; dans un

télescope de Gregory ou de Gassegrain , Texpression du grossissement renferme comme indéterminée la distance du petit au grand miroir; en faisant varier cette distance , on obtiendra donc différentes valeurs du pouvoir amplificatif , et deux fils fixes pourront servir, comme dans une lunette, à la mesure de diamètres variables. Tel est le second des micromètres de M. Brewster. Get instrument, ainsi que le précédent, ne se prête qu'à l'observation des diamètres perpendiculaires à la courbe du mouvement diurne de Tastre, et il exige que les fils puissent être placés dans cette direction, ce qui, à moins d'une monture parallatique , est toujours extrêmement incommode. Gomme dans le micromètre ordinaire, la lumière peut éprouver dans le voisinage des fils une inflexion dont il est difficile d'évaluer les effets; et si nous ajoutons qu'ici comme dans les micromètres ordinaires il sera nécessaire d'éclairer artificiellement le champ, on verra que les nouvelles constructions ne remédient qu'aux erreurs qui, dans les anciens instruments, dépendaient des temps perdus de la vis.

Nous avons déjà parlé plus haut (p. 60) d'un micromètre qui est formé d'un prisme isocèle de verre, mobile entre l'objectif et son foyer ; en remplaçant ce prisme par deux demi-lentilles dont les centres ne coïncideraient pas, et en leur conservant la même mobilité, on aura celle des inventions de M, Brewster, qu'il appelle le nouveau micromètre objectif divisé; mais il paraît impossible de regarder ceci comme une amélioration , car d'après la construction de cet instrument, il doit avoir à la fois les défauts du micromètre à prisme ordinaire 9 et les dé-

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