Accélération séculaire sidérale
Nous venons de voir qu'elle est de 7”,74 par siècle. Ces pauvres huit secondes ont bien fait. couler un baril d'encre depuis un siècle. Expliquons brièvement les raisons de leur extraordinaire importance. 1° — Si les observations anciennes sont suffisamment exactes pour
« donner le moyen mouvement, elles ne le sont pas pour donner l'accélération de ce moyen mouvement. Aussi les astronomes se sont-ils livrés à des discussions sans fin pour savoir ce qu'effectivement on peut tirer des observations des Chaldéens, d'Hipparque, de Ptolémée, des Arabes, et surtout des quelques observations d’éclipses solaires totales qui sont relatées par les historiens grecs ou arabes. Ces dernières sont si vaguement décrites qu’on ne sait ni l’heure, ni la date, mi le lieu exact, ni même si vraiment les éclipses furent totales. A la rigueur il suffirait de savoir qu'elles furent totales et où elles ont eu lieu pour les pouvoir dater; on hésite même sur ces données, tant les documents sont incomplets.
En tous cas, de leur discussion approfondie par Newcomb et Tisserand résulte que rien ne s'oppose à ce qu'on admette pour la Lune une accélération séculaire de 7 ou 8 secondes. Cette réponse négative a été pour les astronomes un vrai soulagement. Sur l'autorité de Baily et d'Airy, on admettait en effet que, pour les représenter, il fallait attribuer à la Lune une accélération séculaire de 12 à 13”, ce du à la vérité était conforme aux Tables de Hansen, les meilleures qu'on eût vers 1850, mais ce qui présentait, comme nous allons le voir, de graves inconvénients.
2° — A cette époque en effet Adams en Angleterre, Delaunay en France reprenaient la construction de tables de la Lune. îls trouvèrent qu'élant donnée la cause du phénomène (la diminution très lente de l'excentricité de l'orbite terrestre), l'accélération séculaire ne pouyait pas être supérieure à 6”,1; ce qui était la moitié du nombre généralement admis.
Ce fut l’occasion d’un duel oratoire épique entre Le Verrier.et Delaunay :ils s'engueulèrent comme des chiffonniers. Je conseille de lire ça dans les Corne rendus pour 1860; c'est du plus énorme bouffon. Delaunay avait parfaitement raison et disait des choses pleines de sens.
. Voici son argumentation, Que les observations anciennes exigent 13” pour l'accélération séculaire, ne prouverait qu'un point : l'existence
d'une cause, encore inconnue, autre que la diminution de l’excentricité de l'orbite terrestre. La cause que nous connaissons, est incapable de produire plus de 6” secondes d'accélération. Les calculs de Delaunay et d'Adams, efféctués par des méthodes différentes, conduisent exactement aux mêmes résultats : il est impossible de douter de leur exactitude. Aussi bien une troisième méthode antérieurement proposée par Poisson fournit elle aussi le même nombre. Au reste, ajoute Delaunay, toute la critique des observations anciennes est à refairt.
Nous avons vu qu'effectivement on ne peut rien en tirer qui soit contraire à l’opinion de Delaunay et Adams. $
Mais Le Verrier considérait comme un ennemi personnel quiconque osait développer en série une fonction perturbatrice! Il apportait dans le débat une mauvaise foi évidente. RUE CAT EME x
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