‹ Athènes aux XVe, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 57 sur 89 · M. DE NOINTEL EN VOYAGE · texte numérisé non relu

M. DE NOINTEL EN VOYAGE

LA

» Je partiray sur une fregatte fort ajustée, avec

quarente personnes '

à ma suitte et autant de rameurs , taschant de touttes mes forces de soutenir

avec éclat et magnificence, dans touts les lieux où

je passeray, la dignité dont Votre Majesté m'a

honoré. La Porte même y contribue de son costé, me faisant accompagner, outre mes pianissaires, de deux chiaoux, et m'authorisant d’un commandement pour me faciliter les entrées et un Au nombre de ces quarante personnes se trouvent les deux peintres et Cornelio Magni, qui a écrit une relation du voyage. Celui-ci avait déjà fait une excursion en terre sainte dix ans auparavant. (Voyez son ouvrage, t. [, p. 417-459.) Il pouvait être de bon conseil, et ses relations avec l'Italie, la correspondance qu’il entretenait avec des personnages considérables, assuraient à M. de Nointel une trompette de renomnée qu'il n'était pas homme à dédaigner. Aussi Cornelio, se faisant sans doute illusion sur les égards dont il était l’objet, termine-t-il ainsi sa relation : « Mi sentii tutto commovere » Staccandomi da $S. E. quale aveva avuto l’onore di servire » Circa un’ anno, in qualità, non diro di camerata, ma di vero » e affettuoso fratello. » (T. IE, p. 561.) Revenons au départ de M. de Nointel. Cornelio Magni cite plusieurs personnes de sa suite, mais il omet Galland , à moins que lorientaliste ne figure sous le titre de secrétaire. Il parle d’un gentilhomme de Champagne, j'ignore le nom de ce voyageur. Voici le passage : « Determinammo di porci in assai buona compagmia, » con un P. gesuita, detto 1l P. Sogè, Parigino, un cappuc- » cino elemosiniere di S. E., il sig. segretario, un gentil- » huomo di Sciampagna et io, col rimanente d'ufficiali, » gente da livrea et altri di servizio in numero di circa » Ottanta. » IT, 79.

» accueil favorable partout. C’est ce qui a esté re- » fusé à plusieurs ambassadeurs. Le comte de Vin- » ceslay, qui l’estoit d'Angleterre, n'ayant pu obte- » nir la liberté de reconduire sa femme jusqu à » Chio ‘.»

M. de Nointel commenca son voyage par Chios, il passa à Mételin, Smyrne, Délos, Naxos, etc., etc. Je n'ai l'intention de le suivre, hors de la Grèce ?, qu'autant qu'il sera nécessaire pour indiquer son itinéraire et faire comprendre sa manière de vOYa-

ser. Cest ainsi que, dans une dépêche datée

1! Dépêche datée de Constantinople, du canal de la mer Noire, 21 sept. 1673. Je mentionne plus loin le voyage de lord Winchelsee.

? Pendant ce voyage d'agrément et d’érudition , la correspondance commerciale et politique suivait son cours; elle forme plusieurs volumes. Je lai lue avec attention, et j'en ai extrait des parties que je compte utiliser ailleurs. Je ne citerai ici qu'une dépêche de Colbert, pour donner une idée des préoccupations bibliographiques qui trouvaient leur place dans lPesprit de ce grand ministre, au milieu d’affaires autrement importantes. Il écrit à M. de Nointel, le 23 avril 1674, et,après avoir fait ses félicitations à ambassadeur sur le renouvellement des capitulations, il lui dit que les affaires du commerce dont il est chargé n’exigent pas avec lambassade une correspondance aussi longue ni aussi fréquente que les matières dont l’entretient M. de Pomponne. Il termine : « Après vous avoir parlé de ce qui concerne le service » du roy et le bien de ses sujets, Je vous prie de me permettre

» de vous parler d’une curiosité particulière qui me regarde.

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