‹ Atar-GullChapitre 32 sur 59 · I.SJ AT \R-iiri, L · texte numérisé non relu

I.SJ AT \R-iiri, L

aidé à rebâtir sa cafeyrie de vos propres deniers. . . mais faire pendre... hum...

jJKiFRV. — Ah! mon Dieu, avez-vous hi tête dure. Supposez qu'une loi vous dise : a Chaque mulet atteint de la morce (par exemple) , sera détruit^ mais on indemnisera le projjriètaire en lui en eomptatil la râleur ; est-ce que, si vous pouviez faire passer pour morveux un vieux mulet qui croupit à rien faire dans votre écurie, vous ne le feriez pas? préférant avoir deux cents bonnes gourdes bien sonnantes qui vous en rapporteraient quinze ou vingt , à garder un animal infirme qui vous en dépense la moitié sans vous rendre aucun service? Que diable! soyez donc conséquent ; pourquoi ne pas faire pour un nèfjre, ce que vous feriez pour un mulet?

PLUSiEiRS VOIX. — Il a raison , c'est clair comme deux et deux font quatre.

wiL. — Pardieu, je le sais bien, je n'aime pas plus qu'un autre à avoir de l'argent en friche, el puisque Beufrij s'est servi de cette combinaison. . . puisque vous autres ne la désapprouvez pas...

PLisiEiRS VOIX. — Mais au. contraire. .. nous ferions de même.

WIL. — Au fait, je ne vois pas pourquoi je m'amuserais à jeter de l'argent par les fenêtres... Ce qui me retenait, voyez-vous, c'était le respect humain... parce qu'avant tout, on tient à l'opinion de la société, et, quand on est père de famille, quand depuis quarante ans on mène uiu' conduite irréprochable... on n'aime pas à la voir ternir...

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uEii'UV. — .Ii^ n(^ puis mioux fairp qno do tno cilcr pour exemple...

un,. — Je me rends, mon ami, je me rends ; j'tfais un fou ; mais dites-moi , le témoignage de dcu\ blancs suffit-il?

b?:li'RV. — De deux blancs ou de quatre mulâtres... et on vous débarrasse de votre capital improfhictif. .. après quoi, le greffier vous rembourse le pendu en espèces sonnantes.

un,. — Pas plus tard que demain, j'en essaierai... BKL'FRV. — Ah! çà messieurs, c'est assez parler d'affaires ; ces dames doivent s'ennuyer, un verre de madère, et allons les rejoindre dans la galerie... \V il , je vous retiens pour ma partie de trictrac... uiL. — (]'est donc une revanche que vous voulez... vous l'aurez... à vos ordres... mais nous ne jouerons pas tard, car j'ai ma fille un peu souffrante. •' (Us sort eut. )

Cinq jours après cette conversation, le bon homme W'il comptait, en soupirant un peu, dix piles de quaranie gourdes chacune... (Oh! dans ce doux pays les exécutions et les procédures marchent grand train, grâce à la justice coloniale. )

^lais la cabane du vieux Job était déserte... Seulement deux ou trois petits enfants pleuraieni assis à la porte, car le pauvre vieux Job, qui ne pouvait plus travailler, aimait à s'asseoir au soleil cl à laire des jouets m bois de palmier pour Ions les négrillons de son voisinage... qui sautaient de joie

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et battaient des mains à son approclie... en criant : tt Voilà le père Job... lié! bon Job?..)'

Aussi ils pleuraient le vieux nègre, dont le cadavre se balançait, accroché au gibet de la savane , et qui ainsi ne coûtait plus rien à son maître.

Le lendemain de l'exécution, il était nuit, mais une nuit des tropiques, une belle nuit claire et transparente, inondée de la molle clarté de la lune.

Les noirs s'étaient agenouillés au dernier coup de cloche, car ^I. W'il, sa femme et sa fdle leur avaient donné l'exemple, en commençant la prière commune ù haute voix.

Et c'était un grand et noble spectacle que de voir le maître et l'esclave égaux devant le Créateur, se courbant ensemble , prier de la même prière sous la voûte azurée du firmament , toute étincelanle du feu des étoiles.

Autour d'eux... pas le plus léger bruit... on n'en- (endait que la voix grave et sonore du colon, et par instants le timbre pur et argentin de celle de Jenny, qui répétait une phrase sainte avec sa mère.

Les palmiers agitaient en silence leurs grandes feuilles vernissées, et les fleurs du caféyer, s'ouvrant •X la fraîcheur de la nuit, répandaient une senteur délicieuse.

Après la prière, les nègres allèrent se reposer ou errer dans les savanes, car on leur accordait cette permission.

Atar-Ciull ne pouvait dormir la nuit lui...

Oh ! la nuit il aimait à errer seul , c'était l'unique

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