Astronomie de l’invisible
Quels grands mots pour bien peu de chose!
La discussion des ascensions droites et déclinaisons de certaines étoiles mesurées à la lunette méridienne montre des irrégularités qui . ne sexpliquent ni par l’aberration, ni par la réfraction, ni par la nutalion. Comme on veut que la loi de la gravttation contienne tous les phénomènes, on conclut l'existence d'un compagnon ane, où non
encore vu, qui cause les dérangements.
La seule difficulté des expériences est la petitesse des Neo CE et la nécessité de trouver des repères qu'on puisse considérer comme fixes. Ainsi Bessel (1844) comparait les ascensions droites de Sirius (x Grand Chien) avec 8 Orion, « Orion et Procyon (x Petit Chien).
Il comparait d'autre part les déclinaisons de Procyon à celles de huit étoiles voisines du parallèle de Procyon. On concoit en effet la nécessité d'éliminer les variations des repères en les multiphant.
Il parvint ainsi à cette proposition : les mouvements propres de Sirius et de Procyon ne s'effectuent pas en ligne droite : donc il existe
un astre troublant. Le fait qu'on ne le voit pas ou qu'on ne l’a pas. encore vu, n'est pas opposable, puisque nous savons que les masses ne
sont pas proportionnelles aux intensités lumineuses ($ 70).
Un compagnon de Sirius a été découvert en 1862, un compagnon de Procyon en 1896. Mais je supplie le lecteur de méditer quelques minutes : la découverte des compagnons n'a pas apporté aux conclusions primitives un atome de certitude supplémentaire. Car si ces compagnons sont à ce point difficiles à voir, il paraît bien difficile de déterminer
leurs trajectoires autour de l'étoile principale, par suite de-savoir s'ils
sont bien les astres troublants. | Quoi qu’on trouve du reste,'ça collera ou ça ne collera pas. Si ça ne colle pas, on en Sera quitte pour mettre un second compagnon invisible supplémentaire.
Il faudrait pourtant que les savais quittassent leurs admirations
- bêtes et apprissent à dire la vérité. La vérité est que nous voulons que:
us SYSTÈMES MULTIPLES 131
les mince rentrent dans la loi de gravitation : tant qu'il nous suffira pour cela de fourrer dans le ciel des astres invisibles, nous n'hésiterons pas une minute : pour ce que ça nous coûte! :
Au reste admirons la bonté de la Nature d'ävoir créé plusieurs milliards d'étoiles auxquelles il est permis, en grattant les chiffres, d'associer des compagnons invisibles. Les astronomes ont du pain sur la planche. Croire que la philosophie naturelle y gagnera grand'chose, est montrer peu de sens critique, Si la loi de la gravitation colle pour notre système, pourquoi diable ne collerait-elle pas pour les autres ? Ce qui serait intéressant et sensationnel, c’est qu’elle ne collât pas! Au lieu de pousser des cris d’extase, si les savants étaient raisonnables, ils seraient navrés de cette uniformité parfaitement ennuyeusel
F Étoiles doubles photométriques : : type Algol. — L'éclat de certaines étoiles subit des variations périodiques de Le périodes (9 Baleine, 8 Percée). On les considère comme des
Fig. 65, vd
étoiles doubles; les constituantes sont d'éclats très différents, elles s’éclipsent mutuellement — pour nous, en tournant l'une autour de . l’autre : d’où les variations d'éclat du système. On les classe en deux groupes : \
Les étoiles du type Algol ont un éclat habituellement: constant, mais he subit des variations lumineuses périodiques de courte durée!
pa étoiles du type « Lyre sont à variations lumineuses continues.