G ATAR-CII.L
l)il('nt la maison où élait loj^é AI. U'il , et appuyée des attestations des principaux habitants d\] quartier, qui affirmenl que la conduite d'Atar-Guîl a été parfaite et dévouée, et qui s'intéressent tous à ce qu'elle ne reste pas sans récompense ;
5) 5° Des notes particulières remises par le médecin qui a soigné AI. W'il dans sa dernière maladie, et qui le premier a appelé les regards de l'autorité sur ces faits si honorables pour l'espèce humaine ;
T> 6° Une lettre de AI. Duval, prêtre à Sainte-Geneviève, qui a suivi Atar-Gull dans tous les exercices religieux, et a été édifié de sa conduite admirable et de ses regrets sincères et touchants.
? Voici, messieurs, les titres sur lesquels la commission a basé son jugement. Xous osons croire qu'elle trouvera des approbateurs , et que l'imposante et sainte mission qui nous a été confiée aura été religieusement et consciencieusement remplie aux yeux de tous.
!> D'après ce, le prix de vertu de dix mille francs, fondé par feu AI. de Alontyon , est décerné à Atar- Gull Rernard-Augustin. »
Il est impossible de décrire les transports et l'ivresse que ce long rapport excita dans l'assemblée.
C'était comme un nouveau triomphe que la civilisation remportait sur la barbarie.
Ine quête spontanément faite au profit du bon noir produisit près de deux mille francs , qui furent remis au président, et le soir, dans tout Paris, on ne parlait (|ue d'Atar-(iull ou le bon nègre.
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PendanI toute cette séance, au fond d une obscure travée, masquée par un rideau rouge... un peisonnage sombre et silencieux avait prêté une oreille attentive...
(l'était Atar-Gull.
u Oh ! — pensait-il parfois, — au moins, si ma
victime m'a échappé si je n'ai pu me venger en
détail... que je me venge bien sur cette société tout entière!...
1? Olï ! que c'est pitié pitié de voir ces savants,
ces philanthropes, cette élite de Paris, de leur Paris... du monde... être joués par un misérable esclave, un pauvre nègre, qui a encore le dos tout meurtri des coups de fouet du commandeur...
" Oh! quel rire... pour moi, si je me levais
tout à coup... si je faisais tourner vers moi ces yeux qui pleurent, ces cœurs qui battent, ces bouches qui me louent et m'exaltent...
D Kt si je disais à cette foule attendrie... ce que j'ai dit au planteur Tom U il...
Tî Ce sei-ait , sur leur Dieu! un singulier spectacle
' J'en ai bien envie. ..
D Beaux résultats, sur ma pai-ole. .. — leur diraisje. — L'assassinat, l'hypocrisie et le hlasphème , — sacrés parla religion et la vertu...
« Alais non, fou, fou que je suis... je m'abaisse et je devrais m'élever ; c'est avec orgueil , c'est dressé de toute ma hauteur, le front haut et hcr , que je devrais crier à cette foule :
:>7S A f .îlî-dlLL.
1) Après avoir acheté mon père comme mie bètc (le somme, on a pendu mon père comme voleur, parce qu'il était vieux , qu'il ne pouvait plus payer son pain par son travail...
f) J'avais à venger sa vie et sa mort.
•' Pour un bon fils ,
n VrXGEAXCE est VERTl .
- Or, creusez le mobile de mes actions, pesez ma vie d'esclave, comptez mes tortures , et vous verrez que le prix est bien gagné et bien donné.
>! Je le prends...
1 Père... es-tu satisfait? Attends... Je te rejoins... -^
Kn effet, Atar-Guil mourut bientôt nostalgujue et chrétien.
I 1\ D ATAR-GLLL.