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L1VR£ XIV. — LE SOLEIL

pénétrant dans la lunette polariscope elle se décompose en deux faisceaux colorés.

La lumière qui émane d'une substance gazeuse enflammée, d*tme substance semblable à celle qui éclaire aujour-* d*hui nos rues, nos magasins, est toujours au contraire à rétat naturel , quel qu*ait été son angle d'émission.

Le procédé mis en usage pour décider si la substance qui rend le Soleil visible est solide, liquide ou gazeuse, ne sera plus qu'une application très^mple des remarques qui précèdent

Les rayons qui nous font voir les bords du disque Solaire sont évidemment sortis de la surface incandescente « sous on très-petit angle. Les bords, des deux images, vus directement, que fournit la lunette polariscope paraissent«*ils colorés, la lumière de ces bords provient d'un corps liquide, car toute supposition qui ferait de la surface extérieure du Soleil un corps solide est écartée définitivement par Tobservation du rapide changement de forme des taches, des facules et du pointillé. Les bords des deux images ont^ils conservé dans la lunette une blancheur naturelle, ils sont néanmoins gazeux.

Les corps incandescents dont on a étudié, avec un polariscope , la lumière émise sous différents angles sont les suivants : solideê , le fer forgé , le platine ; liquides , la fonte de fer et le verre en fusion. Diaprés ces expé« riences , vous avez le droit d'affirmer , dira-t-on , que le Soleil n'est ni de la fonte fondue ni du verre en fusion. Mais qui vous autorise à généraliser? Voici ma réponse : suivant les seules explications qu'on ait données de la polarisation anormale que présentent les rayons émis

lO/li ASTRONOMIE POPULAIRE.

SOUS des angles aigus, tout doit se passer de même, isauf la quantité, quel que soit le liquide, pourvu que la surface d'émergence ait un pouvoir réfléchissant sensible. Il n'y a que dans le cas où le corps incandescent est, quant à sa densité, analogue à un gaz, que les phénomènes de

polarisation et de coloration disparaissent.

En observant directement le Soleil un jour quelconque

de l'année, à l'aide de grandes lunettes polariscopes , on n'a aperçu aucune trace de coloration sur les bords des deux images. Donc la substance enflammée qui dessine le contour du Soleil est gazeuse. Nous pouvons généraliser la conclusion, puisque les divers points de la surface du Soleil, par l'effet du mouvement de rotation, viennent chacun à leur tour se placer sur le bord.

Cette expérience fait sortir du domaine des simples hypothèses ce que nous avons dit sur la nature gazeuse de la photosphère solaire.

Si la matière de la photosphère solaire était liquide , si les rayons émanés de son bord étaient polarisés , on verrait non-seulement des couleurs sur chacune des deux images fournies par la lunette polariscope, mais elles seraient différentes dans les divers points du contour. Le point le plus élevé sur l'une des images est-il rouge, le point diamétralement opposé sur cette même image sera rouge aussi ; mais les deux extrémités du diamètre horizontal offriront l'une et l'autre une teinte verte, etc. Si donc l'on parvenait à réunir en un point unique les rayonô émanés de toutes les parties du disque du Soleil , même après leur décomposition dans la lunette polariscope , le mélange serait blanc.

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