‹ Athènes aux XVe, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 72 sur 89 · LA PAIX FAVORISE LES VOYAGES EN GRÈCE · texte numérisé non relu

LA PAIX FAVORISE LES VOYAGES EN GRÈCE

nement de circonstances nous étions redevables à

M. de Nointel de plusieurs renseignements sur la

ville d'Athènes et des notions les plus fidèles sur l’état

l'au Parthénon,

primitif des sculptures de Phidias raconter sans interruption ses neuf années d'ambassade; mais il est temps de faire remarquer que pendant qu'il travaillait à Constantinople pour assurer aux Francs, à leur commerce, à leurs personnes, une sécurité et une liberté d'action plus grandes, un certain mouvement érudit s'était fait, une fièvre d'investigation s'était propagée et perçait de tous côtés. Elle était favorisée en Orient par la

longue paix qui suivit la capitulation de Candie ;

M. de Girardin, successeur de M. de Guillerargues à Constantinople, écrit dans son journal pendant la traversée, c’està-dire en novembre 1685 : « J’appris aussi à Paris du frère et » autres parens de M. de Nointel que ce La Croix lavoit fort » mal servy et avec infidélité, qu’il estoit fort gueux et » misérable, et que le livre qu'il a fait imprimer touchant » l'empire ottoman et les affaires du Levant n’estoit composé » que des mémoires qu’il avoit dérobé à son maistre » (F 112, vol. 1).

! Le nom de Phidias retentit plus que Jamais et devint dès lors un mot dans la langue. La Fontaine, qui ne se targuait guère d’érudition et acceptait volontiers les formes de langage familières, écrit, en février 1686, à M. Simon habitant de la ville de Troyes :

Votre Phidias et le mien,

Et celui de toute la terre, Girardon.

Il y a dans cette transformation de Girardon en Phidias

car le mot de Frosine dans {'Avare ‘ de Molière, qu'elle se sentoit capable de marier le Grand Ture avec la république de Venise, ce mot qui était de saison en 1667, n'eut plus le même sens ironique à partir de 1669 et jusqu'en 1683. Il semble alors, tout au contraire, qu'on ait cru généralement à un mariage indissoluble, car chacun trouve le loisir et se laisse aller au penchant d'étudier attentivement le pays, ses monuments et ses mœurs, les uns dans les livres,

les autres sur les lieux mémes ?. L'activité intelli-

quelque chose d’analogue au crayon de Carrey interprétant la frise du Parthénon,

1 L'Avare, acte I, scène vi.

? Je rejette dans cette note la mention du voyage de Bernard Randolpb, parce qu’il me semble que ce voyageur a copié Spon et Wheler. Il était,sans aucun doute, à Athènes vers 1671, mais il ne se décida à écrire son voyage qu’après la publication de celui de Spon et Wheler, et ses souvenirs l’ont moins bien servi que les volumes de ces deux voyageurs. Voici le titre de sa brochure, qui n’a en tout que 27 pages : The present slate of the Morea called anciently Peloponnesus : — together with a description of the city of Athens. — Faithfully described by Bernard Randolph who resided in those parts from 1671 to 1679. London 4°, printed for the author and are to be sold by Tho. Basset, — 1686.

On trouve page 21: À description of the city of Athens. I parle de la forêt d'oliviers qui y conduit en venant du Pirée et dans laquelle un inspecteur turc avait compté 50,000 pieds d'arbres, Îl remarque que les maisons sont mieux bâties que

partout ailleurs : « They also patcht up with the ruines of old

» palaces and in most walis are abundance of old inscrip-

Page 1