‹ Athènes aux XVe, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 68 sur 89 · MARBRES DE M. DE NOINTEL. ICI · texte numérisé non relu

MARBRES DE M. DE NOINTEL. ICI

» tement avec M. Galland, il fit tirer de l'église zoù

» Zravpoméyou d'Ephèse ces deux fameuses inscrip-

» tions en caractères ioniques qui ont été faites du-

de nommer le comte de Caylus et l'abbé Barthélemy, ne l’aient ni remarquée, ni citée, n1 publiée. Nous supposons donc que cette tête, enlevée d’une collection d’émigrés, perd son nez restauré dans le transport et ne peut plus, dans cet état, être exposée. On la cache dans un magasin, n'ayant pas le loisir de procéder alors à des restaurations, et de magasin en magasin, lors des déménagements fréquents de la Bibliothèque, d'une partie du palais Mazarin dans l’autre, elle est déposée dans une cave obscure. —Mais je m’arrête. Écrire ainsi l’odyssée de ce beau fragment antique, c’est le devoir de M. Lenormant, et j'espère qu'il s’en acquittera avant le moment où Je pourrai examiner à mon tour une origine si illustre, en même temps qu’une provenance si obscure. En attendant, voici une photographie excellente que M. B. Delessert a bien voulu faire, d’après le plâtre, dans l'attitude même du dessin de Carrey, afin de concourir à l’explication de mon savant confrère, Des autorités graves s'élèvent, il est vrai, contre cette haute prétention. M. Raoul Rochette s'exprime ainsi dans le Journal des Savants de l'année 1851, page 263 : « Il existe au cabinet » des antiques de la Bibliothèque nationale une tête qui a été » annoncée au monde savant comme provenant des sculptu- » res du Parthénon. (Revue archéologique, 1846, p. 335.)

Mais on n’a donné aucune raison tant soit peu sérieuse à » l'appui de cette attribution, et lon n’a pas mieux réussi à » prouver qu’elle eût fait partie des marbres de Nointel. » (Même revue, p. 460.) Ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans

plus d'explications au sujet de cette tête, à laquelle on a

attaché beaucoup plus d'importance qu’elle n’en mérite et

dont j'aurai lieu de m'occuper dans un travail particulier.

M. Welcker, qui la cite (Alte Denkmäler erklürt, I Theil,

AA

» rant la guerre du Péloponèse et qui contiennent

» le nom des guerriers qui étoient morts dans dif-

» férentes expéditions au service de la patrie. Ces

» inscriptions passèrent ensuite à M. Thevenot, garde de la Bibliothèque du roi, et après à

» M. Baudelot ', qui les lévua à l’Académie des

p. 120), ne paraît pas convaincu, par ce qui en a été publié,

qu'elle ait Jamais appartenu au Parthénon : c’est ce dont » Je donnerai des preuves péremptoires, »

‘ M. Letronne était un esprit positif, et cependant il se met en train de conjectures hasardées à propos de ces marbres. M. de Caylus avait dit que M. de Nointel en avait donné quelques-uns à M. Thévenot. D’Ansse de Villoison écrit qu'ils passèrent à ce savant. Je serais disposé à croire que celui-ci les acheta dans quelques ventes faites silencieusement. Ce qui est certain, Cest qu'il n'existe aucune preuve du don ou du legs fait à Thévenot par M. de Nointel, et cependant voici comment s'exprime Letronne : « On ne s’étonnera pas » que Nointel eut choisi Thévenot pour légataire de sa col- » Jection. I connaissait l'instruction profonde et variée de » ce savant communicatif, à quelles plus dignes mains pou- » vait-il laisser son trésor? D'ailleurs au moment de la mort » de M. de Nointel, le 31 mars 1685, il y avait déjà un an » que Thévenot était garde de la Bibliothèque du roi, Nointel » devait désirer et espérer que celui-ci, à son tour, léguerait » Ja collection à cet établissement public. » Celui-ci n’en fit rien. Il habitait, à Issy, une petite maison de campagne où il avait fait transporter tous ses marbres. À sa mort, en 1692, Baudelot de Dairval, prévoyant que sa fanulle ne ferait pas grand cas de richesses de ce genre, courut à Issy « où pro- » fitant de la mauvaise humeur que causaient aux héritiers

» ces maudites masses de pierres qui leur remplissarent toute

1685. MARBRES DE M. DE NOINTEL. 163 inscriptions, où elles sont maintenant conservées. Montfaucon en a donné le commencement dans sa Paléographie grecque ", et il dit que la pre-

mière a été placée après la mort de Cimon, et en-

viron 490 ans avant J.-C. Maffei ? les a depuis

une salle basse, il leur en proposa le marché, les acquit

enfin et ne les perdit pas de vue. Sa joie lui prêta ce Jour-

là des forces d’athlète pour les charger presque seul sur la première voiture qu'on trouva et les conduire pas à pas jusqu'au faubourg Saint-Marceau, où il demeuroit, Il » donna la mème attention à son déménagement quand il » vint loger au faubourg Saint-Germain. » (De Boze, Mém. de l’Acad. des inscriptions, tome V, p. 411.) Baudelot mourut à son tour et Jégua ses marbres à l’Académie. On les déposa dans une salle du vieux Louvre près de celle où la compagnie tenait ses séances. (Voyez une note, page 324 du tome II de Utilité des Voyages, édition de 1727.) Lors de la dissolution de l’Académie, le 3 août 1793, les inscriptions de Nointel passèrent au musée des monuments français du cloître des Petits-Augustins , et elles sont décrites dans plusieurs éditions du catalogue par Lenoir; ce n’est qu’en août 1803 qu'elles furent placées au Louvre, où elles sont encore sous le n° 222, M. de Clarac , après les avoir décrites, ajoute : « On les a nommés marbres de Nointel, parce que le mar- » quis de Nointel, ambassadeur de France à Constantinople, » les fit transporter d'Athènes à Paris vers la fin du xvur° » siècle. »

1 'Lib:-LE, cap: iv.

? Galliae antiquitates , page 88 et seq. Voy. Mus. Ver. de Maffei, p. 407. Corpus Inscr. de Boeckh, tome TE, n°165, 169. Le Musée de sculpture de M. de Clarac, Inscriptions du musée, planches x à x,

fé. ali lettre à Mazochi !. »

Ps

» publiées en entier dans sa

Outre les marbres antiques, M. de Nointel avait une nombreuse collection de médailles ? et une quantité de costumes et d’ustensiles du pays que je puis passer sous silence, bien qu'il les eût acquis avec soin et de grandes dépenses; son but était puéril et nous intéresse peu 8, Un recueil plus précieux était celui de ses dessins. Il le montra à Spon, qui en parle avec admiration : « Il à quatre cents » desseins de bas-reliefs, édifices et paysages qu'il » a fait faire dans tous ses voyages de Grèce et de

» Turquie. Il y à peu de personnes au monde qui

1 D'Ansse de Villoison. Mémoires de l'Académie, t. XLVIT, p. 323.

2 Snon disait: Il a grand nombre de médailles, parmi lesquelles il y en a de bien singulières, t. 1, p. 265, de la 1re édition. Voyez aussi le journal de Galland, qui puisa dans ce goût de M. de Nointel et dans ses acquisitions, le premier fond de ses études numismatiques.

3 « Ma intrapreso il sig. ambasciatore una ricerca curiosa, » e quésta è provedersi per tutto dove passa d’una muta » d'abiti, tanto virili, quanto femiminili, rustici, e urbani, » che riescono ben strani e curiosi, e questi ad oggetto , » giunto in Costantinopoli, di far lavorare maschere di cera , » che un P. dominicano travaglia con perfezione, e formando » bambocc] al naturale di paglia, coprirli con queste vesti, e » compirne una galeria all uso della sala di Parigi, detta del » cerchio in cui appare la corte di Francia co’ personaggi » principali, che la costituiscono. » (Cornelio Magni, t. I, p. 161). M. de Nointel parle de ce projet dans sa correspon-

dance, et très-sérieusement, comme nous l'avons vu plus haut.

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