LES CONSULS A ATHÈNES
ment du XviI' siècle, et par l'envoi des missionnaires à Athènes en 1645. La science devait trouver en eux de dignes interprètes , et dès l'installation des uns et l’arrivée des autres, on sentit dans le lieu de leur résidence une influence favorable à l'étude sérieuse et à la conservation des monuments. Le consul Giraud servait de cicerone à tous les voyageurs !. Très-versé dans les langues grecque et turque, il recueillait les traditions locales et les informations de toutes sortes transmises par les générations. Ce prédécesseur lointain de l'excellent Fauvel devait avoir, avec moins de critique, quelque chose de cette même passion pour les antiquités athéniennes, passion si agréable au voyageur, et qui nous stimula nous-
même au milieu de l'indifférence locale. Spon, un
et intagliato da Marco Boschini Venetiano, al serenissimo prencipe e regal Colleqio di Venetia. On a ajouté au bas de ce même titre pour les exemplaires mis en vente : M.D.C.LI. Con privileqio nelli stati della chiesa e dellarepublica di Venetia.
1 Guillet s'étant permis contre ce brave homme quelques insinuations fâcheuses, Spon s’empressa de le défendre. La vérité entrait dans cette défense pour autant que la rivalité des deux auteurs : « Le consul Giraud est un très-hon- » nête homme, qui ne mérite rien moins que des censures de » cette nature, Il scait le turc, le grec vulgaire et l'italien » aussi bien que le francois et il entend de plus le latin, le » grec littéral, l’histoire, la géographie et les antiquités du » pays. J'espère qu’il nous donnera un jour une description » exacte de la Morée que je vis ébauchée entre ses mains, »
(Voyez t. II, p. 125.)
bon juge, attendait avec impatience la description
détaillée d'Athènes du consul Giraud. Il l'avait vue
dans ses mains à l’état débauche. Il faut dire cepen-
dant qu'il existait entre lui et le sieur Châtaignier,
consul de la Morée pour la France, une rivalité mal-
heureuse. Ce n'est pas un secret, elle dura vinpt
aps, et nos ambassadeurs n'ont pas cru au-dessous
de leur dignité de s'en occuper souvent dans leurs
correspondances. Je n'en embarrasserai pas mon ré-
cit ! : quil suffise de savoir que Giraud , malgré ses
déboires, resta le cicerone des étrangers; que Chà-
taignier, de son côté, comprenant tout l'intérêt des
monuments d'Athènes, s’occupait aussi de leur his-
toire, et qu'ils furent l’un et l’autre utiles aux voya-