THÈBES
suivantes au Ve et ive siècle. L’art de ces temps troublés profite des accalmies intermittentes et reste foncièrement national et traditionnel, mais c’est une imitation souvent fade, énervée, à force de fondu, de poli; la grâce et l’élégance thébaines sont outrées. C’est ainsi que l’art saïte, comme tout art sénile, retourne à sa source et reprend l’art archaïque de l’ancien Empire, mais en amollissant son accent et son effet par une souplesse de modelé qui va jusqu’au vide. La sculpture ptolémaïque continue ces pratiques, mais cette époque produit en architecture des œuvres remarquables, les temples d’Edfou, de Denderah 34, de Philœ 35, le gracieux temple d’Élephantine disparu, et le Sérapéum où la raison grecque paraît avoir influé sur la routine égyptienne. Les Romains vainqueurs ne firent de l’art égyptien qu’une contrefaçon propre à piquer la curiosité blasée des snobs qui visitaient leurs villas. L’art colossal de la pieuse Égypte réduit au rôle de bibelot31 ! ce fut le coup de pied de l’âne au lion agonisant.
L’Art Chaldéo-Assyrien.
L’Égypte, comme le soleil son dieu, avait accompli son cycle lumineux ; désormais l’obscurité et la stérilité l’envahiront. Mais, avant de disparaître, ses rayons avaient fécondé au loin d’autres contrées, et c’est en Asie où nous devons nous transporter pour en apprécier les effets.
La diffusion de la civilisation d’un peuple arrivé à son apogée et, par suite, de l’art qui en est la fleur, se fait par la voie de ses conquêtes guerrières. Les conquérants sont de grands semeurs de progrès. Les armes victorieuses des Thoutmés, des Séti, des Ramsès qui posaient les bornes de leur empire où ils voulaient, soumirent à leur domination toute l’Asie, de l’Inde et des plateaux de l’Iran à la mer Egée. La Basse Chaldée, l’Assyrie, l’Asie Mineure, sans doute en vertu d 'affinités préhistoriques, s’approprièrent, plus que les autres peuples conquis, les dons de la civilisation qu’ils leur apportaient en échange de leur liberté, mais c’est surtout sur les bords de l’Euphrate inférieur où la précieuse semence trouva d’abord un terrain mieux préparé pour y germer.
Déj à, en effet, et très antérieurement à ces événements arrivés au xvie siècle avant notre ère, il paraît qu’une civilisation et un art assez avancés s’étaient manifestés dans la Basse Chaldée et dans l’Elam, sur les bords du golfe Persique, comme l’attestent la stèle du roi Na-