LIVRE XIV. - LE SOLEIL
fauts qu'on a remarqués dans Tusage de Théliomètre.
L'instrument que le même auteur appelle micromhtre à images lumineuses j a pour objet spécial la détermination de la distance de deux points très-voisins ; les résultats curieux que semble promettre l'étude des mouvements des étoiles doubles , donne beaucoup d'importance à cette recherche ; mais à peine peut-on se persuader que M. Brewster ait espéré quelque exactitude du moyen qu'il propose , et qui consiste à étendre les peintures des points qu'on observe, soit en enfonçant, soit en retirant l'oculaire, jusqu'à ce que leurs bords se touchent. Pour peu qu'on ait dirigé une lunette vers le ciel, on sait, en effet, qu'aussitôt qu'on a dépassé le foyer avec l'oculaire , les , images ont d'autant moins de netteté que les franges de différentes couleurs, qui tiennent aux défauts inévitables de l'achromatisme, acquièrent alors beaucoup de vivacité et de largeur. Je ne m'étendrai pas davantage sur cet instrument , dont les astronomes ne seront sûrement pas tentés de se servir, de même qu'ils se garderont bien de dépasser le foyer lorsqu'ils prendront des ascensions droites et des déclinaisons, et d'observer au lieu du centre de l'image distincte les deux bords de l'image déformée ou diffuse.
Quelques personnes demanderont peut-être comment, avec quelques-uns des instruments que je viens de critiquer et que je suppose si imparfaits, les astronomes ont cependant obtenu des résultats qui sont toujours cités comme des modèles d'exactitude. A cela je répondrai que s'il est vrai de dire, en général, que les distances angulaires relatives ont été mesurées d'une manière satisfai-
santé, il n'existe pas, d'un autre côté, une seule détermination absolue dont un astronome non prévenu voulût répondre à 2'' près, et que pour le diamètre des planètes en particulier, je pourrais citer des mesures récentes qui , quoique faites par des astronomes également habiles et avec d'excellentes lunettes, n'en diffèrent pas moins les unes des autres de k'^ ou b^' , sans qu'il soit ]:k)ssible de dire de quel côté se trouve la vérité.
En décrivant plus haut l'instrument d'Auzout (p. A9), je n'ai pas parlé de celui que Tibérius Cavallo a donné dans les Transactions philosophiques pour 1791, sous le nom de nouveau micromètre en nacre de perle, parce que je ne vois pas ce qu'on gagne à choisir un corps à peine diaphane pour y tracer des divisions, de préférence aux lames de verre dont se servait La Hire. M. Brewster propose aussi dans son ouvrage un micromètre de nacre de perle; mais celui-ci n'est autre chose qu'un anneau circulaire de cette substance partagé en 360" et placé au foyer du dernier oculaire , afin qu'on puisse en voir aisément les divisions; on détermine d'abord la valeur angulaire du diamètre de cette ouverture, soit par le passage d'une étoile, soit par un moyen équivalent, et lorsqu'on veut mesurer un intervalle quelconque, on cherche quelle corde du même cercle il comprend. J'avoue que je n'ai pu découvrir quels avantages cet instrument, ne dût-on jamais l'appliquer qu'à des mires terrestres et immobiles, pourrait avoir sur le micromètre ordinaire à divisions fixes; car, dans celui-ci, l'observation se fait toujours au centre de la lunette , tandis que dans l'autre la mire doit toujours être transportée au bord du champ.