RECHERCHES DES STATUES ANTIQUES
poursuivant des recherches sur un sol plus fécond. Le goût ou la mode des collections commençait à poindre en Angleterre, une sorte de renaissance un peu tardive sy faisait jour, et chacun voulut, à limitation des villes italiennes, orner ses jardins, ses cours, ses vestibules des chefs-d'œuvre de la sculpture antique. La difficulté d'en trouver en Italie conduisait naturellement à l’idée d'étendre le champ de ces poursuites au delà des mers, en suivant les indications des voyageurs, qui représentaient le sol de la Grèce et de l'Asie Mineure comme jonché d'innombrables débris antiques, qui étaient, à les entendre , autant de chefs-d'œuvre. ,
Une idée, même la plus heureuse et la plus facile à exécuter, devance toujours de beaucoup et reste longtemps à attendre la main qui s'en empare et qui la féconde. L'idée de transplanter la Grèce en Angleterre *, comme l'écrivait Peacham , fut adoptée par le comte d'Arundel vers 1613: Il fut donc
1 Voici le passage emprunté à Peacham. Le Complete Gentleman a été imprimé en 1634 : « I cannot but with much reverence mention the every way Right honourable Tho- » mas Howard, lord high Marshal of England, as great for » his noble patronage of arts and ancient learning, as for » his high birth and place, to whose liberal charges and » magnificence, this angle of the world oweth the first sight » Of Greek and Roman statues, with whose admired pre- » sence he began to honour the gardens and galleries of » Arundel-house about twenty years ago and hath over since » continued to transplant old Greece into England.» P.107.
bien véritablement le premier, non-seulement à collectionner avec méthode, mais aussi à tirer de la Grèce directement les chefs-d'œuvre de la sculpture et les monuments les plus curieux de lépioraphie. Il employait, dans ce but, les agents du souvernement en mission dans le Levant, les grands négociants qui pour leurs affaires naviguaient dans les mers de la Grèce et de l'Asie Mineure, enfin et surtout des agents particuliers, au nombre desquels il faut citer un certain William Petty, chapelain du comte ?, qui se distinguait par son activité et l'adresse avec laquelle il se conciliait l'esprit des habitants. L'exemple du comte d’Arundel fut bientôt imité par des collectionneurs rivaux; citons en particulier un duc de Buckingham, dont l'agent
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n'était rien moins que sir Thomas Roe, ambas-
1 « The person chiefly employed by the earl in these re- » searches was M" Petty. It appears from sir Thomas Roe’s » letters, who had a commission of the like nature from the » duke of Buckingham, that no man was ever better quali- » fied for such an employment than M" Petty. « Fe encoun- » ters, Says sir Thomas Roe all accidents with unwearied » patience, eats with Greeks on their work-days, lies with » firshermen on planks, is all things that may obtain his » ends. » M° Petty, returning with his colection from Samos, » narrowly escaped with his life in a great storm, but lost » all his curiosities and was imprisoned for a spy, but » obtaining his liberty, pursued his researches. » (Walpole, Anecdotes, 1, 293.) Ce William Petty était oncle du fameux
sir William Petty, la souche de la famille Lansdowne.