Alcuni bassi-rilievi délia Grecia. Roma, 1812, in-folio
2. Lorsque les chrétiens changeaient un temple en église, presque toujours il y avait analogie entre
Les traces des colonnes étaient encore visibles sur le pavé au temps de Stuart, mais elles sont aujourd’hui cachées sous le mur qui a rempli la baie /, lorsqu’en 1835 on a démoli l’abside chrétienne pour dégager le portique grec^. On voit encore dans ce mur les piédroits de l’arcade, et une partie de leurs impostes byzantines. Un tronçon de colonne du pronaos est déposé sous le portique.
C’est aussi à l’époque de la conversion du Théseion en église que fut détruit le mur a qui séparait le pronaos du naos; mais sa situation est indiquée de la manière la plus positive par les arrachements que l’on voit encore sur les murs latéraux de la cella et qui indiquent qu’il avait O"’, 80 d’épaisseur.
Les colonnes du posticum G ont été très-endommagées. Celui-ci n’avait pas originairement de communication avec la cella, et nous pouvons supposer que, fermé par une grille, il contenait quelques statues, des eæ-voto de marbre, de pierre ou de bronze. Au fond du pronaos était au contraire l’entrée a du sanctuaire F; mais quand le temple devint église et que l’orientation de l’édifice fut changée, une grande porte b fut percée dans la muraille occidentale 2, et cette porte aujourd’hui condamnée se trouve indiquée sur le plan donné par Stuart. Sur son chambranle on retrouve encore quelques restes de peintures et d’inscriptions chrétiennes.
Lorsque Athènes tomba au pouvoir des Turcs, les chrétiens, pour empêcher les infidèles de profaner leur église en y entrant à cheval suivant leur usage, murèrent la grande porte et en ouvrirent deux petites, également condamnées depuis, dans la muraille septentrionale de la cella, et, dans celle du sud, une troisième d par laquelle on entre aujourd’hui.
Le naos, ou temple proprement dit, avait à l’intérieur d2"',i0 de longueur sur une largeur de 6'", 22. Le pavé antique, qui était en marbre pentélique, a entièrement disparu; en 1769, un Turc qui faisait bâtir une
l’ancien vocable et le nouveau. Nous avons vu ciue le Partliénon, dédié à la déesse de la Sagesse, avait été consacré à la Sagesse divine, le temple de Minerve Poliade, la chaste divinité, à la sainte Vierge; ici, le temple de Thésée, destructeur des brigands et des monstres , est placé sous l’invocation de saint Georges, le vainqueur du dragon.
1. Une petite porte a été réservée dans ce mur, mais elle est constamment fermée et, à l’intérieur, elle est masquée par des tablettes chargées d’antiquités.
2. M. Pittakis {Ancienne Athènes) pense que, de tout temps, il avait existé une petite porte entre le posticum et le naos, et que les chrétiens n’avaient fait que l’agrandir.
TEiMPLR DE THÉSÉE.
maison le fit enlever pour faire de la chaux; il a été remplacé par des carreaux de terre cuite.
Une voûte semi -circulaire de pierres grossières, percée de petites ouvertures, a succédé au plafond antique qui sans doute était richement orné.
Le temple était primitivement couvert de tuiles de marbre^, et M. Rangabé^ raconte qu’un pacha en avait fait enlever une partie pour s’approprier une livre ou deux de miel que des abeilles y avaient déposé. MM. Woods et Prestat en ont trouvé un fragment dans le haut de l’édifice, mais hors de place. Les mêmes architectes ont reconnu sur le haut de la corniche, près de l’arête, des trous de crampons placés deux par deux qui durent soutenir des .antéfixes.
La décoration extérieure du temple de Thésée était composée de quatre grands ouvrages de sculpture du^ au ciseau de Miron, élève, comme Phidias, d’Agéladas d’Argos; c’étaient le fronton ariental, les métope-s et les deux frises placées sous les portiques aux deux extrémités de la cella.
Le fronton principal ou oriental est, ainsique celui du couchant, extrêmement bas^; il a beaucoup souffert dans sa partie supérieure, et la plupart des morceaux qui en formaient les rampants gisent sur le sol en avant du monument. Au sommet et aux angles du triangle, on voit, comme à la corniche des portiques, les trous des crampons qui soutenaient les acrotères. Au fond du tympan se trouvent également des trous de crampons, seule indication des sculptures dont il était décoré. Ces sculptures étaient probablement en ronde bosse comme celles des frontons du Parthénon et d’Égine, mais il n’en reste pas le moindre vesj;ige. Du nombre et de la disposition des trous, M. Pittakis'^ croit pouvoir conclure qu’il n’y avait pas plus de quatre figures.
Rien de semblable ne s’observe au fronton occidental qui est intact;
'] . Selon toute apparence, Chandler, faute d’une attention suffisante, a confondu avec de la rouille la belle teinte jaune que le temps répand sur le marbre pentélique. « Ce temple, dit-il , est couvert de plaques de fer et fort endommagé, les Turcs ayant tiré dessus avec des boulets rouges pour essayer la force de leur poudre, la bonté de leurs pièces ou leur propre adresse à venir frapper à un point donné. » Voyages en Grèce. T. II, p. 443.