LES VÉNITIENS PILLENT ATHÈNES
ni comme Corinthe, ni comme Négrepont, ni comme Scutari, une de ces positions importantes et décisives, qui font un centre dans les opérations militaires et un point notable dans l'histoire générale. La prise d'Athènes, ou plutôt sa surprise, forme un épisode inaperçu dans cette longue guerre composée d'épisodes. Les Vénitiens, partout battus sur terre , s'étaient réfugiés sur leurs vaisseaux et dans quelques forteresses qu'ils pouvaient ravitailler par mer. Encore redoutables derrière ces deux genres de fortifications , ils harcelaient le Turc et dirigeaient sur ses nouvelles conquêtes des tentatives hardies. Athènes eut son jour. C'était en juillet 1464". Les Vénitiens savaient son château bien gardé, bien approvisionné, et, sans songer à faire le siége d’une place située au milieu des terres ennemies, ils abordent au Pirée , s'élancent sur la ville à peine fermée, surprennent les Turcs et les Grecs, pillent les uns et les autres, enlèvent tout ce qu'ils trouvent de
précieux, J'entends l'or et l'argent, et retournent sur
leurs vaisseaux , ni plus glorieux, ni plus scrupuleux
1 J. P. Fallmerayer, dans sa Geschichte der Halbinsel Morea während des Mittelalters (Stuttgart, 8°, 1836), place les événements de cette guerre et la prise d'Athènes à l’année 1466, sans donner les raisons ou les autorités qui le font dévier de l'ouvrage de M. de Hammer, qu'il suit sur tous les autres points. Il n’y a donc pas lieu de s'arrêter à cette di-
vergence.