LES LIBRAIRES DE LYON
rables trouvées en Grèce *. L’excellent homme avait été au mont Athos, il avait vu plusieurs villes de la Macédoine; mais, n'ayant pas visité Athènes, il ne se crut pas autorisé à en parler, et c’est grand dommage qu'il n'ait pas monté à l'Acropole, il nous aurait donné quelques figures intéressantes de ses monuments, ne fussent-elles pas plus fidèles que sa grande vue du mont Sinaï.
Quelques années plus tard , en 1564, Antoine du Pinet, poussé par l’activité des libraires de Lyon, consentit à commenter les recueils de gravures en bois qu'on publiait sans relâche et sans pouvoir assouvir la soif de curiosité du public. Jean d'Ogerolles intitula son livre Plantz, pourtraitz et descriptions de plusieurs villes et forteresses tant de l'Europe, Asie et Afrique que des Indes et terres neuves. — Le tout mis en ordre, région par région, par Antoine du Pinet *. Au milieu de sa patiente compilation, l'auteur semble pris au dépourvu, lorsqu'il s'agit de parler d'Athènes; les renseignements lui manquent, il leur substitue une phrase : Touchant les villes de terre ferme dependantes de la duché d'Athènes, y a
1 Observations de plusieurs singularités et choses mémorables trouvées en Grèce, Asie, Judée, Egypte, Arabie et autres pays estranges, rédigées en trois livres par Pierre Belon, du Mans. Reveuz de nouveau et augmentées de figures. Paris, 4°,
2 Lyon, folio, 1564.
Enone et le chateau de Setiné, relique de la grande et tant renommée cité d’ Athènes, chef jadis non seulement de toute la Grèce et de la Morée, mais aussi de plusieurs nalions estranges et ayant d’ailleurs esté mère nourrisse de tous ars et disciplines. Et maintenant, 6 Dieu, à n'y a de reste qu'un petit chasteau et une bourgade, qui n'est mesmes asseuré des renards el des loups, ni des autres bestes sauvages. En quoi certes on peut bien voir le jugement de Dieu, d'avoir mis cesle désolation en lieu tant illustre pour le mépris de sa parolle. Car si onques ville fut bien assise et bien policiée, cest-cy l’estoit et néanmoins on n'y voit que ruyne et apparence de lieu désert *.
L'éditeur se contenta de cette phrase et ne donna pas de vue d'Athènes, soit qu'on n’en possédait aucun dessin , soit que, l'importance politique et l'activité commerciale s’en étant retirées, elle n'appartint plus à cette série de villes vivantes dont on publiait des vues. Ces collections étaient fort en vogue alors ?. Je trouve cette représentation d’Athènes sur une carte de Grèce, mais on comprend que Baptiste Palnèse, qui est l’auteur du grand et ma-
2 L'une de ces collections, publiées par Giulio Buttino, Venetis, 1569, contient une vue de Constantinople et n’a rien sur Athènes. Dans une autre collection de 438 vues gravées, que J'ai examinée à la bibliothèque de Saint-Marc et qui est intitulée Raccolla delle piu üllustri et famose città di tutllo il mondo, on n’a rien inséré sur Athènes.