ANT. GALLAND ACCOMPAGNE M. DE NOINTEL
permettait de contrôler les rapports des drogmans,
de traduire les pièces officielles et les communica-
sultane, là une ruine antique, un jour une cérémonie, un autre jour les tentes du Grand Seigneur, et ainsi sans relâche, suivant les circonstances; enfin des observations, d’un intérêt plus général, sur la position du corps diplomatique à Constantinople, sur les cérémonies des Turcs et les croyances de l'Église grecque. Tout cela est assez éloigné du sujet que Je traite ici, J’extrairai donc seulement un petit nombre de passages qui se rapportent aux acquisitions de M. de Nointel en manuscrits, médailles, pierres gravées, marbres, aux artistes attachés à sa maison ou employés par lui, enfin aux communications qu'il recut d'Athènes.
J'ai compté douze mentions d'achats de manuscrits orientaux pour le compte de M. de Nointel (1672, 10, 11, 14, 15, 21, 31, janvier, 10, 16 février, 11 mars, 22, 30 décembre, 1673, 5 Janvier) et quelques acquisitions de médailles (21 août 1672, 7 octobre, 4 février 1673). Il suffit de renvoyer à ces dates; Je suivrai pour les extraits la marche du journal lui-même : 28 février 1672 : « Le Père Alexis, custode » des capucins (de Constantinople), dit à Son Excellence que » pendant le temps qu’il demeuroit à Athènes, s’estant rendu » amy de l’aga , il estoit entré dans le temple ancien qui sert » à présent de mosquée, lequel reste encore assez entier dans » le lieu qu’on appelloit autrefois Acropolis, et qu’estant » plus long que large, il avoit remarqué dans le fond, en > une pièce de marbre, de laquelle matière tout le temple » est encrousté, deux trous enfoncés médiocrement avant, » lesquels estoient rouges , sans pouvoir deviner d’où procé- » doit ceste rougeur , qu’il avoit fourré la main dedans Pun » et dans l’autre sans avoir senty aucune chaleur, dont une » personne de considération qui y fut après lui disoit s’estre > apperceu , l'opinion des Turcs estant que derrière ce mar-
tions écrites avec autant d’exactitude que de précision, et de donner à M. de Nointel des avis motivés
sur l'intérêt et la valeur des nombreux manuscrits
» bre, il y a de ces lampes perpétuelles qui y bruslent jus- » ques à présent ; qu’il y a d’un costé deux armoires lesquelles » sont ouvertes et de l’autre costé deux qui ne le sont pas et » qu'on ne veut pas ouvrir, parce que c’est une tradition » qu'après que les Turcs se furent rendus maîtres de ceste » ville, ceux qui ouvrirent les autres, devinrent aveugles. » On dit qu’on n’y trouva autre chose que des livres, que le » dehors est environné d’un rang de colonnes éloigné de la » muraille du temple d’un espace assez grand pour que quatre » hommes puissent s’y promener de front. Au reste qu’il y a » de très-belles sculptures en relief et sur le marbre et sur- » tout de grandes figures équestres sur le frontispice qui don- » nent beaucoup d'ornement à cet édifice et qu’on découvre » de fort loing. De plus que sur un lieu élevé dans la mesme » ville il avoit veu comme une espèce de tour (fourre?) voutée » en dôme avec un triomphe (le monument de Philopappus) » de l’empereur Adrien gravé en gros relief sur le marbre. » Au reste qu'en fouissant dedans et aux environs de la ville » on découvroit tous les jours quelques statues ou d’autres » restes d’antiquité, — Mercredi 3 aoust 1672. Le patriarche » Dionysius envoia à M. l'ambassadeur une excommunica- » tion contre quelques Grecs d'Athènes queS. E. lui avoit de- » mandé en faveur d’un capitaine de barque, nommé Brunet, » auquel ils avoient causé de grandes pertes. — Jeudi 10 no- » vembre 1672. Le R. Père René, capucin, estant de retour » d'Athènes , présenta à S. E. une petite figure de marbre, » sans teste, fort bien faite et que Jj'ay jugé estre d’une Vénus »avec un petit masque et une petite teste de femme, I lui
» présenta aussi trois médailles dont il y en avoit deux d’A-
» thènes. Lundy 22 may 1673. M. l'ambassadeur receut