Remarquez l'antithèse de faibles et de puissants
8. « Seigneur, confondez, je vous prie, Architophel dans ses conseils. » (Rois, II, XV, 31.)
« Nous avons vu la prière de Josabet, douce et touchante, pleine du sentiment le plus tendre, et terminée par un trait de dévouement héroïque ; celle du grand-prêtre est mâle, ferme, courageuse, pleine de grandeur et d'énergie. Cette prière de douze vers semble ne former qu'une seule période, dont les divers membres, dépendant l'un de l'autre, s'attirent, s'entraînent, se succèdent avec rapidité et forment l'ensemble le plus harmonieux. » (Geoffroy.)
De la chute des rois funeste avant -coureur. L'heure me presse ; adieu^. Des plus saintes familles Votre fils et sa sœur vous amènent les filles ^ 295
SCÈISTE III
JOSABET, ZACHAEIE, SALOMITH, LE CHŒUE
JOSABET.
Cher Zacharie, allez, ne vous arrêtez pas ;
De votre auguste père accompagnez les pas^.
O filles de Lévi, troupe jeune et fidèle,
Que déjà le Seigneur embrase de son zèle*, 300
Qui venez si souvent partager mes soupirs^,
Enfants, ma seule joie en mes longs déplaisirs^,
1. Adieu est une locution elliptique pour r je vous recommande à Dieu, soyez à Dieu.
2. Amener est dérivé de mener qui vient du bas-latin minare, lequel, dans Apulée, signifie conduire (un animal).
« On s'est étonné que Racine ait introduit dans les parois du temple/ et comme y résidant, une troupe de jeunes filles ; on a pensé qu'il avait songé plutôt à l'institution de Saint-Cyr qu'au sanctuaire de Jérusalem. C'est une erreur. Les chants sacrés exécutés par les femmes d'Israël étaient dans les mœurs de la nation, comme on le voit par les exemples du retour de Jephté {Juges, XI, 34), et de David après une victoire {livre I des Rois, XVIII, 6). « (A. Coquerel.)
3. Accompagner est dérivé de compagne, féminin de l'ancien français compaing (compagnon) ; compaing venait du bas-latin cumpanis (qui mange son pain avec).
4. Déjà, ancien, desjà, mot formé de dès et de jà ; dès venait de de ipso, et jà de jam. Embraser, verbe dérivé de braise, mot d'origine germanique, du vieil-allemand bras, feu.
5. Souvent vient du latin subinde, ensuite, successivement, et parfois souvent.
6. Joie vient de gaudia, pluriel de gaudium ; le d médial étant tombé,
Ces festons dans vos mains, et ces fleurs sur vos têtes,
Autrefois convenaient à nos pompeuses fêtes.
Mais, hélas ! en ce temps d'opprobre et de douleur, 305
Quelle offrande sied mieux que celle de nos pleurs^?
J'entends déjà, j'entends la trompette sacrée^,
Et du temple bientôt on permettra l'entrée.
Tandis que je me vais préparer à marcher^,
Chantez, louez le Dieu que vous venez chercher. 31 0