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60. — 1. Griffon assyrien. — 2. Griffon phénicien. — 3 et 4. Griffons grecs.
temps anciens. — e’art grec 105
tion pittoresque à perfectionner librement, en ne leur attribuant d’ailleurs aucun des traits de leur sens symbolique originel. C’est à cette importation passagère de l’art gréco-asiatique qu’il convient d’assigner un certain nombre d’objets en ivoire sculpté61, des vases et des coupes, découverts à Spata, près d’Athènes, où certains motifs assyriens se trouvent reproduits dans un goût nouveau, plutôt qu’au commerce phénicien qui depuis longtemps ne pénétrait plus dans la mer Égée.
Naturellement, le réveil se manifesta d’abord dans les idées ; le lyrisme est la première forme de l’Art.
Les hommes des temps génésiaques, surtout les Grecs, doués d’une imagination vive, sont hantés par le merveilleux et la poésie épique répond à leurs instincts intellectuels. Les Aèdes ou Rhapsodes, comme les Trouvères du moyen âge, sont les prêtres de ces jeunes sociétés : on croit qu’un dieu parle par leur bouche. Dépositaires des traditions nationales, ils savent donner la vie aux choses légendaires du passé et un corps aux vagues idées par les détails de la vie présente. Homère, le plus grand de tous, évoque les actions hyperboliques et les caractères surhumains des chefs achéens aux temps héroïques, dans un milieu qui est celui de son temps ; les palais des rois sont tout resplendissants, « comme le soleil et la lune », des plaques de bronze qui recouvrent le bois et l’appareil de pierres mal équarries encore, dont ils sont bâtis. Une vaste cour ou pronaos, entourée de portiques, les précède et un péristyle en orne le seuil. Les peuples enfants aiment ce qui brille ; le métal cachait la pauvreté de la matière et de la forme. Il n’y a pas encore d’architecture proprement dite et les colonnes ne sont que des poteaux, pas plus qu’il n’y
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ATHENA
Fig. 62. — Tête de la Pénélope Borghèse.
a de statuaire, encore moins de peinture. Les Grecs, même pour les arts industriels, restent encore tributaires de l’étranger , sauf pour le tissage des étoffes, auquel les femmes, même les reines, s’exercent dans le gynécée. Le linceul que tissait Pénélope62 était une vraie tapisserie de haute lisse comme celle de nos Gobelins63, et le métier, sur lequel elle l’exécutait, possédait tous les éléments constitutifs du métier actuel; de là la possibilité de détruire, la nuit, la trame qu’elle avait tissée le jour. Elle savait l’orner de riches colorations, de figures et d’animaux, et sans doute l’épais costume quadrillé 61 des hommes et des femmes figurant dans les vases archaïques pouvant remonter au vme siècle, est de même fabrication. Le travail du métal est très répandu. Les
toreuticiens qui martellent sur l’enclume et cisellent les vases, les plateaux, les coupes d’or et d’argent, les boucliers incrustés et les riches armures, gloire des
FlG. 63. — Pénélope à son métier et Télémaque (vase du Ve siècle) .
royales demeures, art est attribué.
Le fer ne paraît pas avoir été connu au temps d’Homère. 11 va devenir bientôt, entre les mains des Grecs, l’agent le] plus puissant de leur génie,
relèvent d’Héphaïstos à qui tout
Fig. 64. — X,e vieux I.aerte se rendant aux champs (vase grec archaïque).
marchant àpas rapides vers les progrès et la perfection.
Les Ordres.
La constitution des ordres est un des événements les plus considérables de l’histoire de l’Art et certainement une des inventions les plus fécondes et les plus parfaites de l’esprit humain, qui fasse partie intégrante du patrimoine artistique de l’humanité tout entière. A quelle date et par suite de quels tâtonnements cette constitution fut-elle trouvée ? On l’ignore et les monuments qui eussent témoigné des premiers essais ont, depuis longtemps, disparu. Homère ne les connaît pas; les portiques dont il parle ne sont encore formés que de supports ; ce qui le frappe ce sont les plaques d’airain dont les palais sont recouverts. Deux siècles nous séparent encore des temps historiques, siècles obscurs et cependant féconds, où l’embryon prend sa forme adéquate. Ce qui est certain, c’est que les deux ordres fondamentaux xious apparaissent, avec tous leurs caractères constitutifs et typiques, au vne siècle de notre ère. Il est probable qu’ils ont été constitués simultanément : le dorique, dans tous les pays doriens du continent hellénique; l’ionique, plus particulièrement en Asie Mineure
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et dans les Cyclades. Toutefois, les monuments ioniques connus jusqu’à présent sont postérieurs aux temples doriques. On a cru découvrir l’origine des deux ordres dans les monuments égyptiens et assyriens; c’est une grosse erreur; nous avons vu ce qu’il faut penser du prétendu prototype dorique de Beni-Assan. Il est aussi absurde de prétendre que certains chapiteaux66 rudimentaires relevés dans les bas-reliefs ninivites sont le prototype de l’ionique. D’abord, un chapiteau ne fait pas un ordre, et puis les volutes de ces chapiteaux ne
sont autre que des cornes de bélier, emblèmes du dieu Bel ou Baal ; les spirales à bases triangulaires de certains chapiteaux plats cypriotes n’ont aussi rien à voir avec l’esprit de la volute del’ordregrec dont ils ne pourraient être d’ailleurs qu’une contrefaçon. Ce ne sont là que des rapprochements tous d’apparence superficielle et bénévole. Nous sommes donc encore là devant une libre manifestation d’un art bien autochtone. Pour moi, je crois qu’il faut attribuer le principe de la constitution des ordres à la nécessité, où se trouvaient les premiers constructeurs, d’assurer la solidité de la construction en bois, se combinant avec la nécessité, non moins impérieuse pour les Grecs, de produire l’harmonie de l’ensemble. Or, la construction en bois ou par* pénétration, lorsqu’il s’agit d’un temple, c’est-à-dire d’un édifice plus élevé et étendu, plus magnifique que l’habitation humaine, exigeait une plus juste répartition des forces entre les supports verticaux et l’entablement horizontal, surmonté du fronton et du toit qu’ils supportaient. De là, les premiers architectes furent conduits à établir, en vue de l’équilibre et de la proportion, une unité de mesure qui est le principe fondamental de l’ordre. Cette unité de mesure ou module fut naturellement le diamètre de la base des supports ou colonnes,
Fig. 66. — Chapiteaux ninivite et cypriote.
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qui devaient être plus grosses et moins espacées, en proportion de leur hauteur.
Le génie grec est toujours logique; il sait accorder, en une harmonie si parfaite qu’elle en est souvent sublime, les exigences de l’utilité la plus pratique et matérielle avec celles du goût le plus épuré et même raffiné, et si la passion des Grecs pour tout ce qui est clair et rationnel a toujours trouvé en eux, sans effort, amoureusement, sa jonction avec leur passion du Beau, c’est qu’ils ont pénétré, plus que les autres peuples, les lois de la Nature sans jamais s’y substituer. L’invention des ordres et leurs perfectionnements successifs attestent l’admirable rectitude de leur esprit et la bonté souveraine de leur goût.
Un ordre est un ensemble architectural dont le nombre et la forme des parties constituantes sont invariables et dont les rapports sont réglés par une unité de mesure ou de proportion, en vue d’en assurer l’harmonie, la beauté et la stabilité.
On admet communément que les ordres grecs sont au nombre de trois ; à vrai dire, il n’y en a que deux, le troisième, le corinthien, n’étant qu'une variante fleurie de l’ionique, et, comme nous le verrons plus loin, serait un non sens, s’il n’eût été, à l’origine, qu’une fantaisie ingénieuse et charmante.
Tout ordre se compose de deux parties principales : la colonne et l’entablement : un support vertical supportant une travée horizontale : c’est la construction dite en plate-bande. Sur l’entablement s’appuient les rampants de la toiture, encadrant un fronton triangulaire. Les Grecs, dans leur langage imagé, appelaient cette partie supérieure du temple actoma ou aètos, sans doute par analogie avec l’aigle au repos, les ailes demiéployées.
Le temple en marbre reproduisait, dans des proportions plus majestueuses, la forme et la structure des temples primitifs en bois qui étaient celles de la maison grecque et de la tente décrite par Homère, à l’occa-
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sion de celle d’Achille. Cette forme fut donnée, dès les premiers essais, aux constructions en pierre, comme on le voit aux petits temples très archaïques du mont Ocha67 et de Stoura, dans l’ île d’Eubée.
Deux de ces curieuses constructions , pr ob a -
blettnent acheenneS , p1(, petit temple du mont Ocha.
sont couvertes d’un
toit hypœthral, formé de pierres avançant 1 une sur l’autre de chaque côté et laissant une étroite ouverture,
comme une rainure, avant leur dernière rencontre. Après les constructions gigantesques, quant aux blocs superposés, appelées Cyclopéennes ou Pélasgiques 68, le bois fut la première matière docile employée pour la maison et le temple, considéré comme la demeure du dieu fixé parmi les hommes qui en avaient enfin précisé l’idée par la forme et le
Fig. 68. — Ta porte des lions à Tyrinthe. caractère.
La colonne se compose de deux parties au moins et de trois au plus : le fût rarement monolithe et le chapi-
teau pour le dorique, auxquels s’ajoutent une base pour l’ionique eL par suite, le corinthien. Les Grecs, comparant l’extrémité supérieure de la colonne à la tête humaine, 1 appelèrent kephaleïon traduit en capitulum, chapiteau, par les Romains.
L’entablement se divise en trois parties : l’architrave, la frise, et la corniche.
Le fronton est formé d’un tympan triangulaire que surmonte un geison ou corniche semblable à celle de 1 entablement ; son sommet et ses extrémités sont enrichis d’acrotères ou motifs de sujets décoratifs.
L ordre Dorique.
Son nom vient des Doriens qui, s’ils ne l’ont point invente, 1 ont plus particulièrement emplové. Sou caractère robuste, austère, viril et précis, reflète bien celui de cette race rude et sobre; et son aspect est celui de l’immuabilité et de la puissance. Le fût de la colonne à section circulaire porte directement sur le stylobate ou soubassement du temple. Elle présente cette particularité optique d’être renflée légèrement vers le tiers de sa hauteur , c est ce qu’on appelle V entasis , plus accentué dans les monuments archaïques. Autour et dans toute la longueur du fût ou tronc, sont taillés une vingtaine de canneaux peu profonds et parallèles, à arêtes vives ou cannelures que les Grecs appelaient rabdosis, reliees entre elles vers leur extrémité supérieure par une ou plusieurs rainures. La courte section comprise entre
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Fig. 69. — Chapiteaux doriques. i° de Corinthe; 2° du Parthénon.
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ces rainures et les annelets du chapiteau s’appelle le gorgerin, en grec uptrokaleïon. Ces annelets sont à la base de l’échine, espèce de tore circulaire et très évasé qui supporte une plaque carrée appelée tailloir ou abaque 60 ; échine et abaque constituent le chapiteau.
C’est dans la pratique, très usitée aux temps homériques, de revêtir les colonnes en bois mal équarri de plaques de bronze, qu’il faut attribuer l’origine des cannelures. Ces plaques étroites et minces, posées côte à côte, dans toute la longueur du tronc, formant
ainsi des arêtes prismatiques aiguës, étaient retenues en haut par des liens en airain qui passaient dans des rainures, et en bas par une légère et invisible pénétration dans le stylobate.
De même les annelets servaient à fixer l’enveloppe métallique qui protégeait le tampon élastique servant d ’ amortis sement entre le fût et le tailloir recevant l’entablement et figuré en marbre par l’échine. Cette plaque était retenue en haut par un retroussis sous l’abaque, h’entasis même, si nécessaire à l’optique, a dû être produite par le tassement70. D’architrave qui, dans le prototype en bois, relie les supports par une seule travée, est formée de blocs de pierre rectangulaires posés d’axe en axe des colonnes. Sur cette
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travée étaient posées perpendiculairement les poutres selon l’axe ou l’entrecolonnement des colonnes ; l’extrémité de ces poutres en bois est imitée dans la construction en marbre par des surfaces saillantes ornées chacune de trois rainures verticales, deux au milieu et deux demies aux angles, appelées triglyphes. Ces rainures rappellent les plaques métalliques qui protégeaient l’extrémité des poutres en bois, fixées par un bandeau ou ténie de bronze, sous lequel elles étaient rivées par six chevilles, dont les têtes font saillie sur l’architrave et qu’on appelle improprement gouttes. Les intervalles carrés entre les triglyphes sont occupés par des métopes ou plaques de marbre ordinairement sculptées de bas-reliefs fort saillants presque en ronde bosse. Dans la construction ligneuse, quand ces intervalles n’étaient pas laissés vides et ouverts, ils étaient fermés par des plaques de bronze souvent ornées de bas-reliefs au repoussé.
La corniche ou geison, moins large et plus saillante que les deux autres parties de l’entablement qu’elle abritait, comprend une partie principale appelée larmier, soutenue par l’extrémité de solives plates faisant corbeaux, appelés mutules, posées perpendiculairement sur la plate-bande et traversalement entre elles et l’ordonnance des triglyphes. Ces mutules sont ornées de trois rangées de petits cônes tronqués, six par rangées, à tort encore appelées gouttes, étant la représentation des têtes de chevilles servant à fixer primitivement l’appareil ligneux. Le larmier est terminé à sa partie supérieure par la cymaise, sorte de moulure ondée et saillante, protégeant le larmier.
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L'ordre Ionique.
Cet ordre, qui brilla surtout en Asie Mineure, caractérise bien l’esprit léger, élégant et souple de la race ionienne. Il est au dorique ce que la femme est physiquement à l’homme, c’est-à-dire la grâce à la puissance, et tous deux, l’un par l’autre, complètent admirablement le génie grec.
Les particularités typiques, caractéristiques de la colonne ionique, sont la base et le chapiteau71;
quel elle s’adapte au moyen d’un congé. Cette base est composée d’un coussinet ou tore enrichi souvent d’anneaux entrelacés, d’une scotie encadrée de deux listels, d’un nouveau tore plus gros que le premier et d’une plate-bande ou plinthe reposant sur le stylobate; cette plinthe fait parfois défaut comme à Athènes. Ces moulures de la base, par leur horizontalité, contrastent heureusement avec les cannelures de la colonnes dont les arêtes primitivement aiguës ont été ensuite aplaties eu forme de listels. Alors on les a rendues plus creuses et moins larges que dans le dorique, et plus nombreuses, étant ordinairement au nombre de vingt-quatre. Le chapiteau est composé d’une échine peu évasée et très diminuée, enrichie d’oves et d’une abaque inscrite dans un rectangle, d’une forme souple et ondulée, retombant antérieurement sur l’échine en doubles spirales appelées volutes, tandis que sur les faces
Fig. 71. — Chapiteaux ioniques.
elle ne porte pas directe ment sur le stylobate mais par l’intermédiaire d’une base ou piédestal, au-
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latérales elles se replient et forment un coussinet dont l’enroulement est retenu par des ligatures ; au-dessus une plaque rectangulaire ornée d’oves reçoit l’architrave. Entre le chapiteau et le fût cannelé, règne parfois un gorgerin. richement orné de palmettes comme à l’Erechthéion.
On a avancé plusieurs hypothèses pour expliquer cette forme singulière de l’abaque ionique, et, partant du terme kephaleïon, tête, par lequel, comme nous l’avons dit, les Grecs désignaient le chapiteau, particulièrement celui de l’ordre féminin par excellence, on a cru y voir l’imitation du chignon des belles Ioniennes d’Athènes. C’est là vraiment se contenter bien approximativement. Une explication plus sensée est celle qu’en a donnée M. Joigneaux, dans ses Notes posthumes sur l' architecture. Il y voit l'imitation de plusieurs de ces grosses et épaisses étoffes de laine repliées sur elles-mêmes et s’enroulant à leurs extrémités plusieurs fois autour d’une baguette dont ou voit la rondelle des bouts, analogues à celles qui recouvraient les autels72. Les coussinets latéraux du chapiteau, avec, leurs liens servant à fixer cet enroulement, en sont la preuve irréfutable , car ils ne pourraient avoir d’autre raison d’être. Dans le temple ligneux, ces pièces d’épais tissus formant tampon, servaient d’amortissement élastique entre la poussée de l’architrave et le fût «le la colonne.
L’architrave, au lieu d’être uniforme comme dans le dorique, se divise en trois parties ou fasces superposées et avançant légèrement l’une sur l’autre en encorbellement. La frise est continue, sans divisions, ornée souvent d’un bas-relief se déroulant sans interruption ; le larmier, uni comme dans le dorique, n’a pas de mutules, la cymaise qui le termine est ornée d’oves et d’un rang de
Fig. 72. — Autel grec avec sa couverture.
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perles ainsi que le bandeau qu’il recouvre de sa saillie étant à demi creusé en dessous, et la large ténie qui sépare la frise de l’architrave.
L’ordre ionique apparut, dit-on, pour la première fois d’une façon éclatante et monumentale, au temple d’ Artémis à Ephèse, dont les architectes, Khersephon de Cnossos et son fils Métagènes, étaient crétois (580-577). Sa constitution était alors complète et définitive, mais des essais avaient précédé l’édification de ce temple célèbre. On sait que vers la 30e olympiade (656 avant J.-C.) Myron, tyran de Sicyone, avait consacré à Olvmpie un Trésor dont les deux salles étaient, la première dorique et l’autre, sans doute plus petite, ionique. Cette subordination de l’ordre élégant à l’ordre robuste réglait généralement, sur le continent, l’emploi de l’ionique, comme on le voyait air temple d’Epicouros à Bassœ, près de Phigalie, à l’Erechthéion et aux Propylées sur l’Acropole.
Les deux ordres nationaux se développèrent parallèlement dans tous les pays helléniques. Nous pouvons suivre les perfectionnements apportés successivement à l’ordre dorique depuis le plus ancien temple connu, celui de Corinthe69, qui remonte peut-être, à la fin du vme siècle, trapu, massif, épaissi encore par le stuc qui revêtait la colonne mesurant à peine quatre modules ou diamètres de haut, jusqu’au temple de Thésée à Athènes et au Parthénon dont les colonnes ont cinq diamètres et demi, ultime et parfaite proportion. L’entablement avait diminué à mesure que la colonne s’était élancée et la sévère majesté de l’ordre avait reçu sa suprême expression. Le chapiteau par le galbe de l’échine, d’abord très évasée et comprimée, se relève et prend une grande fermeté de contour en même temps qu’il gagne en solidité.
L’ordre ionique, expression du caractère élégant, mobile et libre des Ioniens que les Athéniens ont tant illustré, est plus souple, plus élancé que le dorique qui n’a jamais subi de modifications, sauf dans l’épuration des