Etude de la surface lunaire. Photographie
1° — Voici longtemps que sous le nom de Sélénographie, on s'efforce d'étudier les particularités de la surface lunaire; l'emploi de la photo graphie a donné une impulsion nouvelle à ces études os nous tâcherons d'apprécier l'utilité philosophique. 4
Nous savons que le diamètre lunaire vaut 3 473 kilomètres, DOE un | diamètre apparent moyen de 31° 7’ — 1 867”. Au voisinage du centre du disque lunaire, les longueurs superficielles se projettent en vraie gran-.
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4 Nr DONNE
SÉLÉNOGRAPUIE | 549
deur : la seconde d'arc vaut: donc environ 2 kilomètres, plus exacte-
ment 1 860 mètres (un mille marin environ).
Au quart du disque lunaire, la seconde d'arc vaut déjà 2 160 mètres,
: puisqu'on a cos 30° — 0,866. Il est clair qu'au bord du disque la surface
lunaire se projette de champ; une seconde d’are vaut une longueur Rue { considérable.
2° — Faire une carte de la Lune, c’est représenter la Lune suivant
. un des systèmes de projection utilisés pour les cartes géographiques.
C'est par conséquent prendre une sphère de référence, déterminer les ' Zerre
coordonnées géographiques des projections des lieux caractéristiques et représenter ces projections. [l'est naturel de choisir comme axe des coordonnées géographiques l'axe de rotation lunaire (rien n'empêche théoriquement de prendre une droite quelconque passant par le centre de la sphère à représenter) par suite de choisir pour plan fondamental l'équateur lunaire. Le méridien origine (arbitraire comme toujours) sera naturellement le plan qui se projette sur l'axe de rotation dans la position moyenne de la Lune. Chaque point de la Lune sera défini par ses coordonnées. è j Mais ce qui est relativement facile pour la Terre ne l’est pas du tout pour la Lune, d'abord parce que l'axe de rotation et la position moyenne sont assez mal déterminés; ensuite parce qu'il n'existe à la surface de la Lune rien d'aussi précis comme définition que les signaux des géodésiens. Au surplus on est en droit de demander si une telle carte présente une utilité quelconque en dehors de la pure curiosité. En effet les aspects lunaires varient considérablement d’un jour à l'autre en raison de la libration et du changement de l'éclairage. Certes les objets terrestres nous paraissent d'aspects assez différents suivant qu'ils sont éclairés de droite ou de gauche : tout de même leur forme
£ = apparente générale reste inaltérée, tandis que la forme des objets lunaires change du tout au tout.
Or que les cirques ou montagnes lunaires présentent tels ou tels détails, n'a d'intérêt que pour les sélénographes professionnels, en dehors de l'unique quéstion suivante: /a Lune se modifie-t-elle actuellement? |
Cette question revient à cette autre : pour un éclairage déterminé, . l'aspect de la surface lunaire varie-t-il? La réponse n'implique en aucune manière la construction d’une carte au sens géométrique du: mot; elle résulte de Ja reproduction et de la comparaison des aspects, pour des temps très éloignés les uns des autres, la Lune, supposée dans le même état de libration, étant éclairée de la même manière lors des diverses observations.
3° — Évidemment l'emploi de la photographie est un grand progrès : elle fournit sans peine et d’une manière quasi instantanée ce qui exigeait un effort considérable quand il fallait dessiner, opération qui nécessite une interprétation préalable et demande du temps. Le dessinateur ne parvenait même pas à atteindre le but proposé en raison des variations rapides des aspects des objets à reproduire. Ce serait cependant une grande erreur de croire qu'il suffirait de photographier la Lune une seule fois, à un instant connu, le cliché serait-il merveilleusement réussi et de grandes dimensions, pour que la topographie lunaire soit faite, Il faut recommencer pour divers éclairages. Les clichés présentent des changements si considérables qu on reste dans, l'incertitude si ces changements sont apparents ou réels. Aussi bien la photographie de la Lune est le iype des travaux de manœuvre: elle n'exige aucune intelligence et fait la joie des astronomes qui craignent de fatiguer leurs méninges vides.