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Les missionnaires français ne restèrent pas non
plus indifférents aux antiquités de cette ville; ce
n'était pas leur principale affaire, sans doute, comme
l’'auraient voulu les savants de l'Europe et ses VOya-
geurs, mais c'était un délassement d'autant plus
doux qu'ils s'en faisaient presque un devoir ?. En
1 On trouvera dans le cours de cet ouvrage des mentions
fréquentes de Giraud, qui paraît, au milieu même de ses dis-
grâces, avoir intéressé tout le monde à sa cause. M. d’Otières
intercède pour lui, jusqu’en 1686, près de l’ambassadeur de
France à Constantinople.
2 On ne prendra pas à la lettre la réponse de l’un de ces
missionnaires, sans savoir au préalable dans quelle circon-
stance elle fut faite. Galland, l’orientaliste, se plaignait, eu
1658. LES CAPUCINS A ATHÈNES. 19 effet nos capucins, héritiers ou successeurs des jésuites en 1658", avaient senti qu'ils devaient donner l'exemple de l'estime des arts, la vraie sauve-
garde des monuments. Ils achetèrent, en 1669, sur
l'ancienne voie des trépieds, le monument chorapgi-
que de Lysicrate *. Leur couvent fit à ce chef-
1674, avec tant de vivacité des erreurs que les Pères commettaient dans les questions d’archéologie que lun d’eux crut devoir, pour diminuer leurs torts, lui rappeler le vrai but de leur mission. Voici le passage : « Estant au Levant, » je me suis plaint au PP. capucins que quelques-uns de » leur mission nous en faisoient quelquefois accroire, ou » qu'ils ne se faisoient pas bien entendre sur le fait des an- » tiquités. Mais ils me répondirent fort judicieusement qu’ils » estoient dans leur mission pour en faire les devoirs et » non pas pour perdre le temps à ces sortes d'observations. » (Page 232 de la réponse de Spon à la critique de Guillet.)
1 Les jésuites transportèrent leur mission d'Athènes à Négrepont, « parce qu'ils y ont trouvé plus d'occupation et » qu'il y a plus de Francs qu’à Athènes. » C’est Spon qui le dit, et il ajoute : « Leur hospice étoit presque à l'extrémité de » Ja ville, du coté de la maison de larchevêque. » Tome IF, p. 187, édition de Hollande. Ils n'auraient donc point été chassés par la population, comme Guillet l'avait annoncé, p. 206, en quoi il fut contredit par Spon. (Réponse, p. 311.)
? Le Père Simon en fit l’acquisition, comme citoyen d'Athènes, en 1669, et c’est ce titre que la Commission des monuments historiques de la France, instituée près du ministère de l’intérieur (aujourd’hui d'Etat), invoqua en 1845, à mon retour de la Grèce, pour restaurer un monument qui appartenait encore à la France, qu’elle avait conservé intact aux arts pendant près de deux siècles et qu’elle voulait rendre
en bon état à la Grèce régénérée.
d'œuvre d'élégance un cadre de sa propreté simple ,
de son activité silencieuse, de ses ombrages fleuris , préchant ainsi d'exemple devant toute la commu-
nauté franque ”, dont il ‘ait l'unique maison reli-
gieuse, devant tous les voyageurs auxquels il servait d'abri hospitalier, à quelque nation qu'ils appartinssent, quelque religion qu'ils professassent ?. L’écusson royal de France brillait au-dessus de la porte d'entrée. C'était la noble enseigne de cette pieuse hôtellerie européenne *.
Pour répondre consciencieusement aux questions
des voyageurs, soit sur la destination première de
1 Le Père Babin écrit en 1672 : « Les Francs n’ont à » Athènes que la chapelle des Pères capucins, comme aupa- » ravant ils n’avaient que celle des Pères jésuites. »
? Chandler, Anglais et protestant, disait en 1765 : « We » arrived at the Fr -h convent wich is at this extremity of
the town, infinitely delighted and awed by the majesty of » situation, the solemnity and grandeur of the ruins which » had met us. » (Tome IT, p. 29.)
* Voyez la planche ci-jointe habilement gravée par M. Mérion d’après la charmante estampe de le Roy : Les Ruines des plus beaux monuments de la Grèce. Paris, folio, 1758. À mon premier voyage à Athènes, en 1827, rien de tout cela n’était encore changé. Quant au consul Fauvel, je le vis à Smyrne, en 1826. Il avait alors quitté la Grèce et perdu pour toujours ses plus chères illusions sur les Grecs. Son grand plan en relief était chez lui, et il me démontra Athènes sur ce modèle, oubliant peu à peu ses griefs contre les habitants, et reprenant sa chaleureuse pas-ion de l’archéologie, comme sil se fût retrouvé devant les monuments eux-mêmes.