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CHAPITRE II

LES EJIPOISO.VNEURS ^

C'est là que soiil les angoisses toujours nouvelles qui se multiplienl jusqu'à ce que leur nombre même endurcisse l'Iiommc qui voit l'agonie sous tant de formes diverses. — Ici, l'un jjéniit; là, un autre se roule dans la poussière , et un Iroisiùmc tourne dans leur orbite ses yeux d'une (enie blanelieur.

Hvuov. — Don .litnu, cli. viii, liv. xiii.

Oh ! dans ce monde augusie où rien n'est cpbénière, Dans ces ilols de bonbcur«que ne trouble aucun fiel, Enfant , loin du sourire et des pleurs de ta mère, X'es-tn pas orphelin au ciel ?

Victor Higo. — Ode xvi.

Il ctiiil nuit, ou n'entendait que le bruissement des longues flèches des palmiers balancés par la

ï II existait encore eu 18-22 , dans loules les .Antilles françaises et anglaises, la sccle des empoisonneurs : celle espèce de tribunal secrel, composé de nègres marrons, s'assemblait à époques fixes dans des retraites inaccessibles, connues seulement des esclaves de l'ilc.

Là, chaque noir apporlail son sujet de plainte, déduisait ses motifs de vengeance, el, après avoir prèle le serment nécessaire, on lui donnait le poison doul il pnuv.iit avoir besoiu pour (li'lruirc les bestiaux ou les blancs.

Les derniers empoisonneurs furent suppliciés à la (îuadeloupc en 1823. Les détails (|u'on va lire, tels alfieuv qu'ils soient, sont en partie i;\lrails des procès-verbaux , révélations ou actes d'accusations déposés au greffe de Sainl-Pierre (Martinique).

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brise du soir, les cris aigus des anolis ou le chant plaintif des ramiers et des jerrys.

Atar-(jull gravissait péniblement les rochers à pic qui i'orment la base de la Soufrière, montagne située vers le nord-ouest de la Jamaïque.

Tantôt ii s'accrochait aux lianes qui flottaient sur les masses de granit rouge ; tantôt , à l'aide d'un bàlon ferré dont il se servait avec une adi-esse singulière , il s'élançait d'un quartier de roche à un autre, et vous auriez pâli de le voir suspendu audessus de ces précipices sans fond.

Ine fois, épuisé de fatigue, glissant sur la pente rapide d'un ravin, cherchant un point d'appui et croyant voir se balancer près de lui un de ces beaux cactus aux fleurs rouges et bleues, il le saisit haletant... mais tout à coup il rejette avec hoiTCur ce corps froid et visqueux. .. c'était un long serpent qui se jouait au clair de lune.

Atar-Gull roule alors et bondit sur la roche, mais dans sa chute il rencontre une larqe touffe de ra- (juettes fortes et épaisses , s'y cramponne, aperçoit nu sentier à dix pieds au-dessous de lui, se laisse glisser, tombe, et reconnaît un chemin qui devait le mener plus directement au sommet de la montagne. Enfin, après des efforts inouïs, Atar-Gull, meurtri, sanglant, arriva.

Elle était, dans cet endroit, couverte de palmiers , d'aloès , de bananiers qui n'avaient pas encore été mutilés par le fer, et dont la végétation Ibrte et vigoureuse était si serrée que le nègre n'au-

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