Connais est ici pour reconnais
3. « Je ne connais point de plus grand coup de théâtre, dit La Harpe ; il réunit la terreur, l'attendrissement, la pompe et la majesté. Cette pièce me semble sous tous les rapports le chef-d'œuvre de l'esprit humain. »
Ciel !
Perfide !
JOAD
Vois-tu CBtte Juive fidèle, Dont tu sais bien qu'alors il suçait la mamelle? 215 Il fut par Josabet à ta rage enlevé; Ce temple le reçut, et Dieu l'a conservé. Des trésors de David voilà ce qui me reste.
Ta fourbe à cet enfant, traître, sera funeste,
D'un fantôme odieux, soldats, délivrez-moi. 220
JOAD
Soldats du Dieu vivant, défendez votre roi.
(Ici, le fond du théâtre s'ouvre. On voit le dedans du temple, et le? lévites armés sortent de tous côtés sur la scène.)
Oîi suis-je? O trahison ! ô reine infortunée ! D'armes et d'ennemis je suis environnée.
JOAD
Tes yeux clierclient en vain, tu ne peux échapper,
Et Dieu de toutes parts a su t'envelopper. 225
1. « Athalie entendit le bruit du peuple qui accourait : et, entrant parmi la foule dans le temple du Seigneur, elle vit le roi assis sur son trône, suivant la coutume, et les chantres et les trompettes auprès de lui, et tout le peuple dans la réjouissance et sonnant de la trompette. Alors elle déchira ses vêtements, et elle s'écria : Trahison 1 trahison I (Rois, IV, xi, 13, 24.)
ABNER
ATHALIE, à Joad.
Ce Dieu que tu bravais en nos mains t'a livrée ; Eends-lui compte du sang dont tu t'es enivrée^
Quoi? la peur a glacé mes indignes soldats?
Lâclie Abner, dans quel piège as-tu conduit mes pas^ !
ABNER
Eeine, Dieu m'est témoin...
Laisse là ton Dieu, traître, 230
Et venge-moi.
ABNER, se jetant aux pieds de Joas.
Sur qui? Sur Joas ! sur mon maître?
Lui Joas? lui ton roi? Songez, méchant, songez Que mes armes encor vous tiennent assiégés. J'entends à haute voix tout mon camp qui m'appelle. On vient à mon secours. Tremblez^, troupe rebelle. 235