‹ AthalieChapitre 111 sur 130 · SCÈNE VI SALOMITH, LE CHŒUE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI SALOMITH, LE CHŒUE

LE CHŒUR chante.

Partez, enfants d'Aaron, partez.

Jamais plus illustre querelle De vos aïeux n'arma le zèle.

Partez, enfants d'Aaron, partez. 230 C'est votre roi, c'est Dieu pour qui vous combattez.

UNE VOIX, seule.

OÙ sont les traits que tu lances.

1. «Le diadème ceint et ne couvre point : plusieurs cependant ont excusé se couvrir d'un diadème, surtout en poésie. » (Académie.)

Grand Dieu, dans ton juste courroux?

IsT'es-tu plus le Dieu jalouxi*?

N'es-tu plus le Dieu des vengeances? 235

UNE AUTRE

OÙ sont, Dieu de Jacob 2, tes antiques bontés?

Dans l'horreur qui nous environne, N'entends-tu que la voix de nos iniquités?

N'es-tu plus le Dieu qui pardonne?

LE CHŒUR

Oii sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés? 240

UNE VOIX, seule.

C'est à toi que dans cette guerre Les flèches des méchants prétendent s'adresser.

« Faisons, disent-ils, cesser

Les fêtes de Dieu sur la terre.

De son joug importun délivrons les mortels, 245 Massacrons tous ses saints. Een versons ses autels.

Que de son nom, que de sa gloire

Il ne reste plus de mémoire ; Que ni lui, ni son Christ ne régnent plus sur nous^. »

LE CHŒUR

Oii sont les traits que tu lances, . 250

\. Jaloux. Dans Esther, I, 342, on lit déjà : Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux.

Cette épithète de jaloux est tirée de l'Ecriture. Elle exprime bien 1 'idée que Dieu ne peut admettre de partage quelconque dans l'adoration qui lui est due.

2. L'expression Dieu de Jacoh revient souvent dans l'Ecriture.

3. « Le nom de Christ peut s'entendre de Joas qui va recevoir l'onctiôn royale, et du sauveur promis qui portera ce nom. » (P. Mesnabd.)

Grand Dieu, dans ton juste courroux?

N'es-tu plus le Dieu jaloux?

N'es-tu plus le Dieu des vengeances?

UNE VOIX, seule.

Triste reste de nos rois, Chère et dernière fleur d'une tige si belle, Hélas ! sous le couteau d'une mère cruelle Te verrons-nous tomber une seconde fois? Prince aimable, dis -nous si quelque ange, au Contre tes assassins prit soin de te défendre ;

Ou si dans la nuit du tombeau La voix du Dieu vivant a ranimé ta cendre?

UNE AUTRE

D'un père et d'un aïeul contre toi révoltés. Grand Dieu, les attentats lui sont -ils imputés? Est-ce que sans retour ta pitié l'abandonne?

LE CHŒUR

Oii sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés? 266 N'es -tu plus le Dieu qui pardonne?

UNE DES FILLES DU CHŒUR, sans chanter.

Chères sœurs, n'entendez-vous pas Des cruels Tyriens la trompette qui sonne^?

SALOMITH.

J'entends même les cris des barbares soldats,

1. La virgule qui précède au berceau est très importante : elle empêche de faire rapporter à ange ces mots qui sont complément indirect de défendre.

2. « Sonne est superflu : on ne l'entendrait pas si elle ne sonnait. • (AcADiî-.MiP.) — « L'entendre qui sonne, c'est Venienâre sotitit. et il n'y a rien là de redondant. » (Marty-Laveaux.)

berceau^

Et d'horreur j'en frissonne.

Courons, fuyons, retirons-nous^

A l'ombre salutaire Du redoutable sanctuaire.

Ce vers n'a sa rime qu'au premier vers de l'acte V.

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