‹ Athènes aux XVe, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 61 sur 89 · J. CARREY DESSINE LE PARTHÉNON · texte numérisé non relu

J. CARREY DESSINE LE PARTHÉNON

et nous n'avons qu'à confirmer les éloges qui sont

donnés à l'artiste persévérant, occupé pendant un

mois, sans échafaud et d’une façon si incommode, à fixer sur son livre de croquis, avec autant d’assurance et de fidélité, ces merveilles de l'art.

Cet artiste, c'était Jacques Carrey. M. de Nointel le comprend au nombre de ses peintres, sans le nom-

mer une seule fois !. Peu importe. Nous savons que

contre lesquels pareil prétexte ne s'élevait pas. La négligence a été dans tout l’Orient l’auxiliaire actif et persévérant de la barbarie , il faut lui attribuer aussi la ruine de ce temple; les indications qui le désignent dans le plan d'Athènes par les capucins et les dessins publiés par Stuart, dans ses Antiquilés d'Athènes, sont tout ce qui nous reste de ce sanctuaire antique et de cette œuvre d'art.

‘ Cornelio Magni, qui faisait partie de la suite de l’ambassadeur, devait vivre en camaraderie de voyage avec ces artistes, et cependant il ne nomme pas davantage Carrey, il le transforme en un peintre flamand. J'avais soupçonné une confusion. Comme il énumère, au départ de Constantinople, toute la suite de Pambassadeur, et qu'il parle d’un gentilhomme champenois, je pensais que ce gentilhomme pourrait bien être le peintre de Troyes arrivé récemment, mais Galland parle aussi de ce voyageur dans son journal, et presqu’en même temps du peintre de l'ambassadeur. Il importe peu. Nous voyons que M. de Nointel avait avec lui, dans ce voyage, Jacques Carrey et Rombaut Faydherbde. Celui-ci mourut à Naxos. Voici les paroles de Cornelio Magni : « Ha condotti »S. E. nel suo seguito due pittori fiaminghi, giovani di » buoni costumi e di passibile sufficienza; si sono questi dati » à viaggi per vedere di perfezionarsi nella loro professione ; » uno di questi infermatosi a morte e passato all altra vita. »

l'ambassadeur obtint du gouverneur du château, par faveur toute spéciale et en retour de généreux présents, la permission de faire dessiner les sculptures du Parthénon ‘; nous savons en outre que Jacques Carrey fut installé dans l’Acropole avec un janissaire de l’ambassade ?, et pendant près d'un mois s'attacha à ce travail *. Il importait de faire vite

pour ne se laisser gagner ni par le temps, ni par un

retour du gouverneur sur ses bonnes dispositions ' l'artiste ne faillit pas à la confiance de M. de Noin-

(T. IE, p. 118.) M. de Nointel dit aussi dans une dépêche, que Je cite plus loin , que l’un de ses peintres mourut à Naxos, et il ne le remplaça qu’à son retour à Constantinople.

1 On lit dans les lettres de Cornelio Magni : « Il sig. am- » baciatore invaghito di si gran rarità, conducendo seco un » pittore Fiamingo, giovane assai ben versato, fece pratica » col Castellano per concertar seco il comodo di poter”’ inviare » quello alla cittadella, per copiare a chiaro e scuro, qu’ » bei combattimenti da me di sopra nominati. Oppose questi » molte difficulta ; ma assicurato da S. E., che tutto sarebbe » passato con quiete, senza strepito, e fatto gli rappresentare il » tutto da un taglio di sei bracchia di scarlatto di Venezia di » tutto paragone, e da una mezza dozzina di oche di café, » che tutto poteva montare a cinquanta zecchini , piegossi ad » aprire libero l’adito, col concedere ampla la permissione. » (T. I, p. 504.)

? Il y avait toujours, dit Spon, deux janissaires à côté de son peintre, lorsqu'il tiroit quelque chose. (Voyage, t. T, p.263.)

3 Je calcule de vingt à vingt-trois jours. M. de Nointel fit son entrée dans l’Acropole le 14 novembre, et il était de retour de son excursion le 17 décembre.

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