DES PÉLERINS, PAS DE VOYAGEURS
avait pas encore de voyageurs’. Or les pélerins, comme pèlerins, se souciaient peu de l'antiquité païenne. Quant aux archéologues, s'ils eussent existé, ils auraient été malvenus à Athènes, on les eût traités
comme des espions véni-
tiens, nul alors n’eût compris qu'un homme de sens se détournât de la route suivie pour venir voir ce qui était déjà pour les 4 À L LU , lurcs, et ce qu'ils n'ont cessé d'ap peler de wieilles pierres.Si donc Athènes figure J d'une ma- = nière con- Athènes en 1466, d'après Bondelmonte.
ventionnelle sur les cartes de Ptolémée, exécutées au
1 Nous avons plusieurs cartes itinéraires des pèlerins qui nous montrent les directions qu’ils suivaient en s’embarquant à Venise, à Marseille, à Gênes, ou en s’avançant à travers l'Italie jusqu’à Naples. Une des plus curieuses et qui mériterait d’être reproduite à cause de ses intéressantes légendes, se voit au British museum (sous le numéro Bibl. Regia, 14, c. VIT). Cet itinéraire part de Londres et va jusqu’à Jérusalem. Les légendes sont toutes en français. Une autre carte itinéraire de Londres à Naples mérite aussi d’être consultée, les légendes sont également en français. (Cotton. Nero, D. 1,
folio 182, b.)
xv'siècleavec un grand luxeet beaucoup d'art !, dans
les Isolario de l'Archipel que Ch.Bondelmonte* avait
1 je n’examinerai pas ici les nombreux manuserits de la géographie de Ptolémée que J'ai étudiés. Je me suis occupé longuement ailleurs (Commentaire sur la Bible) de la formation primitive de ces cartes, et J'ai dit quelques mots des plus
anciennes dans ce qui précède (voir l'ouvrage sur le Parthé-
non). On a abandonné de bonne heure, dans ces atlas, usage
de figurer les villes : on a remplacé les dessins par des points
ronds, et je ne connais aucun manuscrit de Ptolémée, un peu
bien exécuté, dans lequel ait été maintenu ou renouvelé le sys-
tème des vues cavalières, Je m’étonnerais cependant que ce
genre de topographie, si goûté au xv° siècle , n'ait pas été ap-
pliqué à l'ouvrage de Ptolémée, très-en vogue alors.
2 J'ai déjà parlé (voir mon ouvrage sur le Parthénon) de Bondelmonte. Il est, avec Cyriaque d’Ancône et quelques
autres , du nombre des voyageurs curieux qui précèdent et
annoncent exceptionnellement les voyageurs érudits, non le) ?
as qu'il füt savant, qu’il dessinât exactement ou décrivit avec I 4 Ù
fidélité ce qu’il voyait, mais il avait cette curiosité qui re-
garde et se rend compte de ce qu’elle voit, pour en rendre
compte aux autres. Il quitta l'Italie vers 1413, selon quel-
ques-uns avec mission d'acheter des manuscrits grecs, mais
plus probablement pour s'employer comme clerc dans les
établissements chrétiens du Levant. Il était en 1414 à Rhodes,
en 1415 et 16 en Crète. Déjà là il regarde autour de lui, et 1l
fait une description historique de cette île. Le succès de son
ouvrage l’encourage, et, de 1417 à 1421, 1] compose son
Isolario de larchipel grec, ou description de toutes les îles
dont il est formé. Il envoie en 1422 cet ouvrage, fort curieux
alors, au cardinal Orsini, ainsi que le prouve lintitulé :
« Incipit liber insularum archipelagi editus per presbyterum
» Christoferum de Bondemontibus de Florentia que inisit de