‹ Atar-GullChapitre 56 sur 59 · I.K PKI \ \)K \ KKTl. 27;i · texte numérisé non relu

I.K PKI \ \)K \ KKTl. 27;i

point peuvont allor la rocorinaissaiifp ol raffrction fhoz (1r lois lioinnif's.

1) A peiiio le bon et (lifjiic médecin, qui proditjnail au mourant les soins les plus désintéressés, eùt-il annoncé au fidèle serviteur la prochaine mort de son maître , que celui-ci , dans un emportement , un délire que les motifs feront pardonner et admirer peutêtre, s'écria : — Je ne veux pas qu'il meure, moi... Je ne tiens à l'existence que par sa vie... et s'il meurt , je te tue. . .

i> Et ces paroles , ces rejçrets énergiques et profonds, empreints de toute l'exaltation fougueuse d'un Africain, retentiront , j'espère , dans le cœur des gens qui , nous le répétons , s'obstinent à regarder les noirs comme une classe à part.

» Mais bientôt, messieurs, toute espérance fut détruite , et le ministre de Dieu vint apporter ses saintes consolations au malheureux... disons plutôt à l'heureux colon , car c'est encore du bonheur, même au milieu des plus cruelles infortunes, que de trouver un ami, un frère, un fils tel (\\î Atar-diil/.

» .Mais voyez, messieurs, combien une àme noble et élevée , sous quelque enveloppe qu'elle soit, à de secrètes affinités avec une religion dont la portée est si haute et si puissante , c'est au nom de notre religion à nous, de la religion du (Ihrist, que ce noir, abjurant son idolâtrie , demande la vie de son maître ! ! !

T) Ah ! messieurs , laissez couler mes larmes, elles sont bien douées, je \nns assure... el ii'\ a-l-il p.is

un plus touchaill , un plus noble tableau que celuici... un pauvre nègre, devinant comme par l'instincl d'uue àme aimante tout ce qu'il y a de consolation et d'espérance dans une religion qu'il ignore pourtant, mais dont l'idée confuse vient apparaître à son esprit comme ces saintes et mystiques visions qui venaient soudain éclairer nos Pères de l'Eglise.

» Enfin, messieurs, comme pour compléter, pour clore dignement cette vie tout entière consacrée au dévouement pour son semblable , Atar-Gull , instruit dans notr<? religion, s'est fait baptiser, et nous comptons un chrétien de plus.

» Ce qui a décidé , messieurs , la commission à attirer sur cet homme estimable les regards et la reconnaissance de la société , c'est cette grandeur d'âme, cette élévation de caractère qui ont été assez puissantes chez Atar-Gull pour faire surmonter toute haine primitive.

Ti Oui , messieurs , car chez un de nos concitoyens, élevé dans nos mœurs, dans nos habitudes, dans nos lois, une pareille conduite serait déjà digne des plus grands éloges , digne des plus hautes recompenses,

7! A quelle hauteur sera-t-elle donc élevée , cette action , messieurs , quand vous songerez que cet homme à demi sauvage , livré à toute l'impétuosité de ses passions , sans instruction , sans croyance , sans frein , a oublié l'affreuse distance que le fouet et la cruauté des colons avaient mise entre lui et un blanc, pour se vouer corps et àme au service de

ce hlaiu- et lui proiner une aCicclioii loiilr filiale !

p Alors, messieurs , jo le crois, lous ne pouvez que ratifie!' le ju,Qciiient de la comniissiou , et vous écrier avec nous : Si l'àme ;]énéreuse de M. de Montyon prend eiîcoi'e quelque connaissance de ce qui se lait sur la terre, elle doit être heureuse et satisfaite , car nous avons eu le bonheur de concilier les deux idées qui l'occupèrent pendant toute sa vie , et auxquelles en mourant il a consacré toute sa fortune :

» Faire du bien aux infortunés et exciter à leur en faire tous ceux qui en ont la possibilité. (App/aitdissements j)rolongés. )

•n II nous reste , messieurs , à faire connaître les pièces justificatives qui seront déposées au secrétariat de l'Institut :

» 1° Le testament olographe de M. W'il, qui, par les clauses les plus flatteuses, institue Atar-Clnll lé- £(ataire universel du peu qu'il possédait ;

» 2** L'acte d'affranchissement du nègre, apostille Longuement par le gouverneur de la Jamaùjuc , qui rend un éclatant hommage aux excellentes et nobles qualités d'Afar-dull , et cite les faits honorables qui lui ont mérité cette faveur ;

i> 5° Un certificat du commandant de la frégate anglaise/^ (Ifunhrinn^ qui a ramené en Europe le colon et son fidèle esclave; lequel certificat, signé de tout l'élat-major, contient les plus grands éloges siu" l'admirable conduite du nègre pour le colon;

VLne demande signée par les locataires qui ha-

Page 1