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LIVME XIV. — LK SOLEIL

mois de l'année la conve^^ilé de Tellipse est tournée vers la partie supérieure du Soleil, et que pendant les six mois suivants cette convexité se trouve dirigée vers la partie inférieure du mêrae astre ; qu'enfin, à deux époques intermédiaires, les taches paraissent décrire des lignes droites. Tous ces phénomènes peuvent s'expliquer si on suppose que les taches sont adhérentes au Soleil, et si Ton admet que cet astre est doué d'un mouvement de rotation sur lui-même, autour d'un axe peu différent d'une perpendiculaire au plan de l'écliptique. On se convaincra de la

vérité de mon assertion en collant un papier noir de peu d'étendue sur la surface d'une sphère mobile, et en faisant tourner cette sphère uniformément autour de celui de ses axes qui est à peu près perpendiculaire au rayon visuel joignant l'œil de l'observateur et le centre de la sphère. Il est évident, quant aux dimensions transversales de la tache, qu'elles devront sembler d'autant plus petites qu'elles seront vues plus obliquement , que la tache sera plus près du bord de l'astre ; d'un autre côté , le mouveifient diurne de la tache, supposé uniforme, paraîtra d'autant plus grand que l'arc parcouru se présentera à l'œil de l'observateur sous une direction plus voisine de la perpendiculaire , ou que cet arc aura une position plus centrale.

Nous devons faire remarquer que les phénomènes seraient absolument les mêmes, si des corps opaques, d'une trè&-mince épaisseur, tournaient uniformément autour du Soleil , k peu de distance de sa surface ^ et de manière à rester toujours perpendiculaires à la ligne menée du centre de l'astre au centre de cette espèce de disque opaque.

Peu de temps après la découverte des taches, les partisans des théories d'Aristote crurent pouvoir concilier ces théories avec les faits à l'aide de la supposition précédente. Il est clair, en effet , que dès le moment où ces corps opaques, en vertu de leurs mouvements, se projetteraient hors du disque du Soleil , ils deviendraient invisibles dans Tocéan de lumière réfléchie par les couches atmosphériques terrestres dont l'astre radieux est entouré.

Heureusement, indépendamment des taches noires dont nous venons de parler, on aperçoit quelquefois sur le disque solaire des taches d'une nature tout opposée, qu'on a appelées des facules % et dont la lumière est supérieure à celle de la généralité de la surface de l'astre. On ne* pourrait donc pas dire de ces taches que lorsqu'elles se projetteraient au delà des limites du disque, elles deviendraient invisibles. Or, ces facules présentent exactement les mêmes phénomènes que les taches noires quant aux inégalités de vitesse qu'elles éprouvent en traversant le disque solaire d'un bord à lautre. Ainsi il demeure établi irrévocablement que le Soleil est doué d'un mouvement de rotation sur son centre. Ce mouvement, dirigé de l'orient h l'occident, n'est que la continuation du mouvement qui, sur l'hémisphère invisible, est dirigé de l'occident à l'orient.

Le temps qui s'écoule entre deux apparitions consécutives d'une tache au bord oriental du Soleil, ou entre deux disparitions successives d'une tache au bord occidental, ou encore, si l'on veut, l'intervalle de temps qui s'écoule

i. Le mot latin facula signifie flambeau.

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