‹ Athènes aux XVe, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 73 sur 89 · TRAVAUX DE MEURSIUS SUR LA GRÈCE. ET · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE MEURSIUS SUR LA GRÈCE. ET

sente est partout : elle est en Europe, où des hom-

mes, comme Meursius, mettent à contribution et en

» tions. » 1] dit de lAcropole : « The castle stands on a Rock, » which is high and steep, having but one way up, an three » gates to pass through into the body ofit: the walls are much » out of repair. » Il parle du temple de Minerve, et, après avoir donné les dimensions générales, il continue ainsi: « The » temple is very dark, having only some lights to the east- » ward, The Greeks did consecrate and dedicated it to the » blessed Virgin. Since that the Turks have perverted it with » their worship. The Turks have white-wash’d the inside, » nowithstanding it is all of pure marble, In and about » Athens, are two hundred Greek churches (most of which » have been temples), but not one quarter of them are now » used, — The ruins are above six miles about of which the » reader may have full satisfaction by reading the travels of

» sir George Wheeler who as given a large and true account [e) [e) [e) ?

of this city. »

I publia ensuite : The present state of the Islands in the Archipelago (or Arches) sea of Constantinople, and qulph of Smyrna. — Faithfully describ'd by Ber. Randolph, — printed at the theater in Oxford, 1687, 4%. C’est une intéressante description des faits alors les plus nouveaux. Il n’y à de gravures ni dans l’une ni dans l’autre de ces deux brochures , mais elles ont été reliées dans lexemplaire du musée britannique avec l'introduction à la géographie de William Pemble, Oxford, 4°, 1685, qui contient des sphères et des figures élémentaires de mathématiques et d'astronomie.

Pour ne rien omettre, au moins de ce qui est à ma connaissance, Je parlerai, d’après Guillet, du passage à Athènes d’un noble Génois dans ce même temps: « Il y à trois ou » quatre ans (vers 1671, Guillet écrivait en 1674) un député » de Gênes vint à Athènes de la part de la république pour

œuvre tout l'appareil scientifique de l'antiquité, avec une telle application et une étendue de recherches si patientes, que ces compilations sur l'histoire d'Athènes et sur la Grèce ont défrayé d’érudition deux siècles entiers, et sont encore de nos jours, quand on en use avec précaution, d’un usage utile

et commode '; nous la voyons dans les missions

» y établir un consul, Ce député étoit de la maison de Doria,

» fameuse , comme vous scavez, aussi faisoit-il bien sonner » le nom de ce prince. Véritablement 1] avoit un beau train,

» et qui donna fort dans la veuë de la populace toutes les

» fois qu'il sortoit pour voir les antiquitez de la ville. » (Athènes ancienne et moderne, p. 227.)

Îl faudrait placer quelques années plus tard la visite faite par lord Winchelsea. Cet ambassadeur anglais à Constanlinople passa par Athènes vers 1675, mais ce voyage n’a laissé, dans aucun livre, de trace dont l’érudition puisse profiter. Se'on M. de Nointel , et ainsi que nous l'avons vu plus baut, le noble lord n'aurait obtenu aucune des facilités qui out rendu le voyage de notre ambassadeur aussi fructucux pour la science qu'il était agréable pour lui-même. Cependant, d'après Spon, 1l eut Pautorisation d’enlever des fragments antiques, faveur tout exceptionnelle : « Nous y trou- » vämes (dans l’endroit où Guillet place le temple de Jupiter » Olympien) une douzaine de grosses pierres de granite, qui » ont servi à quelque frise, et que monsieur le comte de Win- » chelseay fit enlever il y a quelques mois, qu’il passa à » Athènes, pour les envoyer par mer en Angleterre. Tome I, » P: 187. »

{Il y a une édition des œuvres complètes de Meursius en 12 volumes in-folio avec des planches. Florentiæ, apud T'arti-

nium, 1741-63, Je ne cite pas ses dissertations qui ont paru

diplomatiques; nous la retrouvons dans nos missions religieuses, et elle y produit les plus heureux résultats. Jusqu'alors les savants de l'Europe avaient vainement sollicité des informations sur l’état présent d'Athènes et de la Grèce, Martin Kraus avait éprouvé et confié au public l'inefficacité de ses efforts, quand tout à coup à de semblables questions un religieux répond , et on s'aperçoit facilement, aux noms quil donne aux lieux, à la destination qu'il attribue aux monuments, à l'origine qu'il fixe aux ruines, qu'un certain travail d’érudition locale s’est continué à Athènes. L’érudit lui-même, tout en combattant les plus grosses erreurs des habitants, en subit l'influence, et se trouve poussé

par elle dans des conJectures souvent hasardées.

S'agit-il de la tour d'Andronicus Cyrrhestes ou des

Vents, il nous apprend qu'au dire de quelques-uns cest le tombeau de Socrate. Quelques-uns, qui ? Une opinion locale et du cru, fondée sur une trans-

mission des traditions et des habitudes érudites !.

isolément. Guillet convient qu'il en a tiré grand profit pour écrire son ouvrage sur Athènes, et Spon a été mis par lui sur la voie de ses plus judicieuses observations. Il aurait même dû le citer plus souvent.

* Voyez plus haut, page 15. Pour ne citer qu’un nom et ne pas refaire le livre de Démétrius Procope, De eruditis Græcis, je rappellerai que le grand théologien Mélèce était archevêque d'Athènes, et a ce titre ne pouvait pas, lui l'antiquaire ecclésiastique, ne pas faire à la grande archéologie de

Évidemment, depuis le temps écoulé entre Pausa-

nias, l'illustre périégète, et Babin, l'estimable relisieux du XVI siècle, dont nous allons parler, il s'était écoulé tant d'années d’indifférence et d’oubli, que toutes les traditions étaient rompues, que des légendes erronées les avaient remplacées, et qu'il fallait procéder à nouveau, mais, cette fois, avec la critique et la méthode pour seuls guides.

La plus précise, la plus importante de ces informations, celle du Père Babin, était due en grande partie à l'impulsion zélée , enthousiaste, que M. de Nointel imprimait autour de lui. L'abbé Pécoil, attaché à sa maison ! et stimulé par son exemple, ne laissa pas échapper l'occasion qui s'offrait d'ob-

tenir une description d'Athènes?. Il avait rencontré

l'antiquité quelques concessions et une part dans ses profondes études.

1 Le chevalier d’Arvieux le cite parmi les personnes présentes à l'audience qu’il eut de M. de Nointel. (Mémoires, t. IV, p. 351.) Et Galland parle dans son Journal de M. Pecouël bénéficier de Lion, comme faisant partie de la maison de l'ambassadeur lors du voyage d’Andrinople, le 29 mars

2? Je reproduirai ici cette relation après Spon et apres M. Ross, en conservant quelques-unes de leurs annotations et les augmentant de mes remarques. La rareté de ce petit livre, le vil prix de 50 sous auquel il a été estimé à la vente récente des livres de M. Coste, vente importante faite au mois d'avril 1854, dans les meilleures conditions de publicité, et

quoique le volume eut conservé son ancienne et Jolie reliure,

à Constantinople le Père J. P. Babin, l’un des jé-

suites de la mission de Grèce, qui revenait de la

sont deux faits extrêmement curieux; car si Pun prouve comment des livres, presque modernes, se perdent et se consomment pour ainsi dire par l’usage, l’autre démontre combien nos bibliothécaires, plongés dans les études qui lesillustrent, apportent de négligence dans l'étude plus modeste, plus utile aussi des catalogues de vente, mine féconde autant qu’économique de précieuses acquisitions. M. Ross a vainement cherché la relation de Babin dans les bibliothèques publiques de Rome, de Modène , de Venise, de Milan, de Gœttingue, de Berlin, de Vienne. Je l'ai demandée de tous côtés et sans plus de succès, M. le baron Jules de Saint-Génois, bibliothécaire de la ville de Gand, m’écrit de cette ville : « Je suis allé à Bruxelles. » J'ai fait des recherches dans la bibliothèque royale. La relation du Père Babin, publiée par Spon, ne se trouve dans aucun des trois fonds dont se compose cette riche collection: 1° le fonds van Hulthem; 2° le fonds de la ville, et 3° les accroissements. Revenu ici, J'ai consulté un assez bon nombre de catalogues d'anciennes ventes faites en Belgique depuis cinquante à quatre-vingts ans, même résultat négatif.

Nos bibliothèques publiques de Liége, Gand, Anvers, » Mons, Bruges et Louvain ne la possèdent pas. » Pas UNE SEULE des grandes bibliothèques de Paris n’a ce précieux petit volume. J'ai fait de vaines recherches dans les bibliothèques de lPArsenal, de l’Institut, Mazarine, de Sainte- Geneviève, de la Sorbonne, des Arts et Métiers, de l'hôtel de ville, du corps législatif et du sénat au Luxembourg.

À la Bibliothèque impériale de la rue de Richelieu, Pouvrage est porté au catalogue sous le nom de Spon, mais il ne se trouve ni en place, ni dans la réserve, cela veut dire qu'il à été volé, et cela depuis longtemps déjà. Jai poursuivi encore

plus loin l’insaisissable relation d'Athènes, Je l'ai demandée à

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ville célèbre, après y avoir fait un long séjour. Il lui

demanda une: relation exacte et détaillée de l’état

M. Étienne Quatremère, qui complète depuis quarante années une bibliothèque spéciale de voyages en Grèce et en Orient, à M. Brunet de Presle, dont la riche collection de livres est plus particulièrement consacrée aux auteurs modernes qui ont écrit sur la Grèce, à M. de l'Escalopier, qui a formé la plus curieuse bibliothèque liturgique, et par extension la meilleure collection de livres de voyages en Grèce et de’ pèlerinages en terre sainte; partout même réponse : j'ai tous les ouvrages de Spon et de Guillet, excepté la Relation d'Athènes de 1674.

Ce livre , document précieux sur la ville d'Athènes, est donc introuvable en France ‘. Le voici reproduit exactement avec l'addition de quelques notes :

« Relation de l’état present de la ville d’Athenes, ancienne

capitale de la Grece, bâtie depuis 3,400. ans. Avec un

abbregé de son histoire et de ses antiquités. A Lyon, chez

Loüis Pascal, ruë Merciere : vis à vis la petite porte S. An-

toine, au Livre blanc. M.DC.LXXIV. Avec permission des » Superieurs. »

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