‹ Athènes aux XVe, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 47 sur 89 · DIFFICULTÉS FAITES AUX VOYAGEURS A ATHÈNES. SD · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS FAITES AUX VOYAGEURS A ATHÈNES. SD

éveillant les soupçons, qu'on n'examinait ses ruines

qu'au risque de la liberté ou même de la vie

; plus

quait manuscrite aux personnes curieuses de ces détails, ma hora finalmente, dit-il dans sa préface , à progressi dell armi cristiane per quelle parte mi hanno indollo a.farlo stampare, en effet elle parut sous ce titre peu régulier : Viagqio e navigatione — nell’ andare, e tornare dell” Arcipelago. In Roma, 4, 1687. C'est plutôt une description des îles de l’Archipel qu'un voyage, et Je doute que l’auteur ait été à Athènes. Voici ce qu’il en dit dans le chapitre VIIT du second livre intitulé : Di Sciro, Negroponte, ed Atene.— Atene hoggi del tutto caduta dell antica sua nobilla ; ne vi è di buono, cheil castello, posseduto, e quardato da’ Turchi. Le reste est pris dans les livres, et, je le répète, l’auteur me semble avoir vu la ville de Minerve des rivages de Syra, où il exercçait une autorité ecclésiastique. Îl nous apprend lui-même qu’il s'opposa au mariage d’un jeune homme d’Athènes, un giovine di Atène, avec une Jeune fille de Syra, parce qu'il suivait le rite, et qui plus est les erreurs des Grecs : « Potendo quella giovane facilmente » casarsi con altri del nostro medesimo rito , e credenza, » page 73. Cet ouvrage est en somme d’un très-faible intérêt, ee

b suivant, à la page 145, à propos des passagers du vaisseau

On lit cependant , et je ne voudrais pas omettre le passa Il s €] Ï Ï

qui ramène Monseigneur à Venise à la fin de 1666 : « Un » ingegniere francese haveva nell Arcipelago delineato tutte » quell isole, come pur Candia, com somma diligenza, e » perfettione; tanto che non vera porticello, nè punta, nè » casale , à villagio che non vi si scorgesse a suo luogo. Si » contento di mostrarmele; ed io ne feci copiare le piu > famose, particolarmente quelle che spectavano alla mia » vista. » J'ignore le nom de ce compatriote.

* M. des Monceaux en fit l’expérience en 1669, ainsi qu’on le verra par l'extrait que je donne ici de son journal de voyage in-

tard on apprit que la guerre, sans s'étendre jusque-

là, avait ruiné comme par contre-coup plusieurs

de ses monuments.

séré par fragments à la suite du Voyage de Corneille le Bruyn, p.350 du tome V de l'édition in-#°en 5 volumes. Rouen, 1725. Je le ferai précéder d’un paragraphe de Pavant-propos : « Monsieur, voici l'extrait d’un voyage de M. des Monceaux, que vous m'avez demandé. Je l’ay fait fort à la hate parce que M. le comte de Bonneval (son neveu), qui avoit prêté le manuscrit, étoit sur son départ. Je ne doute que ce récit ne fut très bien recu du public si la famille de M. des Monceaux le vouloit faire imprimer ; mais, en ce cas, il faudroit rechercher exactement les originaux des plans et des vues qu'il avoit dessignées lui même et qui, vu le gout et l'intelligence de l'architecture dont il a donné partout des preuves dans sa relation, nous feront connaitre un grand nombre de monuments anciens qui sont maintenant absolument ignorés. » L’extrait du voyage commence avec la terre sainte et se termine par l'itinéraire fort curieux suivi dans Ja Morée et qui conduit les voyageurs par Corinthe, Mégare et Eleusis à Athènes. Je transcris le passage suivant dè la page 494 : « Nous descendismes dans la plaine et arrivames à Athènes après avoir traversé une foret d'oliviers d’une lieue. C'était en 1669. Les Francois avoient envoyé du secours à Candie contre les Turcs et, quoyque sous la bannière du pape, le Turc fut si irrité de cette infraction des traitez faits avec lui et de l'affaire des Timins, ou pièces de quatre sols, qu'il y avoit peu de sureté à voyager dans un pays où tout devoit paroitre suspect avec beaucoup de raison ; aussi l’auteur prit le parti de se rembarquer (au Pirée) pour joindre l’armée françoise devant Candie, et il revint avec elle; aussi le reste de son voyage ne contient-1il que

peu de choses intéressantes. » Il est évident qu'il n’en-

1670. NOUVELLE AMBASSADE A CONSTANTINOPLE. 81 Mais la guerre a une fin, et les retours vers les

créations du génie n'en ont pas. La prise de Candie

avait jeté un voile de tristesse sur la chrétienté, la

paix générale qui suivit ranima les espérances d’un meilleur avenir. Le règne de Louis XIV était alors pour les arts et les sciences une ère nouvelle. Diripé par son goût pour le grandiose, ou par les hommes éminents dont il sut s'entourer, le roi de France ne laissait rien d’utile en dehors de son influence, en dehors du cerele d'activité et d'investigation dont il était le centre. Les beautés de l'antiquité ne pouvaient être oubliées ou dédaignées, des voyages scientifiques furent organisés pour rechercher dans le monde entier les monuments des arts, qu'ils fussent con struits, peints, sculptés, gravés ou écrits. On copiait les uns, on surmoulait les autres; ici on dessinait rapidement, là on enlevait tout ce qui pouvait être pris ou acheté. Le roi voulant , dit Perrault dans ses mémoires, que les somptueux édifices qu'il fait construire en France soient en état de servir eux-mêmes

tra même pas dans l’Acropole ; et, en effet, on lit dans une dépêche de M. de Nointel : « Les sieurs Monceaux et Laisné » se retirèrent sans entrer dans le chasteau. » La perte des dessins de M. des Monceaux est très-regrettable ; quant à ceux qu’aurait pu faire M. Laisné, on peut se consoler de ne les avoir pas retrouvés en voyant ses vues d'Angora jointes aux relations envoyées du Levant. Un volume in-#. Bibl. Imp., suppl. fr., n° 1079.

de modèles à la postérité, il a envoyé dans l'Italie,

dans l'Égypte, dans la Grèce , dans la Syrie, dans la

Perse, et enfin par tous les lieux où il reste des marques de la capacité et de la hardiesse des architectes, plusieurs personnes savantes et bien instruites des remarques que l’on peut y faire. Telle était sans doute l'intention, et la meilleure manière de la remplir eût été d'ordonner une étude approfondie des monuments d'Athènes; or, je vois bien des missions scientifiques ordonnées de tout côté, je ne vois pas une mission pour Athènes. La mauvaise volonté des Turcs et leur opposition formelle à tout examen scientifique, qui n'était à leurs yeux qu'une manière de masquer des investigations stratégiques, ont pu empêcher qu'on donnât, qu'on pensat seulement à donner une semblable mission.

A défaut de mission spéciale, notre diplomatie et notre marine reçurent à cette époque une impulsion officielle dans la voie qu'elles avaient ouverte d’ellesmêmes; voici dans quelles circonstances. Louis XIV, considérant l’abaissement de notre commerce en Orient et l'état de décadence et d'abandon dans lequel étaient tombées les échelles du Levant, résolut de changer son ambassadeur à Constantinople et de donner à son successeur des instructions plus étendues. Mais il fallait trouver un homme capable d'apporter assez d'éclat dans sa mission pour relever le prestige

de notre pavillon, et assez d’habileté dans les négo-

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