COLLECTION DE DESSINS DU MUSÉE DU LOUVRE
Je me suis adressé au directeur du musée (M. de Cailleux, en 1844) pour savoir si les dessins et tableaux de Jacques Carrey, que M. de Nointel annonce devoir envoyer prochainement au roi, ne font pas partie des collections du Louvre, On a mis à ma disposition, avec une entière obligeance, tous les registres, inventaires et catalogues. Dans aucune des listes alpbabétiques je n’ai trouvé le nom de M. de Nointel. La collection des dessins est cataloguée par ordre de maîtres, J'ai
français placés dans les échelles du Levant. Il avait en outre Cornelio Magni, qui notait scrupuleusement les dates, les étapes et les lieux visités. On ne
pouvait donc attendre de l'ambassadeur en voyage
que des mémoires détachés sur telle ou telle ques-
tion diplomatique et commerciale, ou bien un tableau général de la situation politique des pays qu'il parcourait. Ces mémoires, nous les possédons. Mais en outre, l'ambassadeur de France voulait, et en cela M. de Nointel se distinguait de ses prédécesseurs, traiter tout spécialement, dans un mémoire complet, des antiquités d'Athènes, et particulière-
ment du Parthénon. C'eût été d'un grand intérêt;
vainement cherché le nom de Carrey. J'ai parcouru tous les portefeuilles de dessins non classés (carton 21, n° 113), sans nom de maîtres (n° 10,566), d'architecture et sujets divers (n° 10,608) ; je n'ai rien trouvé , qu’on puisse lui. attribuer, au milieu d’une foule de dessins qui se rapprochent de sa manière. Je crus être plus heureux en lisant cette rubrique : Élèves de Lebrun, et en effet l'un des portefeuilles contient une suite de dessins, qui représentent, dans tous ses lugubres détails, le supplice du pal à Constantinople. Ces dessins sont bien de J. Carrey ; mais J'aurais préféré trouver les métopes du Parthénon qui nous manquent.
Vice De Troyes. Cinq grands tableaux peints à l'huile représentent la légende de saint Pantaléon et font la décoration de l’église placée sous l’invocation de ce saint. Une Adoration de bergers de moyenne dimension orne l’église de Saint-Remi. Ce tableau est en très-mauvais état. J'ai parlé plus haut, page 152 en note, du mérite ou plutôt de l'absence de mérite de ces peintures,
car, quoiqu'il ne fût pas helléniste, qu'il adoptàt sans critique les dénominations les moins fondées et des traditions erronées dont quelques-unes furent rectifiées par Spon l’année suivante ", cependant, ayant beaucoup vu et bien vu, combien de renseignements, aujourd'hui impossibles à reconquérir, il pouvait nous transmettre! J'ai vainement cherché ce mémoire indiqué dans sa correspondance. Je suis disposé à croire qu'il n'a jamais été rédigé. Voici pourquoi. Des embarras, de ficheuses préoccupations assaillirent M. de Nointel peu de temps après son retour à Constantinople : ses peintres le quittèrent, et avec eux durent s'éloigner le goût des arts et le loisir pour les cultiver. Si le mémoire avait été écrit, l’'ambassadeur n'eût pas manqué de l'envoyer à Paris et de s'en prévaloir près du ministre pour expliquer, pour excuser au moins ses dépenses. Dans ce cas, les recherches assidues auxquelles je me suis livré dans les archives des affaires étrangères me l'auraient fait découvrir. Lors même qu'il ne l'eût pas adressé à
Paris, son secrétaire de la Croix * en aurait eu con-
{ M. de Nointel adoptait l’erreur commune sur l'entrée primitive du Parthénon et la placait à l’ouest; J, Carrey, s’y conformant, donna le n° 1 au dessin du fronton occidental, et le n° 2 au dessin du fronton oriental, On sait que Spon ne fut pas plus perspicace sur ce point.
? Il y eut en même temps plusieurs de la Croix, et entre
autres un orientaliste, qui passa par Constantinople se ren-