‹ Athènes aux XVe, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 33 sur 89 · M. KRAUS ET SES CORRESPONDANTS. SE · texte numérisé non relu

M. KRAUS ET SES CORRESPONDANTS. SE

Elle n'arma point en vain leurs vaisseaux, elle n'envoya pas inutilement leurs troupes vaillantes et leurs généraux habiles. La bataille de Lépante prouva ce que peuvent l'union et les efforts en commun pour la défense d’une bonne cause. Cette mémorable victoire, si rassurante pour la chrétienté, fut un sujet d'épouvante pour les voyageurs et les négociants, que les paisibles préoccupations de la curiosité ou du trafic appelaient dans ces parages. Des représailles atroces étaient à craindre; mais la paix (mars 1573) vint calmer momentanément l'irritation des musulmans, qui employèrent ce répit à réunir sur une formidable échelle les moyens de prendre une revanche éclatante. Martin

Kraus ! profita de ce moment de calme pour se met-

1 Martin Kraus publia, sous le nom latinisé de Martinus Crusius et sous le titre de Turco-Græcia, en 1584, à Basle >} LÀ L en un fort volume in-folio, tout ce qu'il put réunir de renseignements originaux. [I cite plusieurs lettres de Zygomalas dans lesquelles il est question d'Athènes, mais vaguement et comme d’un motif à phrases banales. Dans une seule (lib. VIF, ep. x), une longue lettre que ce même Théodore Zygomalas cri Constanti », où il occupait la charge de lui écrit de Constantinople, où il occupait la charge de . ‘7, . ? . . a protonotaire de l’église métropolitaine des Grecs, se trouve un passage intéressant que Je transcris ici :

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tre en rapport avec quelques Grecs établis à Constantinople , et entama avec eux une correspondance

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Je traduirai littéralement le grec, en n’y ajoutant qu’un petit nombre de remarques :

Athènes, je l’ai vue souvent, car je suis de Nauplie, ville du Péloponèse, laquelle est située près d'Athènes. Je lai visitée, examinant tout avec attention : l’Aréopage {, ce qui fut jadis les Académies, les écoles d’Aristote ?, le Panthéon % édifice qui l'emporte sur tous les autres édifices, ayant au dehors, sculptées dans toute sa longueur, les histoires des Grecs, et Zygomalas désigne probablement par ce nom le théâtre d’Hérode Atticus, suivant en cela une tradition locale qui a été renversée par Spon.

2 J'ai parlé plus haut de ces prétendues écoles, 3 On lit dans l’ZZisloire de l'empire ottoman de M. de Hammer : Eine Bombe Jlog ins Pulvermagazin des Panthéon, t. VI, p.489 ; je demande pour Zygomalas

les bénéfices des fautes d'impression qu’on ne refusera pas au baron de Hammer ; l'erreur peut être de son fait comme du fait des imprimeurs de Martin Kraus.

D 19. LETTRE DE ZYGOMALAS. D

qui touchait à tous les sujets d'informations, et

dans laquelle l'archéologie eut sa petite place. La

cela, les histoires divines ‘. Et indépendamment du reste, on voit au-dessus de la grande porte ? deux chevaux paraissant vivants et comme avides de se repaître de chair humaine ÿ, lesquels, dit-on, sculpta Praxitèle “. La vie transmise par le génie de l'homme a passé dans la pierre, On y peut encore contempler d’autres choses dignes d’admiration. Je ne parle pas de la colline qui s'élève vis-à-vis, offrant toutes sortes d'herbes médicinales pour tous les besoins, colline que je nomme le jardin d’Adonis $. Je ne parle pas davantage de la salubrité de l’air, de la bonne qualité des eaux et d’autres avantages, d’où il résulte que les Athéniens, bien que devenus barbares , ont naturellement de la mémoire et un idiôme harmonieux. La mélodie variée de leur langage * charme ceux qui les entendent, comme des chants de sirènes. Si Orphée (qui, dit-on, charmait les bêtes féroces et les pierres), ou Terpandre de Méthymne ?, ou Marsyas (qui lutta avec Apollon) les avait entendus, surpassant l’art par leurs dispositions naturelles, ils auraient été étonnés, ils auraient jeté leurs flûtes et brisé leurs pipeaux. Mais pourquoi tant de paroles au souvenir d'Athènes? elle n'offre

1 Les métopes et la frise.

2 Au-dessus de l’entrée de l’église chrétienne, devenue alors une mosquée, c’est-à-dire dans le fronton de la face occidentale. Ces chevaux et le char de Minerve formaient le groupe que Morosini voulut emporter à Venise.

3 Les mots ogvassoneivous sis ayÿgoutuy saoxa sont une réminiscence de l’épigramme 18 d’Apollonidas { Anthol., t. II, p. 136) et font allusion aux chevaux de Diomède.

4 C’est là une grosse erreur, mais qu’on se reporte à la date de cette lettre.

5 Je serais disposé à chercher ce jardin d’Adonis au pied du Lycabette, dans la vallée de l’Ilissus, plutôt que sur les pentes de l'Hymette, qui sont bien arides. Et cependant un passage d’une autre lettre du même Zygomalas (voyez l'ouvrage de Crusius , p. 95) reporte au mont Hymette.

6 Cette mélodie était relative et pouvait paraître telle aux oreilles de Zygomalas. Elle a été remarquée par Spon, t. II, p.253, et par tous les voyageurs.

7 Plutarque et Estienne de Byzance en font un Lesbien, et Suidas un Béotien, Tzetzès est d'accord avec notre auteur.

question suivante, qu'il adressait en 1573 à Théo-

dore Zygomalas, donnera la mesure de ce qu'il

que la peau d’un être jadis vivant *. — De Constantinople, le xv novembre de l’année 1575 depuis la fondation de toutes choses. — Votre ami en toute occasion, Théodose Zygomalas, protonotaire de la grande église de Consiantinople.

La lettre de Siméon Kabasilas d’Arta, c’est-à-dire d’Acarnanie, à Martin Kraus, est insérée au livre VIT, sous le numéro 19, p. 462, de la Turco-Græcia. Elle n’est pas datée, mais le professeur de Tubingue l’a insérée à la suite d’une autre lettre du 20 février 1578, et probablement comme l'ayant recue par la même voie ou par le même courrier. En voici le premier paragraphe, qui seul nous intéresse :

KYPTQ MAPT'INQ T Q KPOYY1I0.

— — Haha piv ro rov AOnvov doru tpimhoxov Av, xat &Tav . , Tv N/ \ Voir c! , / 2. 7 \ \ otxoumevov. Nôv dE, T0 pv ÉcuTepov (ômep AxpoToÀ : ÊV u) XL VAOc 3 / 2 [4 € \ ’ 2 Led : V4 CE o\ To Ayvocte Det) drav T0 povwv ’Iouanlirév oixoûuevoy. To à » \ \ » #\ [4 € \ 2 Le "PT NN 2? / Extoc (ro dvauetaëd pret) ÉAov bo Tüv yprottavév. Toù à éfwrépou (Év @ xaÙ Basiheux di papadpuwv xa xiovwv pLeyioTev : Ep” dv This rUÀ NS ÉTLYÉYEATTOL [LOVOGTIYOV Kat ÉGTL cuVOUEVOY :

AU ele” AOivar, Once À rptv ro).

rpirov oixoumevov. "Ohov dE, èv Écuw of ävhowmot LA ous atv (£ év)a AVÔDEG, Tov äaptÜpLov PAT Ex) d RTù UUAlOV TEPLEYOLLEVOV.

"Ev matotapyetw roù Bubavriou. ŒEvuenv Kabaoihas, 2x mokeus Axapvavias rns EX do.

Je traduirai littéralement. Au Seigneur Martin Krusius : La ville d'Athènes était autrefois divisée en trois parties et

1 Cette comparaison est empruntée à Synesius qui l'appliquait à Athènes au commencement du ve siècle (lettre 125).

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