‹ Athéna, histoire générale des beaux-arts (volume 2)Chapitre 6 sur 14 · TEMPS ANCIENS. ■ — LES PERSES · texte numérisé non relu

TEMPS ANCIENS. ■ — LES PERSES

Mèdes de l’état pastoral, les Perses n’avaient point d’art et, dans leur empressement de manifester leur magnificence et l’éclat de leur gloire, ils empruntèrent, aux divers peuples qu’ils avaient subjugués, leurs formes artistiques pour en faire un amalgame dénué certainement d’originalité mais non de goût, où naturellement l’art assyrien domine. Plus tard, à la suite de la conquête de l’Egypte, ils le modifièrent par l’influence égyptienne et même par certaines réminis-

Fig. 50. — Frise des Archers.

cences helléniques grâce à leur contact, en Asie Mineure, avec l’art ionien. Ce que ces fouilles nous ont procuré de plus parfait, la Frise des Archers50, est une. imitation de la frise émaillée de Khorsabad, avec cette différence que les briques émaillées formant les figures ont été estampées pour leur donner une légère saillie de bas-relief qui accentue heureusement leur dessin et leurs colorations sur le plat du fond, et affermit ainsi l’effet de l’ensemble. Mais l’imagination fait absolument défaut aux artistes iraniens; ils ne se lassent pas de répéter invariablement les mêmes figures, les mêmes ajustements et les mêmes

ATHÉNA

mouvements, se contentant d’être en avance sur les Assyriens par une exécution à la fois plus sensible et plus savante. Malheureusement le nu, si rarement apparent chez les Assyriens, est ici absolument caché parla draperie. Nous ne connaissons rien jusqu’ici de leur statuaire et de leur peinture.

Les Perses possédaient des carrières de marbre et d’albâtre ; leurs architectes reprennent la colonne et s’ingénient à construire des salles hvpostvles à l’imi-

(A. G., Phot.)

Fig. 50 bis. — Taureau ailé (frise des Archers).

tation des Égyptiens. Nous savons, par Diodore de Sicile, que la construction des palais de Suze et de Persépolis fut conduite par des ouvriers que Cambyse avait envoyés d’Égvpte. Pas plus que la colonne égyptienne, la colonne iranienne n’est soumise à la règle et ne relève d’aucun ordre; ce n’est encore qu’un support parfois démesuré, au point de donner à sa hauteur treize fois le diamètre de sa base. Elle est couronnée par un chapiteau campaniforme, souvenir égyptien, ou par un chapiteau à volutes retournées, perversion ionienne, ou par cet étrange chapiteau bicéphale composé de deux avant-corps de taureaux51 opposés et

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