‹ Athenes (volume 2)Chapitre 167 sur 276 · PŒCILE · texte numérisé non relu

PŒCILE

Sur ce dernier point, Pline est plus explicite encore que Pausanias. « Paninus, frère de Phidias, dit-il, représenta même la bataille livrée à Marathon, entre les Athéniens et les Perses. L’emploi des couleurs était déjà si commun et l’art si parfait, que Paninus avait, dit-on, fait ressemblants les chefs qui commandaient dans cette bataille : du côté des Athéniens, Miltiade, Callimaque, Cynégire^, du côté des barbares Datis et Artapherne^. »

Il est pourtant difficile d’admettre que Paninus eût peint ici de véritables portraits, d’autant plus que les héros grecs qui avaient figuré à Marathon étaient morts depuis longtemps, et qu’en supposant même qu’on eût conservé d’eux quelque souvenir, il ne pouvait en être de même pour les généraux persans Datis et Artapherne. A cette époque encore primitive, on se contentait ordinairement d’inscrire le nom du personnage à côté de la figure qui était censée le représenter, ainsi que nous le voyons dans plusieurs des peintures antiques qui sont parvenues jusqu’à nous^. Cependant, il ne paraît pas en avoir été ainsi au Pœcile. Dans son discours sur la couronne. Eschine s’écrie : « Transportez-vous encore par la pensée au portique du Pœcile ; car c’est là, c’est sur la place publique que se trouvent pour vous les monuments de toutes les grandes actions; et quel est celui dont je vous parle, Athéniens? Là est peinte la bataille de Marathon, et quel est le général? A cette question vous répondez tous : Miltiade. Oui, sans doute, et pourtant son nom nest pas tracé sur la peinture. » Que conclure de ce passage ? seulement que l’action, le costume, la tradition, faisaient reconnaître tel ou tel personnage, ainsi que cela nous arrive continuellement pour les tableaux modernes, dont le sujet connu nous permet de nommer chaque person-

L’oracle ordonna de lui rendre les honneurs héroïques sous le nom d’Échetlus, c’est-à-dire Vhomme au manche de charrue, ijé’ù.ri. Il était représenté sur le grand tableau de la bataille de Marathon dans le Pœcile d’Athènes. » Jacobi. Dict. myth.

1. « Faut-il pour un scélérat détruire tant de monde, et en outre le portique avec Marathon,

Miltiade et Cynégire? » Lucien. Jupiter tragique.

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