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2° — Je ne raconterai pas les péripéties des passages de 1761 et 1769. Je me réjouis seulement de la mésaventure du nommé Le Gentil qui, sur une frégate, après maints détours, arrive le 24 mai 1761 devant Mahé, trouve les Anglais maîtres de la place, fiche le camp et voit Vénus passer sur le Soleil en mer, du côté de Madagascar. Il va s’installer à Pondichéry, y reste 8 ans pour ne pas manquer le phénomène : mais quand Vénus passe sur le Soleil, un nuage tire le rideau. De deux choses l’une, Le Gentil était un. malin qui s'est taillé de la réclame à perpète en prenant sa retraite à Pondichéry qui est une ville aimable — ou le dernier des imbéciles, 1
Comme c'est un savant, je penche vers la seconde hypothèse.
Bref après avoir beaucoup parlé, beaucoup écrit, passablement torturé les résultats bruts, DES MÊMES oBseRvarTIoNs les savants tirèrent Pour la parallaxe des nombres compris entre 8,60 et 8,88.
Delambre conclut que la parallaxe est probablement entre 8/3 et 8”,1 : nous savons aujourd'hui qu'elle est:8",80,
Amusons-nous un brin de la sottise des savantasses.
En 1824 Encke soumit à une nouvelle discussion toutes les observations du passage de 1769. Traitant l'ensemble des résultats par la . méthode des moindres carrés (saluez !), il trouve :
Pourtant je fais scandale quand je déclare que toutes ces discussions sur les résultats sont stupides, que la méthode des moindres carrés est fort belle en soi, mais qu'elle constitue la pire des idioties telle qu'on l’applique. Dans sa Mécanique céleste. Laplace admet 8,81 qui est le nombre de Pingré : je vous assure que Pingré y met moins de facons que Encke : pourquoi donc tombe-t-il plus juste?
Mais allez donc faire comprendre à des manœuvres que le nombre et les moyennes ne priment pas l'intelligence! Voici un trait que je prends dans Tisserand et qui met en évidence l’état d'âme des savants même hélas! les plus intelligents.
I s'agit de la parallaxe par la méthode du $ 236 appliquée à Mars,
Les observations datent de 1672; elles furent effectuées par Cassini I à Paris et par Richer à Cayenne. Ils trouvent pour la parallaxe 9",5; ce qui est prodigieux. | x 4
« Il faut dire toutefois que ce résultat n'avait été obtenu que par un choix des observations les plus exacles et les plus conformes entre elles. »
Ce toutefois de Tisserand est un poème: je rougirais de l'avoir écrit, mais je ne Suis pas un pontife! Leur idéal est de ne rien perdre de ce qu'ils font, serait-ce idiot — et ce l’est plus souvent qu'à leur tour!
. 3° — La méthode de Halley donne de mauvais résultats, parce que : l'entrée et la sortie sont extrêmement mal définies. Divers observateurs,
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opérant dans le: même lieu, avec: des appareils similaires, estiment l'instant de la tangence (extérieure: ou intérieure) du. disque: noir de Vénus. et du disque lumineux du Soleil, avec des écarts: de l'ordre de 20 secondes de temps. Les bords du Soleilisont toujours ondulants; le phénomène n'a pas une pureté géométrique : le: disque:solaire: est mal défini.
Au fond (c'était l'opinion de’ Le Verrier) la: méthode: est, mauvaise. en soi; elle implique un cercle vicieux. C’est très: gentil de- dire : nous allons remplacer la mesure d'un are: par la: mesure d’un: temps: nous prendrons comme auxiliaire un mobile très lent, PAR suIrE nous grossirons le- phénomène: |
C'est confondre grossissement e& pénétration. - er
Ce n’est pas en grossissant quelque chose qui n'est pas net, que vous augmenterez la précision de, la mesure: : toute Pindéténmination du Ra nina subsistera. Vous mesurerez: par exemple avec: un décimètre ce qu'avant le grossissement! vous étiez obligé de mesurer avee une gradualion très déliée.: ce sera peut-être plus commode, Mais a approximation restera la même:
Ces divergences de 20 secondes de a edit à des. divergences de le secondes d'arc; or on sait: depuis longtemps: ($ 113) que les mesures du diamètre du Soleil présentent des divergences du même ordre, que le diamètre soit!obtenu.avec un héliomètre ou par la durée du passage du disque sur les fils de la lunette méridienne,
Il est bien évident que ce-n'est pas em compliquant le: ‘phénomène par l'introduction de Vénus que:vous le rendrez mieux défini.
Je n’insisterai pas ici sur le ligament noir renvoyant pour son étude
à mon Cours d'Optique.
949. Mesure photosraphique du déplacement des cordes. 1° — Décidément les mauvais coucheurs genre Le Verrier me,
plaisent beaucoup. Ils sont peut-être assommants pour leurs subor-
donnés; au moins disentils: des choses sensées en un langage compréhensible; au moins tranchent-ils sur: là pleutrenie qui est l'apanage le: moins contestabler des pontifes etl de: tous éeux qui espèrent le: devenir: Dans læ& Commission dix passage de: Vénus, Le Verrier est le: seul qui: ait osé: dire: que: la méthode: d'Halley: est médiocre, qu'on se donne beaucoup de mal pour un: résultat: piteux, qu'elle ne fournira jamais qu'une: mauvaise approximation. Eni définitive, disait-il en 1872, les observations à faire: sont les: mêmes qu'en 1769; celles-ci ont An de mauvais résultats malgré l'excellence: des observateurs. On va recommencer: ce qu'ils ont: fait}, sensiblement avec les mêmes moyens expérimentaux: : on) butera contne les: mêmes difficultés. N'espérons: donc: pas qu'on aboutisse en: 181% ou, em 1882. L'événement. a vénifié: ces pronostics:
En particulier Le: Verrier distuba.sanssaménité laméthode quicconsiste
Et DISTANCES EN ASTRONOMIE : 431
à mesurer sur une épreuve photographique la distance minima des centres du disque solaire et du centre de Vénus pour en conclure le déplacement de la corde. Son raisonnement très simple est parfaitement concluant. ‘. Ë
Supposons une image du Soleil de 2 centimètres de diamètre (20000 y), ce qui exige. une lunette de plus de 2 mêtrés de distance focale Supposons la distance des centres des images astrales circulaires mesurée à 1 micron près. - j
Posons enfin que le déplacement de la corde résultant dela parallaxe est de 1/80 du disque solaire (250 y). Dans ces conditions vous pouvez espérer obtenir la parallaxe à 4 : 250 près. Si sa valeur vraie est 8”,80, les résultats oscilleront vraisemblablement entre 3”,18 et 8”,82.
Mais, ajoute Le Verrier comme conclusion de la discussion de 9000 mesures de diamètres solaires, & n'y a pas de diamètre solaire - bien déterminé. |
À quoi les autres membres de la Commission répondent qu'il faut bien faire comme les autres nations et qu'on verra après coup: ce que vaul le résultat. |
2° — Fizeau et Cornu défendaient la photographie (plus exactement la daguerréotypie sur glace argentée: on avait proscrit le collodion pour cet emploi particulier; les plaques sèches n'étaient pas mventées). Ils n'eurent pas de peine à démontrer qu'en admettant ce qu'il leur plaisait d'admettre, on obtiendrait avec précision la distance des centres des disques. et la somme de leurs rayons, par des mesures micrométriques effectuées sur l'épreuve photographique.
Voici leur raisonnement.
Posons qu'en raison du flou de l'image du bord lumineux du Soleil ou du bord de Vénus, on commette une erreur o constante (indépendante de la courbure du trait qu’on repère). Au lieu de faire tangenter le fil de micromètre en F et en F’, on l'amènera en f et en f’ (fig. 196) : en vertu de l'hypothèse, la moyenne donnera tout de même la position exacte du centre, que # soit positif ou négatif. à
On a donc exactement la distance des centres des disques.
Faisons © positif. Le disque solaire lumineux sur fond obscur est évalué par excès; l'erreur est 2. Le disque de Vénus obscur sur fond lumineux est évalué par défaut : l'erreur est 29. Il y a compensation dans la sômme des diamètres, qui est donc exactément connue.
Or les tables du Soleil et de Vénus donnent très exactement les valeurs relatives simultanées des diamètres de ces astres. Donc on peut calculer le rapport < : 3 de la distance des centres « au rayon à du disque solaire qui entre dans les formules. cie)
Mais outre que l'hypothèse de la constance de l'erreur o est purement gratuite, les images sont déformées par des ondulations: la photographie enregistrera done un état plus ou moins déformé. Assurément on pourra mesurer le cliché tout à son aise; mais le bel avan-
tage dé déterminer avec précision quelque chose de théoriquement mal défini! 3 3° — Quoi qu'il en soit, supposons pris un grand nombre de clichés pour des temps suffisamment voisins qu'il n'est pas nécessaire de préciser autrement. Quelques-uns d’entre eux correspondent au minimum de «. De la comparaison de ces minimas pour différents observatoires assez éloignés les uns des autres on déduit la parallaxe.
Dans la Commission de Vénus, on avait longuement discuté sur l'emploi de la photographie pour déterminer les temps d'entrée et de sortie; mais il faut alors que les clichés soient pris à des temps, non seulement voisins, mais connus, ce qui complique beaucoup la technique. | ‘ Enfin on s'était demandé s’il n’était pas possible de repérer l’orientation des clichés. Après discussion on a considéré ce repérage comme trop incertain et trop peu précis.
Je ne perdrai pas l’occasion de faire l'éducation de mon lecteur, Je trancris-donc une phrase cueillie dans l'Asironomie de Delambre et qui clora fort heureusement ce chapitre ‘’«: Au reste, ces estimations en lieues (de la distance de la Terre au Soleil) sont de simple curiosité; elles n’entrent dans aucun calcul astronomique, et que l’on fasse la parallaxe de 8,5 ou de 8”,7, il imporle assez peu, même dans les recherches les plus délicates, »
Cette phrase mériterait d’être écrite en.leltres d’or. Delambre, qui était fort intelligent, y énonce une vérité de sens commun. Il ne méprise pas la question, mais désire seulement qu’on lui donne son importance réelle qui est de simple curiosité. I] ne veut pas être confondu avec ceux qui semblent officier quand ils prononcent le mot parallaxe.
Le lecteur s'amusera, je l'espère, comme un dieu, en lisant maintenant la phrase suivante par laquelle débute un mémoire de Tisserand :
« La Reste du Soleil est un des éléments les plus IMADeRE de l'Astronomie. »
Décidément nasal manquait d’ esprit de finesse!