‹ Athanase Coquerel filsChapitre 20 sur 21 · III. A Monsieur le pasteur Ath. Coquerel fils · texte numérisé non relu

III. A Monsieur le pasteur Ath. Coquerel fils

Paris, 17 octobre 1870.

Mon cher ami,

Je m'empresse de vous communiquer la demande que

j'ai eu à cœur d'adresser au ministre des cultes et la ré ponse que je suis heureux d'en recevoir. En même temps, je viens vous supplier de reprendre auprès de moi la place que vous y avez si longtemps, si dignement remplie et que des circonstances, sur lesquelles il me serait douloureux de revenir,vous avaient fait perdre, au grand détriment de la paix et de la prospérité de notre malheureuse Église. Aujourd'hui que toutes les âmes se rapprochent et s'unissent contre l'ennemi commun, combien je suis reconnaissant envers l'éminent et illustre ministre de l'instruction publique et des cultes, de ce qu'il veut bien m'autoriser à prendre un suffragant de mon choix, et me permettre ainsi, par l'appel que je vous adresse, de réunir toutes les forces dont notre chère et bien-aimée église a besoin pour la défense commune de l'Évangile et de la liberté. Aussi, combien serais-je désolé qu'un refus de votre part vînt m'obliger à chercher un autre appui à mes forces déclinantes, et combien en seraient affligés également tous ceux qui connaissent comme moi la puissance de votre parole, ainsi que l'activité de votre zèle et de votre dévouement.

Acceptez donc, mon cher ami. résolument et joyeusement la tache que je vous offre, j'allais dire que je vous impose. De tous les humbles services qu'il m'aura été donné de rendre à l'Église de notre naissance et de notre prédilection, j'estimerai celui-ci le moins indigne de son souvenir. Je vais même jusques à espérer que nos adversaires d'autrefois, si leur conscience ne leur a pas permis de prendre directement eux-mêmes la responsabilité de votre retour au milieu de nous, ne me sauront pas mauvais gré de l'avoir obtenu, et qu'animés des mêmes sentiments d'union et de concorde, ils se joindront à moi, quand le moment sera venu de demander au Conseil presbytéral la ratification de la mesure que j'ai cru devoir réclamer de la seule autorité compétente pour me l'accorder aujourd'hui.

Il va sans dire que je n'ai pas manqué de faire connaître à M. le ministre mon intention positive de vous adresser cet appel.

Encore une fois, mon cher ami, répondez-y selon mon vif désir et le vif désir, soyez-en sûr, de milliers et de milliers de fidèles.

A Dieu ! et que ce Dieu de justice et de paix fasse bientôt descendre toutes ses bénédictions sur notre pays, sur notre Église et sur nos âmes !

Votre tout dévoué, Martin-Paschoud, pasteur.

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